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Alba Ventura : "Le parti qui progresse, c'est le FN"

REPLAY / ÉDITO - Les dernières législatives partielles sont autant de laboratoires qui préfigurent les élections à venir en 2015 (départementales et régionales), avec deux forces qui progressent : l'abstention et le Front national.

Alba Ventura
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Crédit : Elodie Grégoire
Alba Ventura : "Le parti qui progresse, c'est le FN"
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Alba Ventura : "Le parti qui progresse, c'est le FN"
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L'invité de RTL - Alba Ventura
Alba Ventura

L'UMP Gérard Menuel a été élu dimanche 14 décembre député de la troisième circonscription de l'Aube en devançant le candidat FN lors de l'élection législative partielle. Il succède à François Baroin devenu sénateur en septembre.

Le scrutin a été marqué par une forte abstention de 72,85% (75,37% au premier tour). Seul un électeur sur quatre est allé voter. L'électorat de gauche, qui n'avait plus de candidat, n'est pas venu voter.

Un mouvement de fond

On entend dire "large victoire de l'UMP". C'est vrai que  63,85% pour Gérard Menuel, c'est un joli score. Sauf que ça change un peu la donne lorsque l'on regarde le gain en voix. Le vainqueur a perdu la moitié des voix qu'obtenait en 2012 François Baroin.

Ensuite, le vote FN progresse. Déjà par rapport à 2012, c'était dix points de plus. Là, entre le premier et le second tour, c'est environ 1.600 voix de plus. Cela fait grosso modo entre 25 et 30% de voix supplémentaires. Cela montre qu'il y a quand même un mouvement de fond.

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Un mouvement que l'on a déjà constaté dans les précédentes élections législatives partielles (dans le Lot-et-Garonne, dans le Nord, dans l'Oise) et même dans les précédents scrutins, comme lors des municipales. L'UMP l'emporte largement, mais le parti qui progresse c'est le Front national.

Les plus pessimistes pensent que les socialistes vont finir avec 16 conseils généraux

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Cela préfigure les élections à venir. On aura un bon baromètre début février avec une autre législative partielle, cette fois dans le Doubs, pour la succession de Pierre Moscoviciparti pour la Commission européenne.

On peut d'ores et déjà imaginer qu'aux élections départementales de mars (anciennement les cantonales), la tendance ce sera une gifle monumentale pour les socialistes. Les plus pessimistes pensent qu'ils vont finir avec seize conseils généraux, contre soixante-et-un actuellement.

Il n'y a plus personne dans les réunions militantes. Ce qui remonte, c'est une hémorragie au Parti socialiste. À Narbonne il y a un mois, dans une section de 120 personnes, ils n'étaient que douze. C'est une ancien ministre qui le raconte.

À Paris tout récemment, c'est un politologue qui s'est étonné de la faible assistance :  pas plus de vingt à vingt-cinq personnes (quelques profs et quelques retraités...)

"Plan social" annoncé au PS

Au PS, on entend dire que les départementales de mars prochain vont être "le plus grand plan social" que le parti n'ait jamais connu. Ce sont des centaines et des centaines d'élus qui vont non seulement perdre leur mandat, mais aussi leur "job". Pendant vingt ans, le PS a massivement investi la plupart des collectivités.

C'est comme cela que tel maire-adjoint se retrouve missionné au conseil général ou dans telle société d'économie mixte. Si le conseil général passe à droite, c'est fini tout ça. Sans compter qu'en 2015, il y aura un double effet "Kiss Cool" avec les régionales en décembre. Le PS va finir l'année sur les genoux. 

la stratégie de Marine Le Pen : être présent dans toutes les strates des élections

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Il y a de grandes chances que les départements perdus par le PS basculent à l'UMP. Mais ce que l'on regardera surtout, c'est si l'UMP est en mesure de faire barrage au FN et de freiner la progression du parti de Marine Le Pen.

Les experts de la carte électorale, qu'ils soient de gauche ou de droite, ont déjà analysé 2.000 des 2.054 cantons. Ils ont pris en compte les dernières élections depuis la présidentielle. Sur 2.000 cantons, il y en a 800 où le FN passe la barre des 30%. Cela ne veut pas forcement dire qu'il y aura des départements "FN", mais cela viendra confirmer la stratégie de Marine Le Pen : être présent dans toutes les strates des élections. 

Le pari de son père c'était de faire un coup à la Présidentielle. Celui de la fille, c'est d'irriguer le territoire. Elle est visiblement en passe de le réussir.

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