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Steve : ce que l’on sait sur les rassemblements prévus à Nantes ce samedi

Si plusieurs appels ont été diffusés sur les réseaux sociaux pour rendre hommage au jeune homme de 24 ans avec le slogan “ni oubli, ni pardon” ce samedi 3 août, la préfecture de Loire-Atlantique a de son côté interdit toute manifestation dans le centre-ville de Nantes.

La ville de Nantes rend hommage à Steve Caniço
La ville de Nantes rend hommage à Steve Caniço Crédit : LOIC VENANCE / AFP
Sarah Ugolini
Sarah Ugolini
et AFP

Ce samedi 3 août, Nantes rendra hommage à Steve. Un rassemblement "pour Steve et contre les violences policières" avec le slogan "ni oubli, ni pardon" qui n'a pourtant pas reçu le soutien de la famille, ni de la préfecture de Loire-Atlantique. Les autorités ont en effet mis en garde ce vendredi 2 août contre les risques de débordements et interdit tout rassemblement dans le centre-ville de Nantes, alors que l'émotion et la polémique sur l'intervention des policiers perdurent. 

Devant la presse, le préfet de Loire-Atlantique a dit posséder des "informations concordantes sur la volonté d'un certain nombre de groupes d'activistes d'en découdre avec les forces de police". Ainsi, l'interdiction de rassemblement en hommage à Steve concerne une grande partie du centre-ville de 10h à 20h ce samedi, alors que deux projets de rassemblement ont été lancés sur les réseaux sociaux : un à 11h00 et un à 13h00, ce dernier dans le centre-ville.  

La famille "ne soutient pas du tout" le rassemblement

Au-delà de l'aspect sécuritaire, le préfet Claude d'Harcourt refuse que "des individus volent à la collectivité le moment d'émotion qui est souhaité par tous les amis de Steve".  Par la voix de Me Cécile de Oliveira, l'avocate de la famille de Steve Maia Caniço, animateur périscolaire de 24 ans disparu lors de la Fête de la musique et dont le corps a été retrouvé lundi dans la Loire, a indiqué que la famille "ne soutenait pas du tout" le rassemblement samedi. Les proches ont fait savoir qu’il n’acceptent "qu’un soutien amical, artistique et pacifique".

"Leur deuil est abîmé par le fait que Steve devient un enjeu politique très fort", a expliqué l'avocate à Ouest-France ce vendredi. "Ils se sentent assez trahis par les appels à la violence dans ce contexte. (…) Ils ne souhaitent pas qu’il y ait de caractère public à leur deuil intime. Et c’est bien toute la difficulté de ce qui se passe actuellement".

Un référé liberté introduit contre l'interdiction de manifester par la Ligue des droits de l'Homme

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L'interdiction de tout rassemblement en hommage à l'animateur périscolaire de 24 ans disparu lors de la Fête de la musique et dont le corps a été retrouvé lundi dans la Loire, a toutefois suscité le mécontentement de plusieurs politiques ainsi que de l'association la Ligue des droits de l’Homme.

Alexis Corbière, député LFI, s'est dit lui "gêné" par cette décision des autorités, estimant sur BFM que "beaucoup de gens ont envie de se rassembler pour faire entendre une volonté de justice". La sénatrice Europe Écologie Les Verts Esther Benbassa a aussi fustigé cette interdiction. De quoi le gouvernement a-t-il peur ? Ne devrait-il pas laisser les gens faire collectivement leur deuil de Steeve ? Un peu d’empathie et de compréhension pour ne pas attiser le feu !", a-t-elle tweeté.  

Pas d'interdiction mais un encadrement pour éviter les violences pour Castaner

Mais selon le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, "il n'y a pas d'interdiction des manifestations (...), évidemment demain il y a la possibilité d'organiser un rassemblement (...), mais cela est encadré pour éviter des débordements et des violences". La Ligue des droits de l'Homme a même assuré avoir "introduit un référé liberté contre l'interdiction de manifester ce samedi à Nantes" suite au décès de Steve. L'association assure que "se rassembler pacifiquement est un droit qui doit être respecté".

Le ministre est également revenu sur l'utilisation de gaz lacrymogènes par les forces de l'ordre, admettant qu'il y avait un "questionnement" sur leur usage. Lors de la nuit du 21 au 22 juin, à 04h00 du matin, une vingtaine de policiers s'étaient rendus sur le quai Wilson à Nantes pour faire respecter l'heure limite de diffusion de la musique. 

Des échauffourées avaient éclaté, des participants au sound-system ont raconté avoir été aveuglés par du gaz lacrymogène et certains avaient chuté dans la Loire. Autre signe que le dossier Steve continuait à faire des remous, les deux juges d'instruction de Nantes ont demandé à être dessaisis

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