1. Accueil
  2. Actu
  3. Justice et faits divers
  4. Omar Raddad : pourquoi l'affaire pourrait être totalement relancée
3 min de lecture

Omar Raddad : pourquoi l'affaire pourrait être totalement relancée

La commission d'instruction de la Cour de révision doit rendre un avis ce jeudi qui pourrait relancer l'affaire Omar Raddad, ce jardinier condamné pour la mort de Ghislaine Marchal.

Omar Raddad, le 25 novembre 2021
Omar Raddad, le 25 novembre 2021
Crédit : Alain JOCARD / AFP
Omar Raddad : pourquoi l'affaire pourrait être totalement relancée
00:03:54
Anne Le Henaff - édité par Nicolas Barreiro

Nouvelle étape ce jeudi 19 mai vers la possibilité d’une révision du procès d'Omar Raddad, condamné pour le meurtre de Ghislaine Marchal en 1991. La commission d'instruction de la Cour de révision va rendre son avis sur des traces ADN découvertes dans les lettres de sang qui accusaient le jardinier.

L'affaire Omar Raddad remonte à plus de 30 ans. à la fin du mois de juin 1991. Le 24 juin, le corps de Ghislaine Marchal, 65 ans, est retrouvé lardé de coups de couteau dans la cave de sa propriété de Mougins, sur les hauteurs de Cannes. André Lukézy, le correspondant de RTL dans la région à l'époque raconte : "Mais avant de mourir, la vieille dame semble avoir réussi à désigner son assassin. Avec son propre sang, elle a inscrit, avec un doigt sur un mur, 'c'est Omar qui m'a tuer".

Le jardinier Omar Raddad est très vite arrêté. Il nie les faits mais 3 ans plus tard, il est condamné : "Omar l'a tuée, telle est la conclusion des jurés des Alpes-Maritimes qui, après 7 heures de délibéré, ont condamné Omar Raddad, accusé du meurtre de Ghislaine Marchal, à 18 ans de réclusion criminelle". À l'époque, on ne peut pas faire appel d'un jugement d'Assises. Et le pourvoi en Cassation est rejeté. 

En 1996, Omar Raddad est gracié par Jacques Chirac.

La décision du président de la République de l'époque ne satisfait qu'à moitié son avocat de l'époque, Gérard Baudoux : " Pour nous, l'innocence d'Omar Raddad a toujours été une évidence. il s'agit d'une première étape, mais il faudra continuer notre effort pour trouver la vérité dans cette affaire, et faire éclater l'innocence d'Omar Raddad".

À lire aussi

Omar Raddad sort de prison, il est libre mais toujours coupable aux yeux de la loi. Et déterminé à prouver le contraire. En 2000, les traces de sang sont de nouveau analysées. Et là, coup de théâtre, on trouve de l'ADN masculin qui n'est pas celui d'Omar Raddad. La Cour de révision est saisie mais elle rejette la demande.

Les défenseurs d'Omar Raddad ne baissent pas les bras. C'est très long, mais les conditions de saisine de Cour de révision s'assouplissent. En 2016, un nouvel expert trouve quatre empreintes génétiques, de quatre hommes différents. Aucune des quatre n'est celle d'Omar Raddad. 

L'avocate du jardinier, Maître Sylvie Noachovitch dépose une nouvelle requête, 30 ans jour pour jour après le meurtre de Ghislaine Marchal : "L'un des ADN a été retrouvé sur la porte de la chaufferie, à 35 reprises, et uniquement sur et à proximité des lettres ensanglantées. Cet élément fondamental démontre que l'on ne peut que réviser ce procès". C'est là-dessus que la commission d'instruction va se prononcer ce jeudi 19 mai.

Une enquête oubliée par la justice

Depuis, il y a encore eu un coup de théâtre, tout récemment. Un livre, Ministère de l'injustice, dans lequel trois journalistes révèlent qu'une femme est allée voir les gendarmes en 2002 pour les mettre sur la piste d'un cambriolage qui aurait mal tourné

Elle désigne le propriétaire d'un restaurant et son entourage. Ghislaine Marchal y avait ses habitudes,  elle y parlait beaucoup de sa villa, de sa fortune et de son jardinier Omar Raddad. Mais cette enquête des gendarmes est passée aux oubliettes. Marc Leplongeon, l'un des auteurs du livre, invité de l'heure du Crime sur RTL en mars dernier indique : "Nous, on est là pour pointer un certain nombre de dysfonctionnements de l'institution judiciaire, quel que soit le résultat potentiel de cette enquête. C'est-à-dire que, peut-être les faits seront corroborés, peut-être qu'ils ne le seront pas, mais à partir du moment où il y en avait une, l'enquête aurait dû être versée à la cour de Cassation."

Ces éléments-là, Sylvie Noachovich, l'avocate d'Omar Raddad compte bien les présenter aussi tout à l'heure, devant la commission d'instruction. Cette dernière va recevoir ces nouvelles pièces, sur l'enquête de gendarmerie, et va se prononcer sur ces fameuses traces d'ADN. Soit elle rejette la requête, soit elle la transmet à la Cour de Révision.

Un nouveau chapitre dans ce feuilleton criminel passionnant, dans le combat du jardinier marocain, aujourd'hui sexagénaire, qui ne souhaite qu'une chose: démontrer son innocence.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/