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Propos antisémites et islamophobes à Aix-Marseille : "Les mots ont une puissance", dénonce une étudiante

Une professeure de la faculté de Droit d'Aix en Provence est accusée d'avoir tenu des propos antisémites et islamophobes. Certains étudiants ont dénoncé "un dérapage", en rappelant que "les mots ont une puissance".

Une classe dans une université (illustration).
Une classe dans une université (illustration). Crédit : AFP / Archives, CRÉDITMARC WATTRELOT
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Hugo Amelin édité par Florise Vaubien

Une plainte a été déposée par la Ligue des Droits de l’Homme et une enquête vient d’être ouverte pour "injures publiques en raison d’appartenance à des religions" à l'encontre d'une professeure expérimentée de la faculté de Droit d'Aix en Provence. Lors d’un cours par visioconférence le 27 octobre dernier, elle avait comparé l'islam et le judaïsme à des maladies sexuellement transmissibles.

"Un des plus grands problèmes avec l'Islam, et malheureusement ce n’est pas le seul, c’est qu’elle ne reconnaît pas la liberté de conscience. C’est terrifiant. (...) Si on naît d'un père musulman, on est musulman à vie. Vous me direz, le judaïsme, c'est pareil. Une sorte de MST, de RST : religion sexuellement transmissible". 

C'est cette déclaration, diffusée lors d’un cours de "théorie des conflits de loi" à des étudiants de 4ème année qui est au centre de la polémique. Le cours était enregistré, transmis par visioconférence et donc ces propos antisémites et islamophobes ont rapidement fait le tour du campus.

Des étudiants choqués par ce "dérapage"

Le journal en ligne Médiapart a révélé cette affaire mardi 8 décembre, diffusant dans une longue enquête l'extrait sonore où l'on entend cette professeure. Le cours avait lieu onze jours après l'assassinat de Samuel Paty. Certains élèves ont été choqués par ce "dérapage" comme Julie. 

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"Je ne peux pas croire qu’une personne si instruite n'arrive pas à se dire que des propos si forts puissent blesser. Les mots ont une puissance", estime la jeune femme. Et de renchérir : "On a tous la possibilité de ne pas diffuser des messages de haine, qui divisent et coupent les derniers liens qui nous lient. Je ne suis pas une rêveuse, je ne pense pas que les plaintes aboutiront, mais elles mettront en lumière ce que certains étudiants vivent et c’est déjà une petite victoire".
 
"À force de donner des cours par ordinateurs interposés, les professeurs ne se rendent peut-être plus compte qu'ils parlent à des centaines de personnes, qui ont une sensibilité. Ils laissent libre cours à leurs pensées". conclut-elle. 

Une phrase sortie de son contexte ?

Pourtant, de nombreux étudiants prennent la défense de cette professeure "féministe" qui partage ses opinions en classe mais laisse "la porte ouverte au débat d'idées". La phrase est "sortie de son contexte, maladroite mais on est loin d'une injure raciste" selon Sophie. À noter que tous ont voulu témoigner anonymement, car l'enseignante "bénéficie d'un statut" à la faculté. Elle fait passer des oraux et participe aux admissions dans certaines sections.

De son côté, la Direction de la faculté de Droit n’a pas voulu ébruiter l'affaire. Tout s'est passé en interne : la professeure a eu un rappel à l’ordre et une procédure disciplinaire a été lancée. Le fait que son nom soit révélé sur les réseaux sociaux ou dans la presse a aussi inquiété le principal syndicat étudiant, l'UNEF, craignant qu'elle puisse devenir une "cible".

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