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Contrôler les réseaux sociaux et les expressions politique, l'étrange obsession de la majorité

ÉDITO - Le gouvernement redoute une campagne présidentielle perturbée. Cette volonté répétée de réguler, de contrôler comporte un risque : celui de se transformer en camp du bien.

Emmanuel Macron, le 3 juin 2021
Emmanuel Macron, le 3 juin 2021
Crédit : Lionel BONAVENTURE / POOL / AFP
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Contrôler les réseaux sociaux et les expressions politique, l'étrange obsession de la majorité
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Olivier Bost

Élargir le contrôle des temps de parole dans les médias et surveiller les manipulations de l’information. Le gouvernement redoute une campagne présidentielle perturbée. Deux informations très récentes, pas des fake news, interpellent.

La première vient du conseiller politique d’Emmanuel Macron, Stéphane Séjourné, également député européen. Il veut contraindre plus strictement les temps de parole dans les médias classé tous les intervenants plus seulement les élus, selon leur appartenance politique supposée. Il l’a expliqué le 3 juin dernier dans le journal l’Opinion.

Ce qu’il vise avec cette idée saugrenue, c’est la chaîne CNews accusée de n’avoir que des plateaux marqués à droite et très à droite avec Eric Zemmour notamment. Cela revient à demander de museler des opposants politiques trop écoutés. N’importe qui peut le penser, mais un conseiller politique du chef de l’État est le plus mal placé pour le dire. 

D’autant que la pluralité est là, il y a 4 chaînes d’informations continues, de quoi trouver son bonheur. Et l’audiovisuel est le seul secteur déjà régulé qui donne dans les comptes d’apothicaires des temps de parole à l’approche des élections. La presse écrite, les réseaux sociaux n’ont aucune contrainte d’équilibre. Ce qui interpelle de la part d’un proche d’Emmanuel Macron, c’est cette volonté de vouloir réguler, mais il n’y a pas que ça.

La création d'un service chargé des manipulations de l’information

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C’est la deuxième information. L’annonce mercredi 2 juin au détour d’une audition à l’Assemblée nationale de la création d’un service chargé des manipulations de l’information. Son futur patron assure qu’il ne sera pas chargé de dire ce qui est vrai ou ce qui est faux, mais de signaler quand un contenu est propagé à partir de l’étranger. Ce qui revient quand même à déterminer si ce contenu est problématique. L’objectif est louable, il s’agit d’éviter que les russes ou les turques. 

Deux exemples au hasard tentent de déstabiliser notre élection présidentielle en propageant de fausses informations sur un candidat. Le service, chargé de surveiller ces activités est censé travailler en toute transparence, mais pour diffuser le résultat de son travail, désigner un pays qui tente de saper la campagne présidentielle, cela passera par l’Elysée et par le Conseil de défense.

Une volonté de contrôle politique ?

Il faudra voir l’usage qui en sera fait. Mais, l’idée est lancinante de la part de la majorité. La République en Marche s’est fait retoquer une loi, l’année prochaine par le conseil constitutionnel, parce qu’elle entamait trop la liberté d’expression, c’était la loi Avia contre la haine sur Internet. Le gouvernement avait mis en place un site Internet avec une sélection des bonnes informations. Cette volonté répétée de réguler, de contrôler comporte un risque : celui de se transformer en camp du bien.

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