3 min de lecture Coronavirus

Coronavirus : une rentrée périlleuse pour Emmanuel Macron et Jean Castex

ÉCLAIRAGE - Gestion de la crise sanitaire et reprise économique sont au cœur du projet de rentrée d'Emmanuel Macron et de Jean Castex. Une reprise inédite pour le duo exécutif qui finalise le plan de relance.

Emmanuel Macron et Jean Castex portent un masque le 14 juillet 2020 à Paris
Emmanuel Macron et Jean Castex portent un masque le 14 juillet 2020 à Paris Crédit : Ludovic Marin / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Une rentrée politique qui ne ressemble à aucune autre. Après avoir passé un été sur le pont, Emmanuel Macron amorce une rentrée à la fois périlleuse politiquement et anxiogène sur le plan sanitaire. Les chiffres du nombre de contaminations et la menace d'une reprise de l'épidémie de coronavirus ont été attentivement scrutés par le chef de l'État.

La pression a été de plus en plus pesante sur les épaules de l'exécutif, chargé de revoir le protocole sanitaire en entreprise et d'anticiper celui de la rentrée scolaire. "Nous sommes dans une situation à risques", mettait en garde le ministre de la Santé Olivier Véran dans un entretien au Journal du Dimanche

Emmanuel Macron a une nouvelle fois rappelé aux Français qu'ils doivent "vivre avec le virus" tout en continuant à faire tourner l'économie française. Mais cette reprise a débuté... par un report. Le plan de relance économique attendu depuis plusieurs mois par les entreprises devait être dévoilé le 25 août. Finalement, il faudra attendre une semaine. Le risque sanitaire passe-t-il avant la reprise économique ? Non, s'est défendu Bruno Le Maire à l'antenne de RTL ce lundi. 

"Anticiper" une deuxième vague

Le ministre de l'Économie a cependant concédé qu'Emmanuel Macron et Jean Castex comptaient "resserrer les boulons" sur le plan sanitaire. Le président de la République et son Premier ministre souhaitent ainsi que les ministres "finalisent les modalités précises" de cette obligation "pour garantir la bonne application de ces mesures de prévention et permettre leur appropriation par tous". 

À lire aussi
Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée le 28 octobre 2020 Coronavirus France
Coronavirus et reconfinement : que se passe-t-il pour les sportifs ?

Cette semaine sera donc consacrée à la mise en place de "toutes les règles nécessaires pour que la rentrée puisse se dérouler dans les meilleures conditions. Cette lisibilité est nécessaire à la relance", expliquait Olivier Véran dans Le JDD. C'est pourquoi un conseil de défense doit se tenir le 25 août

Confinement, port du masque... "On ne s'interdit rien. Ce que l'on veut éviter, c'est d'être débordé (...) Mais on ne peut pas mettre le pays à l'arrêt, parce que les dommages collatéraux d'un confinement sont considérables", a expliqué le président de la République dans Paris Match. Un proche du chef de l'État confiait lui dans les colonnes du Monde : "le mot d’ordre général, c’est l’anticipation, de tirer certains enseignements du passé et d’être plus proactifs. Le second mot d’ordre, c’est le pragmatisme. C’est pour ça qu’il y a une approche très localisée qui consiste à laisser les maires et les préfets prendre les mesures qui s’appliquent au cas par cas".

Le plan de relance, un enjeu politique

Au delà des enjeux sanitaires, les mesures proposées dans le plan de relance pourraient déboucher sur des débats politiques et ainsi alimenter les arguments de l'opposition. Jean-Luc Mélenchon a déjà préempté le sujet de la gratuité des masques au collège et au lycée. "Si les masques sont obligatoires à l'école, ils doivent être gratuits. Car l'école dans notre pays est gratuite et obligatoire", a-t-il déclaré en clôture des "Amphis d'été" des Insoumis. 

Mais un confident d'Emmanuel Macron estime dans Le Parisien qu'"il y a des problèmes et des obstacles, bien sûr. Mais le climat politique reste assez paisible. On ne sent pas de contestations venir du tréfonds du pays, comme celles que l'on a eues avec les 'gilets jaunes'. Sur le plan de l'emploi, les syndicats sont par ailleurs très sages. Quant à l'opposition, elle est totalement inaudible".

Mais pas question pour l'exécutif de baisser la garde. "Si on échoue dans le plan de relance et dans la gestion de la crise sanitaire, alors les oppositions reprendront forcément du souffle", prévient un ministre dans le quotidien. Le couple exécutif, dont la popularité s'effrite dans les sondages, souhaite surtout éviter un confinement généralisé, au niveau national. Cette décision serait une épine dans le pied de Castex, ancien "monsieur déconfinement" devenu Premier ministre.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Coronavirus Jean Castex Gouvernement
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants