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Mort d'Adama Traoré : sa sœur Assa porte plainte contre une juge d'instruction

La sœur du jeune homme mort en 2016 lors d'une interpellation par les gendarmes accuse la magistrate de dissimulation de preuves et d'escroquerie au jugement.

Assa Traoré le 28 juin 2020 à Paris.
Assa Traoré le 28 juin 2020 à Paris.
Crédit : Bertrand GUAY / AFP
Thomas Prouteau

Les récentes décisions judiciaires d’une des juges d’instruction en charge du dossier Adama Traoré ont provoqué la colère de sa sœur Assa Traoré qui a porté plainte, lundi 28 septembre, pour "dissimulation de preuves, faux en écriture, et escroquerie au jugement". Une procédure qui fait suite à deux développements récents du dossier d’instruction, conduit notamment par la magistrate parisienne visée par la plainte, Françoise Folzter. 

En juillet 2020, la famille d’Adama Traoré avait d’abord demandé et obtenu que soient recherchés et versés au dossier tous les documents liés aux rapports entre le jeune homme et un des gendarmes interpellateurs dans les mois avant son décès. Ce gendarme avait en effet déclaré sur procès-verbal avoir "interpellé plusieurs fois" Adama Traoré au cours de sa carrière et que, à chaque fois, cela s’était "toujours mal passé car il y a toujours eu une opposition violente de cet individu". 

Or, le 27 mai 2021, l’Inspection générale de la gendarmerie a répondu à la juge n’avoir trouvé trace "d’aucune interaction" entre le jeune homme et le gendarme. Dans sa plainte déposée par leur conseil Me Yassine Bouzrou et consultée par RTL, la famille Traoré estime "inimaginable que des gendarmes aient été victimes de violences outrage et rébellion… sans jamais déposer plainte", et suspecte donc une dissimulation ou la juge serait "complice" selon les termes de l’avocat.

Un dossier médical qui n'"existe pas" ?

L’autre développement visé la plainte trouve racine dans un complément d’expertise demandé par la juge Françoise Foltzer à un collège de spécialistes belges qui avait rendu un premier rapport en janvier 2021. Les experts belges ouvraient alors la porte à une possible responsabilité des gendarmes en concluant qu'au moment de son interpellation et de son menottage au sol, Adama Traoré se trouvait dans une situation "d’hypoxie sérieuse" (en manque d'oxygène, ndlr) et que "sans l’application de ces manœuvres de contrainte, on peut penser que monsieur Traoré n’aurait pas présenté l’évolution dramatique constatée ensuite". 

Depuis, un document médical a été exhumé par les enquêteurs, lié à un arrêt de travail d’Adama Traoré avant 2016 et qui serait susceptible de modifier leurs conclusions en raison de possibles pathologies anciennes. La juge a du coup demandé à l’équipe belge de prendre en compte ces éléments et de faire un complément d’expertise. Mais les documents concernés ont été placés sous scellés. Et le 17 septembre dernier, la magistrate a refusé par ordonnance d’en ouvrir l’accès à la partie civile selon la plainte d’Assa Traoré, qui considère donc qu'"aucune vérification sur ce dossier médical n’est ainsi possible" et soulève l’hypothèse qu’il "n’existe pas". 

Il y a une tentative d’instrumentalisation d’un fonctionnement normal de la justice

Me Rodolphe Bosselut, l'un des avocats des 3 gendarmes impliqués

Un des avocats des trois gendarmes impliqués, Rodolphe Bosselut, interrogé par RTL, dit ne pas comprendre la démarche d’Assa Traoré car selon lui, "de façon très classique, les dossiers médicaux ne peuvent pas être portés à la connaissance des parties en raison du secret médical absolu. Ils ne peuvent donc être lus que par les médecins. Une fois encore, il y a une tentative d’instrumentalisation d’un fonctionnement normal de la justice".

Un argument que conteste Me Yassine Bouzrou, l’avocat de la famille Traoré, qui estime que "la manifestation de la vérité est supérieure au secret médical et que par ailleurs, il s’agit d’un arrêt de travail qui n’a pas la valeur de dossier médical". Selon lui, "la justice dissimule des éléments afin d’éviter que les parties civiles puisse avoir accès à la base de travail des médecins".


L’affaire Adama Traoré est devenue emblématique de la dénonciation des violences policières en France. Contacté par RTL, le parquet de Paris n’a fait aucun commentaire sur la plainte déposée par Assa Traoré.

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