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Coronavirus : Macron décide de ne pas confiner, les coulisses du Conseil de défense

DÉCRYPTAGE - Le président de la République a estimé qu'il existe encore "un chemin qui permet de tenir, sans le confinement". Un choix qui a surpris et marqué un peu plus les tensions entre l'Élysée et Matignon.

Emmanuel Macron, le 1er février 2021
Emmanuel Macron, le 1er février 2021
Crédit : Ludovic MARIN / AFP
Marie-Pierre Haddad

Une prise de parole surprise et expéditive. Jean Castex a annoncé, vendredi dernier, de nouvelles restrictions pour lutter contre le coronavirus. Un tour de vis pour certains, une dernière chance pour d'autre afin d'éviter un reconfinement qui semblait inexorablement se rapprocher en début de semaine dernière.

Emmanuel Macron a donc tranché et pris le risque d'aller à contre-courant des avis de la communauté scientifique. Sur RTL, Bruno Le Maire résumait la pensée présidentielle en indiquant que "le confinement ne peut être que la toute dernière option lorsque toutes les autres ont été utilisées".

Ce choix n'est pas sans conséquence politique. Le président de la République a ainsi mis le doigt sur les tensions entre l'Élysée et Matignon. D'un coté, Jean Castex prônait une ligne sanitaire qui a la priorité sur l'économie. De l'autre, le président veut éviter un confinement qui aurait un impact sur le moral des Français.

Jean Castex et Olivier Véran fragilisés ?

Jean Castex a donc perdu son arbitrage. C'est alors posé la question de l'annonce aux Français. Comme le raconte Le Figaro, c'est entouré des ministres de l'Économie, Bruno Le Maire, de l'Intérieur, Gérald Darmanin, du Travail Élisabeth Borne et du porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, que Jean Castex "hésite", "rature" et "réécrit" son discours. "Nous pouvons encore nous donner une chance d'éviter le confinement", va déclarer le premier ministre. Sur la forme, Jean Castex apparaît agacé, sa mine fermée. Des détails qui ont été remarqués à l'Élysée, note un proche d'Emmanuel Macron.

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Olivier Véran, lui, encaisse le coup. La veille de la prise de parole de Jean Castex, le ministre de la Santé déclarait que le "confinement n'est pas suffisant" pour enrayer la propagation des variants. 

Changement de ton pour le ministre de la Santé qui explique dans Le Journal du Dimanche, que l'"on pourra peut-être éviter la nouvelle vague". "Nous restons persuadés que les variants peuvent provoquer une vague majeure, mais leur circulation augmente moins vite qu'on le craignait", ajoute-t-il. Un virage à 180 degrés pour celui qui expliquait deux jours plus tôt vouloir éviter une "épidémie dans l'épidémie". Mais officiellement, pas de friture sur la ligne, comme l'a précisé Bruno Le Maire : "Il n'y a pas d'économie qui a gagné contre la santé".

Une situation grave mais pas hors de contrôle

Pour Emmanuel Macron, la situation est grave mais pas hors de contrôle, résume un proche du président de la République. La décision d'un confinement n'a pas pour autant disparu des radars. "Nous n’avons jamais dit que nous ne reconfinerions pas dans les quinze jours à venir si c’était nécessaire", prévient Olivier Véran dans Le Journal du Dimanche.

"Il y a un chemin qui permet de tenir, sans le confinement. Cela passe par les vaccins, les traitements, le respect des gestes barrières, un renforcement du traçage et de l’isolement, du télétravail, des contrôles de police…", a expliqué l'entourage du chef de l'État au Monde

Un dernier point que Gérald Darmanin s'est empressé d'exécuter. Après l'allocution de Jean Castex, le ministre de l'Intérieur a envoyé un télégramme aux préfets pour leur demander de "prendre sans délai toutes dispositions de nature à faire respecter très strictement ces nouvelles règles". Le locataire de la place Beauvau a ensuite annoncé, le 31 janvier, une "augmentation de plus de 30%" des contrôles depuis samedi concernant le respect du couvre-feu à 18 heures.

Nouvelles échéance avec l'arrivée des vacances scolaires

L'exécutif a une nouvelle échéance en ligne de mire : les vacances scolaires qui débutent en fin de semaine. "C’est assez paradoxal, mais visiblement, selon le gouvernement, les périodes de vacances ralentissent la circulation du virus. Alors que nous avons toujours affirmé, c’est la position française, que les écoles ne sont pas des clusters des zones à haute contamination", explique Olivier Bost, éditorialiste politique à RTL.

Selon Le Monde, un nouveau Conseil de défense est prévu mercredi 3 février afin de réétudier la situation sanitaire dans l'Hexagone. Au menu : l'évaluation des restrictions mises en place et pourquoi pas l'évocation de l'interdiction des déplacements entre régions pendant les vacances scolaires, comme le précise l'AFP. Rien n'est donc définitif. Chaque jour les cartes seront rebattues.

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