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Coronavirus : faudra-t-il choisir entre les malades ? Une question éthique et politique

ÉDITO - Si l’hôpital arrive à saturation, faudra-t-il choisir ceux qui pourront accéder aux soins ? Des médecins demandent un débat de société sur ce sujet douloureux et tabou.

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Si l'hôpital arrive à saturation, faudra-t-il choisir entre les malades ? Une question éthique et politique. Crédit Image : JOEL SAGET / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
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L'Edito Politique - Olivier Bost
Olivier Bost
édité par Léa Stassinet

Le nombre d’hospitalisation est en train d’atteindre celui de la première vague en avril. "Le pic de l’épidémie est devant nous", a prévenu Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé.

Le risque existe que le système de santé soit saturé. C'est d’ailleurs déjà arrivé au printemps dernier localement. Mais quelles sont les questions qui se posent ? Qu’est-ce qu'il se passe si l’hôpital et les cliniques ne peuvent plus accueillir tout le monde ? Faudra-t-il choisir parmi les malades ceux qui seront admis ?

Vous avez 3 réponses possibles à cette question. La première, c’est celle que vous entendez le plus, c’est de répéter en boucle : "On fait tout pour ne pas arriver à cette situation". Mais si ça se produit ? "On fait tout pour ne pas y arriver". C’est la méthode Coué… de l’auto-persuasion. Et ce n’est pas totalement faux. Aujourd’hui, tout est fait pour éviter que l’hôpital ne puisse plus accepter de malades. 

La Covid est mieux connue : le recours à l’oxygène et à des traitements permet d’éviter des séjours en soins intensifs. Mais la saturation est déjà làcomme en région Rhône-Alpes.

Des choix quotidiens

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J’en viens à la deuxième réponse. C’est d’expliquer que ça se fait déjà tous les jours de choisir ou pas d’amener un malade à un traitement très lourd comme la réanimation.
Tout le temps, les équipes de médecins, avec des comités d’éthiques quand ils le souhaitent, évaluent les chances d’un patient avant qu’il reçoive un traitement ou une opération. C’est pour éviter l’acharnement thérapeutique.

Il est inutilement douloureux d’engager une réanimation si les chances de mortalité sont extrêmement fortes ou si les risques de séquelles sont trop importants. Et quand on déprogramme des opérations pour d’autres maladies, comme cela est fait largement depuis 2 semaines, c’est aussi un choix avec des conséquences sur la vie ou la survie des patients.

Un débat de société demandé par les médecins

Mais ce choix-là peut-il être encore fait quand il n’y a plus de place dans les hôpitaux ? Et c’est là que je n’ai plus de réponse. C’est pour ça que des médecins demandent un débat de société sur ce sujet douloureux et tabou. Le chef du service de réanimation de l’hôpital Saint-Antoine à Paris l’a formulé notamment dans le journal Le Monde ce week-end. Que les politiques s’accaparent cette question éthique et sociétale, même si elle est extrêmement difficile.

Nous parlons bien de "politique" de santé, de choix qui engagent tout le monde, et pas seulement les médecins.

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