3 min de lecture Coronavirus

StopCovid : l'application n'a envoyé que 72 alertes depuis son lancement

L'application de traçage gouvernementale censée retrouver les contacts des personnes infectées par le coronavirus n'a pas rencontré le succès espéré. Téléchargée par 2,3 millions de personnes depuis son lancement début juin, elle n'a permis de notifier que 72 contacts à risque.

L'application de suivi de contacts StopCovid
L'application de suivi de contacts StopCovid Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
et AFP

Un peu plus de 2 millions de téléchargements pour seulement 72 notifications. Deux mois et demi après son lancement en grandes pompes, StopCovid est loin d'avoir obtenu les résultats espérés par le gouvernement, alors qu'elle avait pourtant été présentée comme l'un des principaux outils à la disposition des autorités pour maîtriser l'épidémie après le déconfinement.

Portée par le secrétaire d'État au Numérique Cédric O et développée en un temps record par l'Inria et un collectif d'entreprises françaises durant le confinement, l'application devait aider les autorités sanitaires à retrouver les contacts des personnes touchées par le coronavirus en utilisant le Bluetooth des smartphones pour alerter les utilisateurs du croisement d'un cas contact a posteriori. Arrivée tardivement dans la crise et cible de nombreuses critiques, StopCovid est pour l'instant un échec

Selon les derniers chiffres révélés à l'AFP par la Direction générale de la santé (DGS), l'application a été téléchargée 2,3 millions de fois mais n'a permis de notifier que 72 contacts à risques. L'application "a été téléchargée près de 2,3 millions de fois, sur les plateformes Android et Apple, depuis sa mise en service le 2 juin. A ce jour, 1.169 QR codes ont été utilisés et 72 contacts à risque notifiés", a précisé la DGS.

Activée par moins de 3% des Français

La différence entre le nombre de personnes qui se signalent contaminées en scannant le QR code fourni lors d'un test de dépistage positif et le nombre de notifications envoyées peut s'expliquer par l'utilisation encore très faible de l'application dans la population (moins de 3%) ou dans l'entourage de la personne contaminée, ou parce que celle-ci ne l'a installée qu'après avoir reçu le résultat de son test.

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"L'application est efficace dès lors qu'une personne et ses contacts en disposent. (...) Utiliser StopCovid peut s'avérer particulièrement utile dans les zones où le virus circule activement" et dans les lieux fréquentés comme les bars et les restaurants, assure le ministère des Solidarités et de la Santé, qui "encourage évidemment tous les Français à télécharger l'application" alors que le nombre de nouveaux cas de coronavirus ne cesse d'augmenter à travers le pays ces derniers jours.

À titre de comparaison, l'application allemande Corona-Warn-App, lancée en juin elle aussi, a été téléchargée par plus de 17 millions de personnes et a déjà enregistré plus de 120.000 résultats de tests positifs au Covid-19. Dans le même temps, l'application SwissCovid a déjà été installée par 25% des Suisses. Ces deux applications ont cependant nécessité des financements publics plus importants.

Une application controversée

Le principe de l'application Stopcovid est d'utiliser la technologie sans fil Bluetooth pour détecter et garder une trace de toutes les personnes croisées de manière prolongée durant les 15 derniers jours à moins d'un mètre, avant de les prévenir en cas de contamination. Le système est controversé, à la fois dans son principe et dans les choix techniques faits par le gouvernement, ses adversaires estimant notamment qu'il n'est pas suffisamment utile au regard des risques qu'elle comporte, par exemple concernant la protection des données personnelles. 

Si son développement s'est fait bénévolement, le coût de son hébergement et de son exploitation fait aussi polémique. Le gouvernement l'estime à un peu plus de 100.000 euros par mois mais une association anticorruption a saisi le parquet national financier pour dénoncer l'absence d'appel d'offres, suspectant une possible surfacturation.

L'application française est de plus incompatible avec la plupart des applications de traçage européennes, qui s'appuient sur une solution technologique proposée par Apple et Google. Le gendarme des données personnelles, la Cnil, a mis en demeure fin juillet le gouvernement de régler "plusieurs irrégularités" sur l'application dans un délai d'un mois et de se prononcer sur l'efficacité de l'application dans la lutte contre l'épidémie de coronavirus.

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