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Tuerie de Nanterre : ce massacre en plein conseil municipal était-il un acte terroriste ?

PODCAST - Le 27 mars 2002 lors du conseil municipal de Nanterre (Hauts-de-Seine), Richard Durn tue, avec son arme à feu, huit élus et en blesse 19 autres. Très vite, l’enquête va interroger les revendications du meurtrier à l'origine de la tuerie.

Une personne dépose des fleurs, le 27 mars 2005 à la mairie de Nanterre, devant une plaque de marbre blanc.
Une personne dépose des fleurs, le 27 mars 2005 à la mairie de Nanterre, devant une plaque de marbre blanc.
Crédit : RTL
42. Tuerie de Nanterre : acte politique ou folie suicidaire ?
00:28:04
Jeanne Rouxel & Thomas Prouteau

Dans la nuit du 26 au 27 mars 2002, Richard Durn, 33 ans, assiste au conseil municipal de la Mairie de Nanterre (Hauts de Seine). À la fin de la réunion, l’homme se lève, abat de sang-froid huit élus et en blesse 19 autres. Alors qu’il recharge son arme à feu pour reprendre ses tirs avec une frénésie meurtrière, l’homme finit par être maitrisé grâce au courage de certains des membres du conseil. 

"C'est du jamais vu car les tueries ne sont pas régulières et habituelles en France, à cette époque là", explique Éric Morain, l'avocat de la mère du tueur, dans Les Voix du Crime. En France, la nouvelle est retentissante. Le nombre de morts et de blessés plonge le pays dans la peur. L'homme, à l'origine de cette tuerie, devient instantanément l'ennemi public numéro 1. 

Le choc est d'autant plus intense à l'égard du lieu où le massacre a été commis. "Richard Durn n'est pas allé là par hasard (…) C'est délibérément dans cette agora démocratique qu'il a voulu perpétré ses actes", affirme Me Morain. Pour autant, est-ce un acte terroriste ? "La racine du mot terroriste, c'est semer la terreur", précise l'avocat. Pour autant, considérer l’acte comme tel, nécessite "un projet politique derrière, en tout cas, une idéologie". Et Richard Durn ne semble pas correspondre à ce profil.

C'est délibérément dans cette agora démocratique qu'il a voulu perpétré ses actes

Me Éric Morain

Après son arrestation, le tireur de 33 ans est placé en garde à vue. Devant les policiers du 36 quai des Orfèvres et dans les écrits retrouvés à son domicile lors de la perquisition, Richard Durn se livre sur les raisons de ce massacre prémédité.  Au fil du discours du forcené, ses revendications paraissent peu concomitantes avec celles d’un acte terroriste. 

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"Il déversait une quantité de mots un peu informes, avec des revendications très peu claires, avec à la fois un peu de politique, mais au sens très large… Une sorte de mélange assez indigeste." Obsédé par la mort et celle d’autrui, le tueur voulait exclusivement faire payer les personnes responsables de son échec.

"Il avait parfois tracté, il était venu dans certaines réunions militantes, mais ça n’était pas un militant actif, ça n’était pas quelqu’un qui était tête de pont", contextualise Me Morain, l’avocat de la mère du tueur. 

C’était quelqu’un de très égocentré, qui a fait ça pour lui, et pas pour autre chose que sa sinistre gloire

Me Éric Morain

L’homme vivait chez sa mère et ne montrait aucune vie sociale. "C’était un homme seul", ajoute l’avocat. Rapidement, l’enquête confirme que le tireur a bien agit en "loup solitaire". Le tueur n'a bénéficié d’aucune complicité ou d'aide extérieure pour commettre cette tuerie. "C’était quelqu’un de très égocentré, qui a fait ça pour lui, et pas pour autre chose que sa sinistre gloire", affirme Éric Morain. 

Au deuxième jour de sa garde à vue, Richard Durn échappe au contrôle des policiers et parvient à se jeter du quatrième étage du 36 quai des orfèvres. Mort sur le coup, le tueur prive les victimes, de tout procès. Malgré son suicide, l'enquête va continuer d'apporter des réponses sur les circonstances et les motivations du tireur, aux survivants et aux familles des défunts, les années suivant le massacre. 

Bien que la piste terroriste ait été écartée de cette affaire, Éric Morain ne peut s'empêcher de faire un parallèle entre cette "tuerie de Nanterre" et les futurs drames que va connaître la France : les "attentats parisiens et niçois" de 2013 et 2016 qui ont vu périr au total près de 200 personnes.

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