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Coronavirus : pourquoi Édouard Philippe est-il auditionné par l'Assemblée ?

ÉCLAIRAGE - Après Agnès Buzyn, Roselyne Bachelot et Xavier Bertrand, c'est au tour d'Édouard Philippe d'être questionné par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la gestion de la crise du coronavirus.

Édouard Philippe, le 29 septembre 2020
Édouard Philippe, le 29 septembre 2020
Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
Marie-Pierre Haddad

La France est plongée dans la deuxième vague depuis la mise en place du couvre-feu dans plusieurs villes du pays le 17 octobre et pour au minimum quatre semaines. En parallèle, les élus s'interrogent sur la gestion de la crise par le gouvernement au moment de la première vague

Aux manettes depuis le début des crises sanitaire et économique liées au coronavirus, Édouard Philippe est auditionné ce 21 octobre par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la gestion de la crise. C'est la première fois que l'ancien premier ministre livrera son témoignage devant une commission d'enquête parlementaire. 

Cette commission d'enquête de l'Assemblée, lancée en juin dernier, est présidée par le député La République En Marche de la Loire, Julien Borowczyk. Son rapporteur est le député Les Républicains des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti. L'ancien chef du gouvernement n'est pas le premier à passer sur le grill. Avant lui le directeur général de la santé Jérôme Salomon, le président de Conseil scientifique Jean-François Delfraissyles anciens ministres de la Santé Agnès Buzyn, Roselyne Bachelot et Xavier Bertrand ont répondu aux questions des députés.

Masques, tests, Ehpad...

À quoi sert cette commission d'enquête parlementaire ? En juin dernier, Éric Ciotti définissait les contours de cette commission d'enquête. "Nous devons la vérité aux Français, sur ce qui a marché peut-être, sur ce qui surtout n'a pas fonctionné, sur les failles, sur les défaillances", indiquait-il sur Europe 1. Le député LR des Alpes-Maritimes affirmait vouloir éviter de faire de cette commission "un tribunal judiciaire ni populaire".

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Stock de masques, politique en matière de dépistage, gestion de l'épidémie dans les Ehpad, rôle du Conseil scientifique... Toutes les phases clés de la crise seront décortiquées par les députés. Fin juillet, Éric Ciotti dressait le constat que dès début mars "une forme de retard" s'est installée "dans toutes les décisions". "La gravité de la crise n’a pas été prise en compte assez tôt. On s’aperçoit en effet rétroactivement - mais c’est sans doute plus facile de le dire maintenant – qu’un confinement décidé une semaine plus tôt aurait été très utile", expliquait-il dans Le Monde.

Le député LR des Alpes-Maritimes dressait le constat que "la force et la violence de la crise n’ont pas été anticipées, ni par l’exécutif, mais il faut bien le reconnaître, ni par les scientifiques". Et d'ajouter : "L’activation du plan pandémie, par exemple, a été trop tardive. La gestion de la crise me paraît donc particulièrement chaotique, ce qui a conduit à cumuler beaucoup de retard sur les tests ou la prise en compte des personnes âgées à domicile ou dans les Ehpad". Mais il soulignait "que les périodes de confinement et de déconfinement ont plutôt été bien gérées et réussies".

Des perquisitions chez Philippe, Véran, Buzyn et Ndiaye

Voici donc ce qui attend Édouard Philippe. Après lui, l'ancien ministre de l'Intérieur et désormais président du groupe LaREM à l'Assemblée nationale, Christophe Castaner, sera auditionné le 22 octobre, suivi par le ministre de la Santé Olivier Véran le 27 octobre. Ces derniers avaient déjà été entendus par la commission d'enquête du Sénat en septembre

L'audition de l'ancien premier ministre intervient après une série de perquisitions chez les plus hauts responsables de l'État, y compris au sein de son domicile. Même chose pour Olivier Véran, Agnès Buzyn et Sibeth Ndiaye qui ont aussi vu leurs domiciles et leurs bureaux perquisitionnés. Ces opérations sont ordonnées par la Cour de justice de la République (CJR). Selon l'entourage du maire du Havre, elles se sont déroulées "sans difficulté", a fait savoir le ministère de la Santé, "de façon très courtoise et avec la pleine coopération du maire". "Édouard Philippe a toujours dit qu'il se tenait à disposition de la justice", a souligné une source à l'AFP. 

Comme le rappelle Thomas Prouteau, chef du service police-justice de RTL, ces perquisitions font l'objet d'une "procédure habituelle dans ce type d'affaire". "De fait, tous font l'objet d'une instruction de la Cour de justice de la République après des plaintes concernant la gestion des autorités de la première vague de coronavirus. Dans un premier temps, il y a eu les plaintes de proches de victimes de la Covid-19 ou de médecins. Neuf de ces plaintes ont donné lieu à l'ouverture d'une information judiciaire début juillet", explique-t-il. 

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