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Coronavirus : Agnès Buzyn a voulu "réécrire un peu l'histoire", affirme Olivier Bost

ÉDITO - Les aveux étonnants d'Agnès Buzyn sur la gestion de la crise du coronavirus et la tenue des élections municipales traduisent "la dureté et la violence des soirs et des lendemains de défaite", selon Olivier Bost.

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Coronavirus : Agnès Buzyn a voulu "réécrire un peu l'histoire" Crédit Image : Bertrand GUAY / POOL / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
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Olivier Bost
édité par Bastien Hauguel

Un ministre ne devrait pas dire ça. Dans un entretien au journal Le Monde, l'ancienne ministre de la Santé et candidate LREM à la mairie de Paris Agnès Buzyn a fait part de ses états d'âmes. Elle dit avoir vu très tôt la catastrophe qui s'annonçait et avoir alerté le président de la République Emmanuel Macron et le Premier ministre Édouard Philippe. Elle affirme également avoir quitté le gouvernement pour briguer Paris en sachant que les élections municipales n'auraient pas lieu

D'abord, pour expliquer ces propos, il faut imaginer la dureté et la violence des soirs et des lendemains de défaite. Dans ces instants, l'armure craque, même chez les femmes et les hommes politiques les plus aguerris. C'est un moment particulier de vérité. On a alors en face de nous une femme, un homme, et beaucoup moins un politique. Ils sont épuisés, leurs horizons s'effondrent et ils disent ce qu'ils ne disent jamais d'habitude. Il existe une sorte de déprime post-électorale très bien décrite par nombre d'entre eux.

Impossible de ne pas se souvenir, notamment, des larmes de Ségolène Royal lors de sa défaite aux primaires socialistes de 2011 ou encore de Lionel Jospin qui abandonne ses électeurs au soir du premier tour de la présidentielle de 2002. Comme le confie un ancien ministre, il vaut mieux, dans ces moments-là, s'isoler et ne plus répondre à personne avant de se reconstruire. Mais certains sont perdus, déboussolés, et se confient, vident leur sac et leurs remords. Ils peuvent aussi réécrire un peu l'histoire. C'est ce qu'à fait Agnès Buzyn, ancienne ministre de la société civile.

Il y a du dépit, une blessure, tellement d'orgueil de la part d'Agnès Buzyn

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Dans son entourage, il y a d'abord eu beaucoup d'incompréhensions, qui se sont par la suite mêlées à de la colère. Son équipe de campagne a le sentiment d'avoir été trahie. Ceux qui ont travaillé avec elle au gouvernement et ceux qui l'ont accompagné ces dernières semaines disent qu'une telle sortie ne lui ressemble pas. "C'est une bonne élève hyper loyale", décrit un proche. D'autres, dont d'anciens collègues du gouvernement, sont sévères : "il y a du dépit, une blessure, tellement d'orgueil de la part d'Agnès Buzyn", dit l'un, et peut-être de la "jalousie" avance un autre, alors que son successeur à la Santé Olivier Véran est salué dans la crise pour sa clarté et son énergie. Dans la soirée du mardi 17 mars, le Premier ministre a été aussi piqué au vif. Édouard Philippe a reconnu qu'Agnès Buzyn avait prévenu sur l'épidémie mais, à l'époque, beaucoup de médecins n'étaient pas d'accord avec elle, a-t-il précisé. 

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Cette histoire risque en tout cas fortement de finir en polémique politique, dans un moment où il faut être discipliné et mobilisé contre l'épidémie. Ces propos alimentent les amateurs de complots : "le gouvernement savait et n'a rien fait". Des accusations aussitôt relayées hier sur le ton de la fausse interrogation, et embrayées par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Ces propos nourrissent également la défiance et les accusations de cynisme absolu des politiques et une insincérité. Agnès Buzyn a remplacé Benjamin Griveaux dans une élection impossible. "Elle a peut-être eu tort d'y croire un instant", se demandait hier un responsable de la majorité. C'est pour cela qu'il faut se méfier des soirs et des lendemains de défaite, surtout quand ils attaquent l'indispensable union nationale dans ces temps incertains.

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