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Économies, croissance, déficit : Michel Sapin, le ministre des annonces difficiles

DÉCRYPTAGE - Le ministre des Finances est en première ligne lorsqu'il s'agit de faire des annonces de résultats... puis d'éteindre l'incendie lorsque ceux-ci ne sont pas atteints.

Michel Sapin
Michel Sapin
Crédit : RICHARD JUILLIART / AFP
Romain Renner
Romain Renner

Le gouvernement renonce à réaliser 21 milliards d'euros d'économies en 2015. Michel Sapin s'est fait le porteur de cette annonce qui éloigne un peu plus l'objectif des 3% de déficit. "On ne peut pas avoir les mêmes objectifs avec une inflation qui devient très faible", explique-t-il.

D'un niveau de 0,5% en juin, l'inflation est très éloignée des 1,2% promis à Bruxelles dans le programme de stabilité. Son homologue de Bercy, Emmanuel Macron, estime, lui, qu'il s'agit là "de l'un des seuls aménagements acceptables des 50 milliards d'effort sur trois ans". Le gouvernement garde donc le cap fixé en début de quinquennat. Un discours auquel Michel Sapin est habitué.

La croissance en berne

Car le ministre des Finances joue depuis mai 2012 le rôle de celui qui martèle les objectifs de l'exécutif et tente de désamorcer la bombe lorsque celui-ci subit des contretemps. Ainsi estimait-il en avril puis en juin 2014 que le gouvernement "avait raison de maintenir son objectif de 1% de croissance". Mieux, lorsque l'Insee prévoit une croissance plus faible (0,7%) que celle du gouvernement, le ministre se veut optimiste.

"Il y a deux bonnes nouvelles, résume-t-il. Le pouvoir d'achat des Français va augmenter et les marges des entreprises, donc leur capacité à embaucher et investir, vont augmenter. Il n'y a qu'une mauvaise nouvelle et elle concerne le domaine du logement et de la construction". Le 14 août dernier, la sanction tombe : la croissance française est nulle et Michel Sapin est obligé de revoir ses prévisions à 0,5% pour 2014.

Un chômage qui ne baisse pas

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Michel Sapin a également à sa charge d'afficher l'optimisme du gouvernement concernant les chiffres du chômage. En mai 2013, il affirmait haut et fort : "Personne ne croit à une inversion de la courbe du chômage d'ici la fin de l'année ? Tant mieux ! Ça fera une bonne surprise et une bonne nouvelle". En février dernier, alors que l'emploi n'avait toujours pas repris sa marche en avant, il disait : "2014 doit être la bascule vers plus d'emplois".

Quelques mois plus tard, le ministre sera contraint d'avouer que la faiblesse de la croissance risquait d'empêcher la baisse du chômage. Une annonce suivie d'une nouvelle hausse. C'était en juin dernier.

Les difficultés liées au déficit

Depuis, la France a également abandonné son l'idée d'atteindre les 3% de déficit en 2015. Alors que ce dernier est tombé à à 4,3% en 2013, Michel Sapin ne cessait de marteler que la France y arriverait. "L'objectif dit des 3% est un objectif que nous devons maintenir", affirmait-il depuis sa prise de fonction aux Finances, en avril dernier.

Au fil des mois, le ministre a légèrement adouci son discours, estimant que la baisse du déficit n'était pas le véritable but à atteindre : "Nous voulons que le chômage recule, que les investissements repartent et redonner de la richesse. Pour cela, il faut aller au bout du pacte de responsabilité et faire des économies. Il ne faut plus faire de hausse d'impôts comme cela a été le cas durant quatre ans. Deux avec la droite et deux avec nous".

Les mauvais résultats économiques ont amené le gouvernement à envisager de se présenter à Bruxelles avec une nouvelle demande de délai. Prévoyant désormais un déficit de 3,5% en 2015, la France risque de se heurter à l’intransigeance de la Commission européenne, à l'heure où des pays comme l'Allemagne, l'Espagne, le Portugal ou l'Irlande récoltent, à différents niveaux, les fruits de leurs difficiles réformes. De là à anticiper une future mauvaise nouvelle ?

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