2 min de lecture Justice

Strasbourg : "bougnoule, bicot, négro", le policier raconte son quotidien

Après 13 ans dans la police, un brigadier a décidé de porter plainte contre l'institution. Entre racisme, discrimination et harcèlement, son quotidien au commissariat de Strasbourg était devenu un enfer.

Thomas Sotto RTL Soir Thomas Sotto iTunes RSS
>
Strasbourg : "bougnoule, bicot, négro", le policier témoigne de son quotidien Crédit Image : BERTRAND GUAY / AFP | Crédit Média : Yannick Olland | Durée : | Date : La page de l'émission
Yannick Olland
édité par Marie Gingault

Après treize années à avoir porté l'uniforme, un policier porte plainte contre l'institution pour racisme, discrimination et harcèlement. Il assure avoir essuyé insultes et réflexions racistes depuis sa prise de poste à Strasbourg. 

Le brigadier Haykal Rezgui Raouaji menait une carrière exemplaire dans la police depuis 2007, mais à son arrivée en Alsace, il découvre le racisme décomplexé de certains de ses collègues motards, à Strasbourg : "Dès que je suis arrivé, immédiatement les noms et les moqueries sur mon nom de famille ont commencé, au début pour moi c'était une petite blague, c'était pas grave j'ai pas relevé, et par la suite ça s'est aggravé avec des propos relativement raciste, bougnoule, bicot, négro, régulièrement. C'est pour vous faire sentir que vous n'êtes pas le bienvenu et que vous n'êtes pas chez vous".

Et quand le brigadier ose faire un rapport à sa hiérarchie pour dénoncer ce harcèlement devenu quotidien, il est immédiatement placardisé, sans que les auteurs ne soient inquiétés. "À partir du moment où j'ai transmis le rapport, tout s'est effondré, je n'avais plus aucun soutien de personne. C'est l'omerta, il ne faut pas parler de ce genre de fait".

Du racisme qui gangrène la police

Maître Kaoutare Choukour, avocate du policier
Partager la citation

"Il y a aucune réaction et c'est ce qui est incroyable dans ce dossier. C'est du racisme qui gangrène la police. Il y avait une volonté de blesser, il y avait une volonté de faire mal, il y avait une volonté de le détruire psychologiquement et de lui faire sentir qu'il n'était pas des leurs", témoigne quant à elle son avocate, Maître Kaoutare Choukour. 

À lire aussi
Les parents de la petite Marion, Françoise et Michel Wagon, se tiennent près d'une affiche de leur fille, le 14 novembre 1997 à Agen l'heure du crime
Il y a 24 ans, Marion Wagon disparaissait

Haykal Rezgui Raouaji l'avait particulièrement ressenti lors de l'attentat de Strasbourg en décembre 2018, il avait été le premier policier à porter secours à l'une des victimes. Le lendemain, au commissariat, ses collègues ne lui avaient même pas adressé la parole. Sa femme, elle aussi policière, a également porter plainte pour "mise en danger de la vie d'autrui". Elle soupçonne ses collègues d'avoir trafiqué son arme de service. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Justice Plainte Policiers
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants