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Consigne des bouteilles en plastique : comme pour les retraites, c’est difficile pour le gouvernement...

ÉDITO - Depuis, lundi 9 décembre, l’Assemblée nationale se penche sur la loi sur l’économie circulaire. Ce n’est pas de tout repos pour Brune Poirson qui doit faire face, elle aussi, à des d’opposants.

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Consigne des bouteilles en plastique : comme pour les retraites, c'est difficile pour le gouvernemen Crédit Image : @brunepoirson | Crédit Média : RTL | Date :
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Olivier Bost
édité par Marie-Pierre Haddad

Une réforme peut en cacher une autre… Les députés débattent depuis, lundi 9 décembre, à l’Assemblée nationale de la loi sur l’économie circulaire. Plutôt que d’acheter et de jeter, l’idée c’est d’acheter, utiliser, réparer et recycler. Mais ce n’est pas de tout repos pour Brune Poirson, la secrétaire d’État qui porte ce projet. Elle doit faire face, elle aussi, à des d’opposants.

Toute ressemblance avec une réforme contestée n’est pas totalement loufoque. Dans cette loi, il y a beaucoup d’idées de bon sens, de l’écologie pragmatique et surtout pas punitive. Dans ces idées, il y a notamment la consigne des bouteilles en plastique.

Une belle idée parce qu’elle est soutenue par près de 9 Français sur 10. Normalement, avec un tel soutien de l’opinion, son adoption devait être une simple formalité. C'est un peu comme les Français qui sont favorables à une réforme des retraites.

10 ou 15 centimes d'euros par bouteille

C’est le malheur dès qu’il s’agit d’écologie. Ça se complique très vite, surtout dès que ça soulève des questions d’argent et d’emplois. Il y a des lobbys de tous les côtés, des groupes de pressions, qui agissent pour vous mettre des bâtons dans les roues de votre vélo.

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Là, la secrétaire d’État Brune Poirson n’a pas bien vu le coup venir. Pour faire simple, Coca-Cola et Nestlé, les producteurs de bouteilles en plastique, sont pour la consigne. 10 ou 15 centimes d’euros la bouteille pour vous inciter à la ramener, dans votre sac de course durable bien sûr pour récupérer cette petite somme, ça marche très bien en Allemagne, au Danemark ou en Croatie.

Mais dans cette affaire, il y a d’autres intérêts : ceux de l’industrie des déchets et celui des élus locaux, des maires. Leurs intérêts se rejoignent et ne sont pas du tout favorables à la consigne. Pour faire simple, s’il y a des bouteilles consignées, cela rapporte moins d’argent aux centres de tri qui eux sont rémunérés à la tonne de plastique récupérée. Et s’ils sont moins rémunérés, c’est sur les finances des collectivités locales qui ont investi, que ça va retomber.

Les élus locaux sont devenus de farouches opposants très efficaces contre la consigne

Olivier Bost
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Et voilà comment les élus locaux sont devenus de farouches opposants très efficaces contre la consigne. Au point de convaincre les sénateurs, puis le gouvernement et même le président de la République que non décidément, ce n’était pas une si bonne idée que ça.

Mais donc, il n’y aura pas de consigne. Brune Poirson se bat comme elle peut. Elle tente de faire parler de sa cause. Un peu comme Marlène Schiappa, elle utilise les réseaux sociaux ou ne cache pas son agacement à l’Assemblée. Un petit côté ministre youtubeuse qui agace parfois ses collègues et qui parfois pousse des entreprises à s’impliquer un peu plus qu’elles n’avaient l’intention de le faire, comme les fast-foods par exemple, assez peu coopérants.

Brune Poirson peut aussi compter sur le soutien des ONG, des associations écolos pour qui rien ne va jamais assez loin. Et ça fait bouger un peu les choses ? Pour l’instant, Brune Poirson est mal partie.

Une candidature à Avignon démentie

Ses détracteurs s’en donnent à cœur joie pour la déstabiliser un peu plus. Une rumeur a été fortement relayée il y a 15 jours : Emmanuel Macron voudrait qu’elle soit candidate à Avignon aux municipales. Autrement dit : il veut s’en débarrasser et plomber son projet de loi pour de bon. Brune Poirson a été obligée de dire qu’elle n’irait pas. En attendant, les délais de sa loi sont en train de s’allonger.

La fameuse consigne des bouteilles en plastique sera peut-être seulement expérimentée et on verra ce que ça donne en 2023, après l’élection présidentielle c’est plus prudent. C’est comme la fin du plastique à usage unique : vous savez, une fois déballés, tous ces emballages qu’on jette, les députés veulent fixer l’échéance à 2040 ! Dans 20 ans !

Et voilà comment le projet de loi sur l’économie circulaire pourrait prendre encore plus de temps que la réforme des retraites, avant de produite ses effets. Les retraites, c’est difficile… l’écologie, c’est pas facile non plus.

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