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Une voiture de gendarmerie dans le village du Vernet (Alpes-de-Hautes-Provence), deux jours après la disparition du petit Émile, le 10 juillet 2023
Crédit : NICOLAS TUCAT / AFP
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C'est à l’issue d’un déplacement au Haut-Vernet que les grands-parents du petit Émile, disparu en juillet 2023 dans le hameau du Haut-Vernet et dont une partie du cadavre a été retrouvée en mars 2024, ont décidé de solliciter de nouvelles investigations. Plusieurs demandes d'actes d’investigations complémentaires ont été déposées auprès des juges d’instruction en charge de l'enquête, comme l'ont révélé BFM et Franceinfo.
Accompagnés de leurs avocats, dont Maître Pinelli, conseil de la grand-mère de l’enfant, ceux-ci ont arpenté l’ensemble du secteur, documents de procédure en main. Parties civiles dans le dossier, ils ont pu consulter les pièces de l’enquête et confronter ces éléments à la réalité du terrain.
"Nous avons pu constater les lieux qui avaient fait l’objet de fouilles et d’investigations, de perquisitions et également ceux qui ne l’avaient pas été", a expliqué Maître Pinelli au micro de RTL ce lundi 2 février. Le territoire, essentiellement rural, comprend de nombreux terrains agricoles, "des granges, des remises, des hangars mais aussi des bâtiments servant ou ayant servi d’habitation."
Au cœur de cette demande : plusieurs constructions qui, selon l’avocat, n’auraient jamais été investiguées. Il ne s’agirait pas de maisons habitées, mais de bâtiments agricoles ou de lieux "désaffectés", parfois à l’abandon. "Certains de ces bâtiments sont parmi les plus proches de l’endroit où les ossements du petit garçon ont été retrouvés", a souligné Maître Pinelli, évoquant également des lieux susceptibles d’avoir été squattés.
Pour la défense des grands-parents, ces espaces "méritent d’être investigués dans leur intégralité", au même titre que ceux déjà perquisitionnés lors des premières phases de l’enquête.
Cette demande de nouvelles fouilles s'appuie sur un élément central du dossier : les conclusions des expertises scientifiques. Les analyses ont en effet établi que le corps du petit Émile ne s’est pas décomposé à l’endroit où les ossements ont été découverts.
Les gendarmes et l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale l’avaient eux-mêmes indiqué : les ossements semblent avoir été déposés sur place. Une donnée qui a renforcé, selon les grands-parents et leurs avocats, la nécessité d’élargir le périmètre des investigations, notamment aux bâtiments restés jusqu’ici hors du champ des fouilles.
Invité de RTL Midi ce lundi 2 février, François Daoust, ancien directeur l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale, a affirmé la "possibilité" d'établir des liens, et de trouver deux endroits qui matchent tout en appelant à "la prudence". Ce dernier a rappelé la difficulté de savoir précisément ce qui a été "prélevé ou non par les enquêteurs", certaines opérations de terrain n’ayant pas fait l’objet de communication publique. "Une partie des travaux des techniciens ou des spécialistes ne sont pas forcément connus" a-t-il souligné.
François Daoust a également insisté sur la complexité du dossier : si l’on connaît la zone de disparition de l’enfant, le lieu où son corps a pu être entreposé demeure inconnu. Or, ce périmètre potentiel a largement dépassé les quelques bâtiments situés à proximité immédiate de l’endroit où les ossements ont été retrouvés. "Le corps entreposé, c’est beaucoup plus large que les deux ou trois bâtiments qu’il y a autour", a-t-il déclaré.
Pour autant, d’un point de vue scientifique, déterminer un lieu d’entreposage reste possible. Selon l’ancien directeur de l’IRCGN, le milieu dans lequel le corps a séjourné semble particulier et donc identifiable grâce à "l’étude des micro-organismes qui le composent". À cela s’ajoutent les effets mêmes de la "décomposition", avec les "fluides corporels" qui imprègnent et marquent durablement l’environnement immédiat.
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