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Une personne tient un avis de recherches le 18 février 2012 à Dijon, lors d'une marche blanche en l'honneur de Marion Bouchard
Crédit : JEFF PACHOUD / AFP
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Mercredi 8 février 2012, Dominique Burdy se présente au commissariat de Dijon. Cette femme vient signaler la disparition de sa fille, Marion Bouchard, 21 ans. Dominique, et son ex-mari, sont sans nouvelle d’elle depuis une dizaine de jours. Au départ, ils ne se sont pas inquiétés. Marion est très indépendante. Mais là son téléphone ne répond plus, messagerie saturée. Le compagnon de Marion, Fabien Souvigné, 24 ans, est lui aussi aux abonnés absents. La maman dit s’être rendue chez le couple. Mais elle a trouvé porte close.
Le lendemain du signalement de la disparition, les policiers de Dijon se déplacent à l'appartement loué par le couple. Les fonctionnaires se font alors ouvrir la porte par le propriétaire. Logement vide. Aucune trace suspecte de lutte ou de cambriolage. La mère de Fabien Souvigné, le compagnon, est appelée. Elle aussi est sans nouvelle depuis dix jours. Elle a toutefois reçu une lettre de son fils. Il lui explique que ni lui, ni Marion ne peuvent téléphoner car leur chat a détruit les câbles électriques des chargeurs.
Samedi 11 février, Dominique Burdy, la mère de Marion, lance un appel à témoins à la télé et dans la presse locale. Trois jours plus tard, les forces de police font une découverte. Dans la cave de l'appartement, ils mettent la main sur un sac de toile bleue. À l'intérieur, une scie à placoplâtre. "Sur la scie, il y a des traces de matière organique. On ne sait pas encore de quoi il s'agit mais cela commence à glacer le sang des enquêteurs", raconte Bruno Walter, journaliste indépendant. Les expertises permettront d'identifier à qui appartient cette matière organique. Il s'agit du sang de Marion Bouchard.
Mercredi 15 février 2012, les policiers apprennent que le 10 février, date du départ en cavale du suspect Fabien Souvigné, ce dernier a été verbalisé sans billet dans le train Dijon-Paris. Il a donné son vrai prénom et le nom de famille de sa mère. Il était seul avec son chien. Sous cette même identité, il a séjourné à Paris dans un centre d'accueil pour SDF. Souvigné ne connaît personne à Paris, ni parents, ni relations.
Les enquêteurs savent que le jeune homme ne se sépare jamais de son chien. Ils ont l’idée de communiquer aux vétérinaires, chenils, refuges le tatouage de l'animal. Stratagème payant. Le 29 février, Fabien Souvigné est signalé à la fourrière pour animaux de Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine. Il est venu signaler la disparition de son chien. La police arrive, il tente de prendre la fuite mais on le rattrape. En garde à vue, dès les premières minutes, il livre des aveux complets. Une dispute a éclaté entre Marion et lui, elle a pris un couteau. Il a pris peur et l'a étranglée.
En garde à vue, Fabien Souvigné dit que le meurtre s’est déroulé au cours de la soirée du 15 au 16 janvier. Il a démembré le corps de Marion avec la scie. Le jeune homme a ensuite chargé les morceaux de corps dans un caddie pour les disséminer en ville. Le suspect décrit sa relation avec Marion Bouchard comme houleuse. "Ça c’est l'argument des violents. Ce n’est pas eux, c’est la compagne qui est hystérique, possessive, jalouse. C’est une façon d’inverser le rapport, de se victimiser et de se donner des excuses", indique Me Delphine Baldini, avocate de la famille de Marion Bouchard,
Fabien Souvigné est interrogé par le juge d'instruction. Il est questionné sur son comportement violent avec sa compagne. Dans la nuit du 30 au 31 décembre 2011, la mère de Marion avait été appelée par la police municipale de la station de ski Les Deux Alpes. Une dispute très violente avait éclaté entre sa fille et son compagnon. Marion avait reçu des coups mais elle refusait de porter plainte. Devant le juge, le meurtrier présumé raconte qu’ils s’étaient remis ensemble un mois plus tard. Il n’aurait plus jamais levé la main sur sa compagne.
Lundi 21 octobre 2013, Fabien Souvigné, comparaît devant la cour d'assises de la Côte d'Or, à Dijon. Fabien Souvigné ne bronche pas. Il reste sur ses explications. "Une prise de tête de trop", dit-il, la "cocotte-minute qui explose". "La présentation de la femme hystérique qui fait qu'il y a un effet cocotte-minute ca ne tient pas parce qu’il est violent à l’égard d’autres personnes", explique Me Delphine Baldini, dans L'Heure du Crime, sur RTL.
Deux jours plus tard, Fabien Souvigné, qui risquait jusqu'à trente ans de détention, est condamné après un délibéré de plus de deux heures, à vingt-deux ans de prison. La cour n'a prononcé aucune peine de sûreté. La famille de Marion Bouchard déplore que le jeune homme puisse reprendre un jour, an pleine jeunesse, le cours de sa vie.
- Me Delphine Baldini, avocate au barreau de Dijon. Avocate de la famille de Marion Bouchard.
- Bruno Walter, journaliste indépendant ayant suivi cette affaire pour plusieurs titres de presse.
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