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Coronavirus et confinement : l’interminable attente pour Macron et le gouvernement

DÉCRYPTAGE - Après avoir mis en place le confinement il y a dix jours, Emmanuel Macron et l'exécutif sont dans l'attente des premiers résultats. Ils définiront la stratégie sanitaire des mois à venir.

Emmanuel Macron, le 6 novembre 2020
Emmanuel Macron, le 6 novembre 2020 Crédit : Ludovic MARIN / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Et maintenant ? Il y a dix jours, la France s'est confinée pour la deuxième fois pour enrayer l'épidémie de coronavirus et freiner la deuxième vague, prédite par le Conseil scientifique dès juillet dernier. 

Mais la "brutalité" de celle-ci a surpris certains scientifiques et membres du gouvernement. Selon le directeur général de la Santé Jérôme Salomon, la France compte "le plus grand nombre de cas en Europe". Tout l'enjeu pour le gouvernement est de réussir à faire respecter le confinement pour désengorger les services de réanimation dans les hôpitaux. Les appels à la responsabilité sont désormais quotidiens dans la bouche de l'exécutif. 

Lors de son dernier point presse, Olivier Véran a appelé les Français à se "ressaisir (...) face à l'amertume, la fatigue, la lassitude légitime" et à "ne pas connaître ce petit moment de relâchement qui peut faire basculer des vies". 

Les résultats du confinement bientôt visibles ?

Réaliste, le ministre de la Santé avait déjà préparé les esprits au fait que les semaines à venir constitueraient le pic de cette deuxième vague. Si la situation de novembre ne peut être changée, Emmanuel Macron, Jean Castex et les ministres mettent leurs forces dans la suite de la bataille contre le coronavirus. La complexité de cette crise sanitaire réside dans le délai entre l'entrée en application des mesures pour freiner le virus et les résultats de ces mesures. 

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L'infectiologue Karine Lacombe évalue ce décalage à "de deux à trois semaines".  "On a une semaine d'incubation, une semaine de symptômes - à ce moment on va guérir ou pas -  et quand on ne guérit pas et qu'on passe en réanimation, cela prend encore une semaine", expliquait-elle sur BFMTV. Dès l'annonce du reconfinement, Emmanuel Macron avait donné rendez-vous aux Français dans "15 jours" afin d'évaluer si les mesures prises sont suffisantes et "faire le bilan du confinement". L'échéance se rapproche. 

Le gouvernement doit donc attendre. Inlassablement attendre les effets du confinement sur la courbe épidémique. Ce n'est qu'à partir de là que l'exécutif pourra envisager un confinement plus strict dans un cas ou au contraire un léger assouplissement des mesures du confinement. "Si cela repart fort, oui, il y a l'hypothèse d'un tour de vis. Tout est sur la table : fermer les lycées, revoir la position sur les écoles, les services publics, le télétravail… Il y a toute une palette. En positif, comme en négatif", explique l'entourage du président dans Le Parisien.

Le compte-à-rebours pour les fêtes de fin d'année enclenché

Olivier Véran a ainsi confirmé qu'il y avait un "frémissement" et "une forme de ralentissement" dans la progression de l'épidémie. Mais le ministre de la Santé s'est empressé d'ajouter qu'il est encore "trop tôt pour juger de l'effet du reconfinement". "D'ici la fin de la semaine, nous aurons des données consolidées", qui permettront d'évaluer la situation, mais "de toute façon il y aura une augmentation des hospitalisations et des réanimations dans les prochains jours puisque c'est le reflet de la situation épidémique d'avant le confinement", a-t-il ajouté dans l'émission Questions Politiques
Mais le compte-à-rebours enclenché est d'autant plus pressant que les fêtes de fin d'année se rapprochent à grands pas. Le gouvernement veut rassurer les Français, sans pour autant leur donner de faux espoirs. La prudence est de mise. Olivier Véran et Gabriel Attal ont tour à tour expliqué dans les médias que Noël ne ressemblera pas aux années précédentes. Mais "nous ne voulons pas d'un Noël en visio. Nous voulons que les Français puissent fêter Noël le plus normalement possible", a précisé le porte-parole du gouvernement.

Désormais, c'est l'objectif du "plateau" qui agite les esprits au gouvernement. "On ne pourra déconfiner que quand la décrue sera confirmée", a expliqué le chef des urgences de l'hôpital Georges Pompidou Philippe Juvin. D'après lui, ce pic devrait être suivi d'un "plateau", avant que la baisse des entrées en réanimation s'enclenche. A l'Elysée, comme le rapporte Le Parisien, "on espère atteindre le plateau, mais il n'y a aucune garantie. Le week-end prochain seulement, on verra s'il y a un impact drastique du confinement".

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