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Mort d’Amadou Koumé en 2015 : trois policiers renvoyés devant le tribunal correctionnel

Jugés pour la mort d'Amadou Koumé en 2015 après une interpellation musclée, trois policiers ont été renvoyés devant le tribunal pour homicide involontaire.

Des policiers.
Des policiers.
Crédit : Thomas COEX / AFP
Thibault Nadal & AFP

Trois policiers ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel ce vendredi pour homicide involontaire dans l'affaire Amadou Koumé, cet homme décédé en 2015 après une clé d'étranglement. 

Dans l'ordonnance de renvoi consultée par l'AFP, la juge d'instruction relève "le manque de discernement" des fonctionnaires qui l'ont maintenu au sol pendant plus de six minutes sur le ventre, mains menottées dans le dos, dans un bar près de la gare du Nord alors qu'il "ne présentait plus aucun danger pour autrui".

Le décès de ce père de famille, alors manifestement sous l'emprise d'une crise psychotique, avait été constaté au commissariat où il avait été conduit, dans la nuit du 5 au 6 mars 2015. L'expertise médicale finale a conclu que Amadou Koumé, 33 ans, avait succombé à un "œdème pulmonaire" causé par "l'association d'une asphyxie mécanique lente et d'une intoxication à la cocaïne"

Elle ajoutait que "le traumatisme cervical et laryngé" entraîné par une clé d'étranglement avait "participé à la survenue de cette asphyxie", également "favorisée" par son immobilisation au sol. Selon l'ordonnance de renvoi rendue le mardi 2 novembre, "le décès aurait pu avoir lieu sans imprégnation de cocaïne et du seul fait d'une asphyxie mécanique lente".

Le policier qui a tué Amadou Koumé échappe aux assises

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Pour rappel, après qu'un premier policier n'a pas réussi à maitriser Amadou Koumé, un policier de la BAC était intervenu et avait alors procédé à une clé d'étranglement de quelques dizaines de secondes. Il avait ensuite reçu un coup de menotte et repris l'étranglement pendant deux minutes.

Ce fonctionnaire a qualifié devant la juge son geste de simple "levée de tête", consistant à presser le menton et non la gorge de la victime, maintenu au sol sur le ventre par un autre policier.

Mis en examen pour la qualification criminelle de "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner", l'agent ayant effectué la clé d'étranglement échappe aux assises. Si elle reconnaît des gestes "mal maitrisés", la juge a conclu que les violences, pratiquées sans l'intention de blesser, n'avaient pas été commises de manière illégitime".

Le policier déjà sanctionné en 2015

La magistrate reproche en revanche aux trois policiers de ne jamais avoir vérifié l'état de santé d'Amadou Koumé, "malgré sa vulnérabilité psychiatrique". Elle les estime responsables de "manquements" qui ont conduit au décès, justifiant leur procès pour "homicide involontaire". Les poursuites pour non-assistance à personne en péril sont abandonnées.

En novembre 2015, l'enquête préliminaire menée par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) s'était conclue par un classement sans suite. Mais un recours de la famille, qui réclamait un procès aux assises, avait entraîné la réouverture des investigations.

Le policier auteur de l'étranglement avait déjà été sanctionné en 2015 pour usage disproportionné de la force dans une autre affaire.

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