3 min de lecture Coronavirus France

Coronavirus : comment la réunion entre Castex et les chefs de partis a tourné au fiasco

RÉCIT - Dans l'espoir d'une union nationale, Jean Castex a convoqué les chefs de partis à Matignon. Il n'en sera rien. Chacun a campé sur ses positions et renvoyant ses interlocuteurs à ses responsabilités. Histoire d'un échec.

Jean Castex, le 28 octobre 2020
Jean Castex, le 28 octobre 2020 Crédit : Ludovic MARIN / AFP
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Une consultation qui a viré au fiasco. Emmanuel Macron doit annoncer ce mercredi 28 octobre aux Français des mesures "indispensables", selon les mots employés par Jean Castex, pour enrayer la deuxième vague de coronavirus. Afin de trancher l'idée de la mise en place d'un confinement généralisé à tout l'Hexagone, le président de la République a présidé plusieurs Conseils de défense et réunions en tout genre

Se décrivant comme un fervent défenseur du dialogue, Jean Castex a lui aussi pris sa part, en conviant les représentants des partis politiques à Matignon. Le Premier ministre a appliqué la même méthode que son prédécesseur Édouard Philippe. En mars dernier, il avait organisé une réunion similaire sur le maintien du premier tour des élections municipales et le confinement. 

Sept mois plus tard, Jean Castex veut à son tour "consulter" la classe politique sur "les durcissements envisagés", souffle-t-on. Traduction : éviter les procès en manque de communication et de concertation, à la veille de la prise de parole d'Emmanuel Macron. Mais rien ne s'est déroulé comme prévu. 

Une réunion qui se transforme en dialogue de sourds

"Une réunion hallucinante", pour le patron des Républicains Christian Jacob. "Une forme de Grand café du commerce", selon le premier secrétaire du PS Olivier Faure. Bertrand Pancher, le président du groupe Libertés et Territoires à l'Assemblée nationale résume la rencontre avec le Premier ministre. "Les bras m'en tombent, je pensais qu'on allait avoir un scénario à discuter" mais Jean Castex "n'a laissé filtrer absolument rien", déplore-t-il. Sentiment partagé par la France insoumise qui a décrit au Monde, une "réunion longue et inutile" qui ressemblait à une "fausse consultation".

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Mais que s'est-il passé ? "On est tous arrivé avec un bon état d'esprit mais là ils ont fait un simulacre de consultation. Castex nous demande notre avis sur des mesures qu'il n'annonce pas et dit lui-même ne pas connaître !", explique Christian Jacob dans Le Figaro. "On ne peut pas dire que le Premier ministre ait été extraordinairement clair sur les intentions du gouvernement", résume de son côté le président de l'Association des maires de France François Baroin

"On nous a demandé notre avis sur rien, reproche Marine Le Pen. On nous demande notre avis sans qu'on sache à quoi pense le gouvernement, quelles sont les hypothèses sur la table". Pour Nicolas Dupont-Aignan, "c'est une débâcle gouvernementale, on ne peut pas nous demander de prendre parti sur des solutions qu'on ne nous présente pas". 

Être premier ministre, c'est se faire engueuler !

François Bayrou à Jean Castex
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L'exécutif, lui, se défend. "Ils pensaient qu'on allait délocaliser le Conseil de défense, n'importe quoi', s'exaspère un représentant de la majorité dans Le Figaro. "L'opposition ne veut pas être partie prenante, ni jouer l'unité nationale. Le Premier ministre savait de toute manière qu'il serait impopulaire en envisageant de nouvelles mesures et que ce serait difficile, il s'attendait au jeu politique", explique un soutien du Premier ministre.

Chacun est donc renvoyé à ses responsabilités. "Vous aurez compris une chose, a lancé François Bayrou à Jean Castex, être Premier ministre, c'est se faire engueuler !". La colère des Républicains ne retombe pas. 

L'union nationale n'aura pas lieu

Les Républicains étaient venus à cette réunion avec plusieurs demandes et notamment celle de maintenir les écoles ouvertes. Une mesure qui doit être mise en place, peu importe les scenarii choisis par Emmanuel Macron et le gouvernement. La France insoumise a concentré ses propos sur le manque de moyens déployés dans les hôpitaux

Seul Stanislas Guerini, patron de La République En Marche, fidèle à la ligne de son parti, prend la défense du gouvernement. "Je crois que dans un certain nombre de déclarations il y avait un peu un jeu de dupes, certains ne voulaient pas prendre leurs responsabilités" mais "cette réunion avait une vertu qui est de clarifier la situation et de voir que la situation sanitaire du pays est grave". 

À défaut d'avoir l'union nationale, Jean Castex aura réussi à mettre d'accord toute la classe politique sur l'échec de cette réunion.

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