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Christophe Castaner à Beauvau : un an de polémiques et d'opérations sauvetage

DÉCRYPTAGE - Il y a un an, Christophe Castaner a succédé à Gérard Collomb au ministère de l'Intérieur. Depuis, ce proche d'Emmanuel Macron a dû faire face à plusieurs polémiques allant des violences policières, à l'affaire de la disparition de Steve Maia Caniço à Nantes.

Christophe Castaner, le 8 octobre 2019
Christophe Castaner, le 8 octobre 2019 Crédit : Ludovic MARIN / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Un ministre de l'Intérieur dans la tourmente. Patron de la place Beauvau depuis presqu'un an, Christophe Castaner ne semble jamais sortir d'une zone de turbulences. Au fil des affaires et des polémiques, l'opposition s'est rassemblée contre lui en demandant sa démission. 


Dernier élément en date : l'attaque à la préfecture de police de Paris. Selon un rapport interne de la DRPP (Direction du Renseignement de la préfecture de police de Paris), Mickaël Harpon, qui était habilité secret défense, aurait déclaré à deux collègues "c'est bien fait" au sujet de l'attentat en janvier 2015 contre Charlie Hebdo, mais ces derniers n'ont pas transmis de signalement écrit à leur hiérarchie. 

Sans attendre les conclusions, Christopher Castaner a tenté d'éteindre la polémique en demandant que toute alerte liée à la radicalisation fasse désormais "l'objet d'un signalement automatique", sans plus de précisions. 

Un ministre dans "la précipitation"

Dans un entretien au Journal du Dimanche, le chef du gouvernement vole au secours du ministre de l'Intérieur : "J'ai toute confiance en Christophe Castaner, qui a fait état de ce qu'il savait au moment où il s'est exprimé. Il est dans le rôle qui est celui du ministre de l'Intérieur dans de telles circonstances".

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Cette intervention d'Édouard Philippe n'est pas une première. Par le passé, le premier ministre a dû réaffirmer dans les médias qu'une démission de Christophe Castaner n'était pas dans la balance et qu'il conservait ses missions au sein du gouvernement. Une opération sauvetage relativisée par un proche du ministre de l'Intérieur dans L'Opinion : "Si Édouard Philippe ne voulait pas le faire, il ne le ferait pas". 

Mais Bernard Cazeneuve, ancien ministre de l'Intérieur qui n'hésite pas à égratigner son successeur, enfonce le clou. "Le problème de Castaner, c'est qu'il ne raisonne qu'en termes de communication de bas niveau. Il se soumet à BFMTV et à Twitter. Il se précipite à chaque fois. Il ne sait pas résister à la pression médiatique, il est incapable de prudence, de tempérance, encore moins de prise en compte de la durée et de la continuité. C'est du court terme", tacle-t-il dans le journal.

Un an de polémiques

Depuis sa nomination à la tête du ministère de l'Intérieur, le 16 octobre 2018, Christophe Castaner a été au cœur des polémiques concernant les violences policières lors des manifestations des "gilets jaunes". Selon les informations de RTL, en juin dernier, c'est-à-dire, après 30 samedis de manifestations, 264 enquêtes pour des violences policières présumées ont ainsi été ouvertes, et près de 40% avaient déjà été bouclées. 

Christophe Castaner a aussi dû rétropédaler sur l'incident de l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière. Le ministre de l'Intérieur avait affirmé qu’il s’agissait d’une "attaque". Mais des vidéos ont remis en cause les propos de Christophe Castaner. Cela l'a poussé donc à revenir sur sa déclaration lors d'une conférence de presse : "Je n’aurais pas dû employer le terme 'attaque'", avait-il reconnu.

Cet été, Christophe Castaner s'est une nouvelle fois retrouvé sous pression avec la disparition de Steve Maia Caniço lors de la Fête de la musique à Nantes. Le 29 juillet, le corps de Steve est retrouvé dans la Loire. Édouard Philippe avait assuré que le rapport de l'IGPN n'établit pas de lien entre l'intervention de la police et la disparition de Steve. 

Le premier ministre a jugé que l'intervention policière était "justifiée" et pas "disproportionnée". Convenant que l'enchaînement des faits demeure "confus", Édouard Philippe a promis "toute la lumière" et saisit l'Inspection générale de l'administration (IGA). Il apporte son soutien au ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, attaqué par l'opposition. 

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