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Déconfinement : Baroin prévient que les maires ne veulent "pas être des kamikazes"

Le président de l’Association des maires de France a plaidé ce jeudi 30 avril pour une "codécision" entre les maires et les préfets lors du déconfinement. Les maires ne veulent pas endosser la responsabilité pénale des mesures.

François Baroin, président de l'Association des maires de France.
François Baroin, président de l'Association des maires de France. Crédit : Thomas SAMSON / AFP
Sarah Ugolini
Sarah Ugolini
et AFP

C'est un avertissement en bonne et due forme. François Baroin assure que les maires ne veulent "pas être des kamikazes" en matière de responsabilité pénale dans la mise en oeuvre des mesures de déconfinement. Le président de Association des maires de France (AMF) a estimé ce jeudi 30 avril que les maires devront être associés en "co-décision" aux préfets.

"Nous nous vivons comme la garde nationale de la République, et de l'État en la matière, mais ce n'est pas à n'importe quel prix et ce n'est pas sous n'importe quelle forme", a prévenu François Baroin devant la commission des Lois de l'Assemblée. Le président de l'AMF a demandé à cet égard que les préfets de départements "aient vraiment l'autorité sur toutes les administrations de l'État" telles que les agences régionales de santé (ARS) ou les rectorats. 

Il a en effet plaidé pour une "co-décision" du "couple maires-préfets" par exemple pour l'ouverture des écoles. "Les maires veulent être des acteurs de l'écriture du protocole" sanitaire d'ouverture des écoles, assure François Baroin, qui a envoyé un courrier en ce sens au ministre de l'Éducation.

Les élus veulent que le préfet "représente l'ensemble des services de l'État"

Les maires ne veulent "pas être des kamikazes sur une responsabilité qui n'est pas la leur au départ" quand ils "n'auront pas la possibilité, soit technique soit matérielle, de mettre en oeuvre" les mesures de déconfinement, a-t-il expliqué. Selon François Baroin, 40 à 45% des parents actuellement acceptent de remettre leurs enfants à l'école et ce chiffre pourra monter à 50-55% autour du 12 mai.

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Devant la même commission, la ministre de la Cohésion des territoires, Jacqueline Gourault, a admis sur la responsabilité des maires qu'il y avait une "nécessité" de rendre la loi "plus performante" même si, pour le ministre des Collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, il n'y a "pas de danger judiciaire imminent".

Jacqueline Gourault a assuré avoir "entendu" la volonté des élus que le préfet "représente l'ensemble des services de l'État" après des "dysfonctionnements" avec les ARS. Sur les écoles, elle a dit que ce n'est pas parce qu'un département sera classé rouge que les écoles ne rouvriront pas, mais elle a prévenu qu'elle refuserait que des écoles ne rouvrent pas pour des "raisons idéologiques ou politiques".

Une proposition de loi pour "protéger" les maires en cas de contamination dans les écoles

Sur le plan économique, Sébastien Lecornu a prévenu que les collectivités "doivent s'attendre à des difficultés" l'année prochaine mais que le gouvernement "n'abandonnera personne" et travaillait à une "nouvelle dotation d'investissement".

Emmenés par Damien Abad, les députés LR ont annoncé jeudi le dépôt d'une proposition de loi pour "protéger" les maires en cas de contamination dans les écoles. La responsabilité civile ou pénale des élus ne pourrait être engagée qu'en cas de "moyens" suffisants et de "faute caractérisée" commise "de façon manifestement délibérée", selon leur texte.

Une protection adaptée à ces circonstances d'exception

Ils n'excluent pas de défendre ce principe par amendement au projet de loi prolongeant l'état d'urgence sanitaire, qui sera débattu la semaine prochaine à l'Assemblée. Le président de la commission de l'Aménagement du territoire du Sénat, Hervé Maurey (centriste), a déposé une proposition de loi similaire.

La question de la responsabilité civile et pénale des maires, pour des décisions prises durant l'état d'urgence sanitaire, doit faire "l'objet d'un traitement législatif spécifique, pour qu'ils bénéficient d'une protection adaptée à ces circonstances exceptionnelles", a développé aussi l'AMF dans un communiqué.

Concernant les transports, l'AMF demande que soient précisées les modalités de contrôle du port du masque, s'il est obligatoire, et notamment le rôle respectif des opérateurs de transport et des forces de police et de gendarmerie.

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