4 min de lecture Faits divers

VIDÉO - Attaque à Condé-sur-Sarthe : que sait-on du détenu radicalisé ?

Michaël Chiolo, un détenu radicalisé de la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne), est accusé d'avoir attaqué au couteau deux surveillants, ce mardi 5 mars. Le parcours de l'homme est glaçant.

BEGOT 245300 La Revue de Presse Amandine Begot
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VIDÉO - Attaque à Condé-sur-Sarthe : que sait-on du détenu radicalisé ? Crédit Image : JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Amandine Begot édité par Sarah Duhieu

Il fait ce matin la une de L'Est républicain. "La dérive sanglante d'un radicalisé lorrain", titre le journal, qui publie en une la photo de cet homme qui a agressé hier deux surveillants de la prison de Condé-sur-Sarthe, avant de se retrancher pendant plus de dix heures avec sa compagne.

Image d'un jeune homme banal... un brin provocateur qui, sur ce cliché posté sur les réseaux sociaux, mime un revolver avec sa main droite en fixant objectif. Il a les cheveux courts, un blouson noir sur le dos... Rien de très inquiétant, en tout cas à première vue. Mais quand on ouvre le journal; le récit est glaçant.

Celui d'abord celui de cet enlèvement pour lequel il a été condamné à la perpétuité. Celui d'un vieil homme de 89 ans, rescapé des camps. Il mourra étouffé après avoir été séquestré dans des conditions atroces. 

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Enlèvement et séquestration

Les images diffusées lors du procès, en 2014, font froid dans le dos. "C'est la mort en images", écrit le Républicain lorrain. On y voit un vieil homme défiguré. Sa bouche est creusée par le profond sillon laissé par un bâillon trop serré. Ses chevilles sont saucissonnés par neuf liens, des câbles, des bandes médicales. Ses avant bras, gonflés, sont entravés par des couches d’adhésif renforcées. 

Son corps est comme échoué sur son lit, enfoui sous les vêtements et les objets divers, au milieu d'une chambre transformée en un véritable capharnaüm. Au fond, sur un matelas, on distingue, poursuit le journal, un coffre bleu que les braqueurs n'ont jamais réussi à ouvrir.

Apologie du terrorisme

Mickaël Chiolo a alors 23 ans. Il écope de la réclusion criminelle à perpétuité. Maître Cedric Demagny, qui l'a défendu devant la cour d’assises de Moselle, raconte comment il égrenait conventuellement un chapelet religieux pendant les audiences. Le jeune homme, issu de la classe moyenne, s'est converti à l'Islam quatre ans plus tôt, après avoir un temps songé à devenir prêtre. C'est très vite après son crime odieux, poursuit l'avocat, qu'il tombe sous la coupe de prêcheurs radicaux à Metz.

Une fois derrière les barreaux, il pratique un prosélytisme appuyé, mais c'est véritablement après un passage au centre de détention d’Épinal que les choses s’accélèrent. Michaël Chiolo aurait par exemple forcé d'autres détenus à boire jusqu'à huit litres d'eau pour, disait-il, purifier leur corps.

Le 14 novembre 2015, au lendemain des attentats de Paris et de Saint-Denis, dans la cour de promenade de la prison de Mulhouse, il organise un jeu terrifiant. "Bataclan ! Bataclan !", scande-t-il. Une vingtaine de détenus se positionnent alors en arc-de-cercle. Certains  miment des tirs de kalachnikov, d'autres tombent, comme s'ils étaient touchés par des balles. Jugé en comparution immédiate pour apologie du terrorisme, Michaël Chiolo niera les faits, en bloc. Il sera condamné à un an de prison ferme.

Quartier pour détenus radicalisés

C'est après cet épisode qu'il sera transféré à la prison de Condé-sur-Sarthe, "la plus sécurisée de France", écrit ce mardi 6 mars Ouest France, avec celle de Vendin-le-Vieil. "Actuellement, ce sont 110 détenus qui y sont incarcérés, 110 pour 195 places", poursuit le journal. L’originalité de cet établissement est qu'il accueille plusieurs publics de détenus. Il est devisé en trois quartiers. Un pour les personnes condamnées à de très longues peines ; un autre pour ceux qui bénéficient de peines aménagées ; et enfin le QPR, le quartier de prise en charge de la radicalisation.

Ouvert il y a six mois, il accueille une dizaine d'hommes, tous condamnés pour association de malfaiteurs en vue d'une entreprise terroriste. 25 surveillants, des volontaires, y travaillent. Dans La Nouvelle République, un gardien de prison salue ce matin la création de ces quartiers spécialisés, "mais cela ne règle pas le problème", estime-t-il. "C'est un paravent, on a voulu former des agents à ces mission spécifiques sans les exonérer du reste, c'est-à-dire sans renforcer nos effectifs..."

Un couteau à lame en céramique

Total : rien n'est fait convenablement, ni dans ces unités, ni dans les autres. "Il suffit d'un leader, et tout peut basculer" ajoute-t-il, "d'autant que tout ou presque peut entrer en prison..." On l'a vu hier à Condé-sur-Sarthe : Michaël Chiolo avait un couteau à lame en céramique. "Ça ne sonne pas aux portiques de sécurité. Et faire une fouille au corps de la personne extérieure ne se décide pas comme ça", regrette-t-il.

D'après Le Parisien-Aujourd'hui en France, c'est sa compagne qui aurait apporté ce couteau. Une jeune femme de 34 ans, décédée lors de l’assaut. Elle était jusqu'ici inconnue des services de police. Mais sa présence lors du procès de son compagnon, en 2014, avait marqué les esprits. Elle portait un jilbab noir, cette longue robe qui ne laisse entrevoir que le visage, se souvient l'avocate d'un des coaccusés dans Le Républicain lorrain. A l'époque, "cela avait donné une curieuse ambiance à l'audience", confie-t-elle.

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Michaël Chiolo, un détenu radicalisé de la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne), est accusé d'avoir attaqué au couteau deux surveillants, ce mardi 5 mars. Le parcours de l'homme est glaçant.
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2019-03-06 11:29:00
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