3 min de lecture Élections départementales

Élections départementales 2015 : le FN rattrapé par les polémiques

Propos antisémites, racistes ou homophobes... Une fois de plus certains candidats FN font polémique avant une élection.

Un meeting du Front national à Marseille le 15 septembre 2013 (illustration).
Un meeting du Front national à Marseille le 15 septembre 2013 (illustration). Crédit : AFP / BERTRAND LANGLOIS
Nicolas Marischaël avec sa famille dans son atelier-boutique
La rédaction numérique de RTL
et AFP

Les élections départementales de 2015 n'y échappent pas. Que ce soit pour les cantonales de 2011, les législatives 2012 ou encore les municipales de 2014, à chaque échéance, le FN promet des candidats irréprochables, avant de se voir, comme depuis la semaine dernière, rattraper par des déclarations polémiques de quelques-uns.

Le FN entend faire de ces élections départementales une démonstration de force, alors que le parti tourne autour de 30% d'intentions de vote. Une note interne datant de fin septembre divulguée par le Huffington Post le détaillait : sous l'onglet "présenter des candidats sérieux et implantés", Nicolas Bay, le secrétaire général du FN, rappelait qu'"en mars 2011", lors des précédentes cantonales, son parti "avait été critiqué pour avoir parfois soutenu des candidats présentant une faible attache avec le canton." L'un d'entre eux avait aussi été exclu pour un salut nazi. "Cette époque est révolue", promettait le patron de l'administration frontiste.

De l'importance des polémiques avant ou après le dépôt de candidature

Pourtant, ces dernières semaines ont vu un certain nombre de propos haineux de candidats FN aux départementales tenus sur les réseaux sociaux étalés dans la presse. Le 25 janvier, par exemple, c'est Marie-José Dessaucy, candidate FN dans les Pyrénées-Atlantiques, qui a renoncé à son investiture "pour ne pas nuire au FN" à la suite de la publication sur son compte Facebook de propos racistes comme "battez-vous pour ne pas devenir arabe", "Qu'on les mettent (sic) sur un bateau et qu'on les fassent (sic) couler au milieu de le mer et de l'océan". Selon Mme Dussaucy, son compte aurait été piraté.

Plus problématique : la plupart des cas ont été dévoilés après le dépôt des candidatures. Dans ce cas, il n'est plus possible de "désinvestir" les candidats. Deux options restent alors, comme l'a précisé Nicolas Bay. La première : "retirer purement et simplement l'investiture, et renoncer à ces candidatures en n'imprimant pas les documents de vote". C'est ce qui va se passer par exemple pour Alexandre Larionov, candidat FN dans l'Aveyron, exclu du parti et qui va être jugé pour provocation à la haine raciale. Il avait appelé sur son compte Facebook notamment à la destruction des juifs "une fois et pour toujours".

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Deuxième option, selon Nicolas Bay : "Les choses sont moins graves, les personnes sont recadrées et éventuellement ultérieurement amenées à s'exprimer devant les instances disciplinaires du parti". C'est le cas par exemple, d'après le parti, pour une candidate en Seine-et-Marne, Sophie Touvron, auteure de propos xénophobes contre les musulmans, les Noirs, les Algériens ou les Tunisiens sur sa page Facebook. Le FN a simplement décidé de la "recadrer".

Montrer le FN comme un parti "prêt à gouverner"

Il y a encore un troisième cas, celui par exemple de Chantal Clamer, candidate Siel-FN-RBM en Ariège. Celle qui a appelé dans des tweets début 2014 à "éliminer sans hésitation par tous les moyens possibles" les musulmans et a insulté les lesbiennes ne pourra se voir retirer son investiture : trop tard. Mais le Siel, petit parti allié au FN dont elle est issue, lui demandera de ne pas se revendiquer de ces formations si elle est élue.

Reste que tous ces cas font tache, alors même que l'un des principaux objectifs de Marine Le Pen est de montrer son parti comme "prêt à gouverner" et que le FN a mis en place, d'après le Huffington Post, une cellule chargée de vérifier les profils des candidats sur les réseaux sociaux. Le patron du FN dans l'Aveyron, Jean-Guillaume Remise, se désole: "Je disposais du casier judiciaire, j'avais fait les démarches nécessaires. J'ai fauté mais j'ai été jusqu'au bout de ce que je peux faire". Il entend faire "tout (s)on possible pour qu'aucun vote ne soit porté" sur Alexandre Larionov.

La présidente du Front national avait certifié lundi que ses candidats étaient "scrutés" et "passés au scanner"
. Ce ne sont "pas des professionnels de la politique" avait-elle toutefois reconnu. Face à ces défaillances, Nicolas Bay plaide le côté anecdotique: "Ca reste très marginal en nombre par rapport aux 7.648 candidats que nous alignons".

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