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Dernier mandat de Merkel : l'Europe de Macron "a du plomb dans l’aile", selon Alba Ventura

ÉDITO - La chancelière allemande a été pendant 13 ans à la tête du pouvoir et pendant 18 ans à la tête de son parti. Ce qui lui a donné d’ailleurs cette figure rassurante, "mais ça c’était avant la crise migratoire", rappelle Alba Ventura.

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Merkel ne se représentera pas en 2021 : le projet européenne de Macron "a du plomb dans l'aile", sel Crédit Image : CHRISTOPHE SIMON / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Alba Ventura
Alba Ventura et Marie-Pierre Haddad

Une page se tourne en Allemagne. Après deux cinglants revers électoraux, Angela Merkel annonce qu'elle ne briguera pas un nouveau mandat en 2021 et qu'elle ne sera pas candidate à sa succession à la tête de son parti la CDU. Hier soir, Emmanuel Macron a salué "une décision extrêmement digne".

Est-ce qu’elle avait le choix ? C’est vrai que l’on a souvent dit en parlant d’Angela Merkel, qu’elle était inoxydable, qu’elle passait toujours entre les gouttes et que par gros temps, il lui suffisait de faire le dos rond pour s’en sortir. Elle a été pendant 13 ans à la tête du pouvoir et pendant 18 ans à la tête de son parti. La championne du compromis…

Ce qui lui a donné d’ailleurs cette figure rassurante, de stabilité, c'est ce qui la rendait forte. Songez qu’elle a été désignée pendant 6 ans, la femme la plus puissante au monde par le magazine américain Forbes. Mais ça c’était avant la crise migratoire, avant 2015, lorsque la chancelière décide d’accueillir près d’un million de demandeurs d’asile.

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Coincée entre sa politique migratoire et une situation sociale fragile

C’est là que la machine Merkel a commencé à se gripper. L’Allemagne a beau afficher un excédent budgétaire record de 48 milliards d’euros, un excédent commercial de 265 milliards, les experts économiques ont beau tabler sur une baisse du chômage probablement sous les 5% en fin 2019, la situation est loin d’être idyllique.

Toutes les réformes qui ont permis de booster l’économie du temps de Gérhard Schröder ont fini par accentuer les inégalités, par multiplier les emplois précaires, (une femme sur deux travaille à temps partiel en Allemagne), et par aggraver le taux de pauvreté. Angela Merkel s’est retrouvée prise en étau entre sa politique migratoire et une situation sociale fragile .

Victime d'une crise de défiance

Il y a eu une crise de défiance. Son parti la CDU et le SPD son allié (les socialistes allemands) ont perdu plus de 10 points par rapport aux derniers scrutins. Les Allemands ont jugé qu’ils ne pouvaient plus faire confiance aux partis traditionnels, ils ont estimé qu'ils étaient dépassés par la crise migratoire.

Ils n’ont pas compris que leur "mutti", (leur maman) comme ils la surnommaient, ne s’occupe pas suffisamment d’eux. Résultat, les Allemands se sont tournés vers des partis, moins traditionnels comme les Verts ou plus contestataire, comme l’AFD le parti d’extrême droite et Angela Merkel s’est retrouvée malmenée au sein de sa propre formation la CDU par l’aile droite du parti.  

Un mauvais coup pour Macron ?

Est-ce que c'est une mauvaise nouvelle pour Emmanuel Macron ? Oui, même si Emmanuel Macron n’a pas attendu les dernières élections en Allemagne pour savoir qu’Angela Merkel est très affaiblie et très absente de la scène européenne. Il sait depuis bien longtemps, qu’il ne peut pas compter que sur l’Allemagne. 

On a vu d’ailleurs qu’il s’était désolidarisé sur la question migratoire en refusant d’accueillir l’Aquarius ou en limitant l’arrivée de migrants sur le sol français. Mais, c’est une chose d’avoir un allié, même faible, et c’est autre chose de ne plus avoir d’allié du tout, (d’autant qu’il n’est même pas sûr que Merkel puisse aller au terme de son mandat compte tenu des tensions au sein de la coalition). 

Maintenant que Merkel a fait savoir qu’elle allait quitter la vie politique, son discours ne pèse plus grand-chose, ni dans son pays, ni dans le camp progressiste européen si cher à Emmanuel Macron. Autant dire que le grand projet de solidarité européenne du président français a du plomb dans l’aile.

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Dernier mandat de Merkel : l'Europe de Macron "a du plomb dans l’aile", selon Alba Ventura
ÉDITO - La chancelière allemande a été pendant 13 ans à la tête du pouvoir et pendant 18 ans à la tête de son parti. Ce qui lui a donné d’ailleurs cette figure rassurante, "mais ça c’était avant la crise migratoire", rappelle Alba Ventura.
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2018-10-30 07:36:00
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