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Le gouvernement ne va pas donner de priorité aux tests aux utilisateurs de StopCovid

La question se posait après la publication d'un article du site "L'Opinion". Le gouvernement a démenti cette hypothèse mercredi.

L'application de suivi de contacts StopCovid
L'application de suivi de contacts StopCovid Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Les utilisateurs de StopCovid n'auront pas d'accès privilégié aux tests. Le gouvernement a démenti cette hypothèse avancée par le média L'Opinion mardi à l'issue du Conseil des ministres qui s'est tenu ce mercredi 16 septembre. "Que ce soit dans les conseils de ministres ou dans les conseils de défense auxquels j’ai participé, je n’ai pas entendu parler de cette piste qui a été avancée […] Je ne peux pas être plus clair : je n’ai pas entendu parler de ce sujet-là. […] Aujourd’hui, ce n’est pas à l’ordre du jour", a affirmé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal dans un point presse.

Alors que les centres médicaux et les laboratoires d'analyse sont pris d'assaut par les Français soucieux de savoir s'ils ont été infectés le coronavirus, le site L'Opinion avait annoncé mardi 15 septembre que le gouvernement envisageait de donner un accès prioritaire aux tests PCR aux utilisateurs de l'application de traçage de cas contacts développée par les autorités. 

La piste aurait été évoquée lors du dernier Conseil de défense qui a précédé les annonces du premier ministre Jean Castex vendredi 11 septembre. Selon L'Opinion, l'exécutif souhaiterait ainsi augmenter la popularité de StopCovid qui ne cumule que 2,4 millions de téléchargements depuis son lancement début juin. "Pour inciter les Français à installer StopCovid, il faut leur offrir un avantage", aurait affirmé un ministre favorable à la mesure, selon des propos rapportés par nos confrères.

Une mesure qui serait illégale

Cette piste avait dans tous les cas très peu de chance d'aboutir car en donnant une prime à l'installation de StopCovid, le gouvernement aurait créé une rupture d'égalité entre les citoyens et aurait mis l'application en illégalité avec le droit européen. Le RGPD prévoit en effet que le consentement des utilisateurs d'une application doit être libre, éclairé, univoque et spécifique. Son utilisation doit être basée sur le volontariat et ne peut pas être conditionnée à un accès prioritaire aux centres médicaux.

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Au printemps, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) avait également rappelé que l'utilisation de StopCovid ne devrait pas conditionner l'accès à des services de tests ou de soins et que le volontariat signifiait "qu'aucune conséquence négative" ne devrait être "attachée à l'absence de téléchargement ou d'utilisation de l'application".

La mesure avait été fraîchement accueillie au sein même de la majorité. "Même pas en rêve ! Le volontariat reste et doit rester le volontariat", s'est indigné le député LaREM des Côtes d'Armor Eric Bothorel sur Twitter. Le député de la Vienne Sacha Houlié a pour sa part rappelé dans un tweet qu'il s'était opposé à l'application en raison notamment "de la remise en cause du volontariat" et de "la pression sociale exercée".

Etendre l'accès prioritaire aux cas contacts identifiés via StopCovid

Contrairement à la piste évoquée par L'Opinion, l'idée du gouvernement ne serait pas de donner un accès prioritaire à tous les utilisateurs de StopCovid. Selon des sources gouvernementales citées par Le HuffPost et BFMTV, il s'agirait en réalité d'aligner le traitement des cas contacts détectés via l'application sur celui des cas contacts identifiés par les enquêteurs de l'Assurance maladie.

Depuis les annonces du Premier ministre le 11 septembre, trois catégories de personnes peuvent bénéficier d'un accès privilégié au dépistage du Covid-19 : celles qui présentent des symptômes, le personnel soignant et les cas contacts des personnes positives. Les personnes qui ont reçu une alerte via StopCovid n'étaient pas comprises parmi les nouveaux publics prioritaires. Le gouvernement souhaiterait simplement rétablir une égalité de traitement avec les cas contacts identifiés en dehors de l'application.

Même si sa diffusion reste très en retrait de l'objectif initial, StopCovid connaît un léger regain d'intérêt avec le rebond de l'épidémie. Le nombre de personnes qui l'ont utilisée pour se déclarer malade a quasiment doublé ces deux dernières semaines, avec 3.565 QR codes enregistrés au 14 septembre. Et l'application a prévenu 73 personnes qu'elles présentent un risque de contamination dans ce même intervalle, portant à 180 le nombre d'alertes envoyées depuis son lancement début juin. Mais ces chiffres restent dérisoires au regard des frais de fonctionnement de l'application et des 7.000 nouveaux cas quotidiens identifiés chaque jour actuellement.

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