2 min de lecture Droits des femmes

Allongement du délai légal de l'IVG : que va devenir le texte après l'obstruction des LR ?

DÉCRYPTAGE - Les députés LR ont déposé 423 amendements au texte sur l'allongement du délai légal de l'IVG. Une obstruction parlementaire dénoncée par le Parti socialiste et La République En Marche.

La députée Albane Gaillot (non inscrite) est à l'origine de la proposition visant à allonger le délai d'accès à l'IVG de 12 à 14 semaines de grossesse
La députée Albane Gaillot (non inscrite) est à l'origine de la proposition visant à allonger le délai d'accès à l'IVG de 12 à 14 semaines de grossesse Crédit : Christophe ARCHAMBAULT / AFP
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Un cas d'école d'obstruction parlementaire ? Le texte sur l'allongement du délai légal de l'IVG, qui a été remis à l'ordre du jour par le groupe socialiste à l'Assemblée, a été retiré provoquant des remous dans les rangs de la gauche. 

Le texte, examiné en deuxième lecture, avait déjà obtenu un feu vert en commission. Pourquoi ce retrait ? En raison des "423 amendements déposés" par la droite sur 484 qui "rendent impossible" son examen, a indiqué le Parti socialiste

Selon Valérie Rabault, cheffe de file des députés socialistes, "certains députés LR ont choisi l'obstruction". "Examiner 500 amendements suppose entre 18 et 20 heures de débat, or notre journée parlementaire n'en comporte que 11h30", a-t-elle ajouté. Retirer le texte "est évidemment un crève-cœur et surtout du temps perdu pour faire avancer les droits des femmes", a-t-elle dénoncé.

"Pas d'obstruction" ou "erreur" ?

Les Républicains, eux, se défendent d'avoir eu recours à cette méthode. "Il n'y a pas d'obstruction", a assuré le chef de file du groupe LR Damien Abad devant la presse. 
"Le groupe socialiste a déposé 12 textes. Il savait très bien que ses 12 textes ne pourraient être discutés et amendés. Il y a un débat et chaque groupe est libre de déposer ses amendements", a-t-il indiqué. Sur France 24, la députée LR du Maine-et-Loire Anne-Laure Blin qui a déposé "autour de 80 amendements" affirme avoir "utilisé" sa "prérogative de parlementaire qui prévoit notamment de pouvoir déposer des amendements".

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L'avis du président du groupe Les Républicains à l'Assemblée n'est pas partagé de tous, dans les propres rangs de la droite. Sur BFMTV, le député LR Aurélien Pradié a reconnu "une erreur". "Je ne suis pas hostile à l'allongement (du délai d'IVG) de 12 à 14 semaines. Je regrette que par des procédures de dépôt de nombreux amendements nous ayons pu avoir un blocage", a expliqué l'élu du Lot qui souligne "ne pas avoir déposé un seul amendement".

Aurélien Pradié n'en oublie pas les enjeux politiques. "Il y a une forme d'hypocrisie, dénonce-t-il. Le PS qui a programmé ce texte, l'a fait sur la journée de la niche parlementaire qui est limité en temps". 

Que va devenir ce texte ?

C'est là que La République En Marche a fait son entrée. La députée LaREM Aurore Bergé a fustigé sur Twitter "une obstruction parlementaire massive des LR". "À la fin, ce sont les droits des femmes qui en paient le prix fort. Nous inscrirons ce texte dans notre niche !", a-t-elle annoncé. Le texte pourrait ainsi être à nouveau débattu lors de la niche parlementaire de LaREM.

Le patron des députés LaREM Christophe Castaner a confirmé la volonté de la majorité de "faire en sorte que ce texte puisse revenir dans la discussion". "Il faut moderniser l'accès à l'IVG pour les femmes qui le souhaitent, ça fait partie de notre responsabilité", a-t-il déclaré sur France 2

Une décision saluée par la présidente du groupe socialiste Valérie Rabault. "Je remercie 
Aurore Bergé pour son soutien. La majorité a 943 heures de débat par an, à sa main à l'Assemblée nationale. Nous en avons 11h30. Je ne doute pas qu'elle saura réserver un créneau pour faire avancer les droits des femmes", a-t-elle écrit sur Twitter. Le député LR Aurélien Pradié a assuré : "Si ce texte est repris, je le voterai. Il faut qu'il y ait un débat".

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