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Ascoval-Ford : "Si l’État ne peut pas tout", il peut "orienter, dynamiser", dit Mazerolle

ÉDITO - Les épisodes industriels d’Ascoval dans le nord et de Ford à Blanquefort donnent le sentiment que, comme le disait Lionel Jospin en 1999, "l'État ne peut pas tout".

Alain Duhamel L'Edito d'Alain Duhamel Alain Duhamel
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Ascoval-Ford : "Si l'État ne peut pas tout", il peut "orienter, dynamiser", dit Mazerolle Crédit Image : NICOLAS TUCAT / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
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Olivier Mazerolle
Olivier Mazerolle Journaliste RTL

Une économie de marché vaut mieux que l’économie étatisée qui conduit systématiquement à la ruine. Mais dans une économie de marché, il ne suffit pas que l’État claque des doigts pour que les industriels et les financiers obéissent. Ce qui ne veut pas dire que l’État ne fait rien. Il a aidé à sauver pas mal d’entreprises ces dernières années.

Pour Ford, en revanche, c'est plutôt mal parti. L’usine de Blanquefort va fermer, mais l’État n’envisage même plus une nationalisation temporaire. Il n’a pas beaucoup plus confiance que Ford dans l’avenir de l’usine et dans les capacités du repreneur belge à la faire tourner. Ford ne veut pas la lui vendre parce que le constructeur automobile a déjà connu une mésaventure en 2009. 

Il avait vendu l’usine et a été contraint de la reprendre contre son gré, parce que son nouveau propriétaire avait été incapable de lui trouver des débouchés. Le gouvernement ne veut pas connaître pareille mésaventure. En revanche, il va exiger de Ford qu’il aille au-delà de ses obligations légales et qu’il participe au rééquipement du site pour permettre à d’autres entreprises de s’y installer.

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L’État mobilisé pour Ascoval

Dans le cas d’AscovalBruno Le Maire se donne un mois pour trouver un autre repreneur que celui qui a déclaré forfait. Le délai est court, mais cette fois l’État se bat pour sauver l’aciérie. Parce que le gouvernement croit que tous ses ouvriers sont mobilisés, ce n’est pas le cas chez Ford, que l’usine produit des aciers de grande qualité et parce qu’il y a des clients. 

Les 47 millions de fonds publics pour aider à la reprise sont toujours sur la table. Il reste à convaincre des financiers de venir. Pas si simple, parce que les concurrents d’Ascoval voudraient la voir disparaître pour lui prendre son marché. 

Si l’État ne peut pas tout, la puissance publique peut orienter, dynamiser"

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L’État peut peser sur les projets des industriels et des financiers. Ford en apporte la preuve. Si le constructeur automobile quitte la France et la plupart de ses sites européens, pour relancer sa production aux États-Unis, c’est à cause de Trump qui va taxer les automobiles européennes. 

À leur manière, les Chinois font la même chose. Ils ont décidé de conquérir le commerce mondial. L’État fixe les objectifs, il donne la feuille de route à ses financiers, des champions du capitalisme qui se chargent de réaliser le plan. Mais dans les deux cas, l’État est en mesure d’agir à partir d’un marché gigantesque par la richesse et le nombre de ses habitants.

Une pression du marché européen ?

L’Europe est le marché le plus riche du monde. Elle a 470 millions de consommateurs, mais il faut que les pays européens s’entendent. Français et Allemands mettent au point des projets industriels aussi bien civils que militaires. Ils veulent aussi que l’Europe modifie ses règles de fonctionnement pour permettre la naissance de géants industriels, contrairement à ce qu’elle a fait en interdisant le mariage ferroviaire d’Alstom et de Siemens

Mais il faut faire vite. Les Américains et les Chinois investissent 4 à 5 fois plus que les Européens dans les nouvelles technologies. Conscients qu’ils sont trop forts pour se combattre, ils envisagent de mettre fin à leur guerre commerciale, pour se partager le gâteau au détriment de l’Europe.  

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2019-02-26 19:36:00
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