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Marie-Laure Brunel-Dupin, profileuse pour la gendarmerie, invitée du 20.10 d'Anne-Sophie Lapix, le 3 mai 2026
Crédit : M6
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Marie-Laure Brunel-Dupin est analyste comportementale dans la gendarmerie, un métier souvent résumé par le terme de profileuse. Invitée du 20.10 ce dimanche 3 mai, elle explique intervenir sur des crimes sanglants, des crimes sexuels ou des dossiers complexes, quand il faut comprendre la psychologie d'un suspect pour faire avancer l'enquête.
Elle insiste sur un point : il n'existe pas d'indice unique capable d'expliquer un passage à l'acte. Tout repose sur un ensemble d'éléments à croiser. Elle décrit aussi son rôle dans la préparation des interrogatoires. Pour Michel Fourniret, dossier sur lequel elle a travaillé, l'enjeu était de créer immédiatement un rapport de force et de confiance, afin d'obtenir une parole exploitable.
Il lui fallait quelqu'un, un adversaire à sa taille, et qu'il respecte pour pouvoir confier ça.
Marie-Laure Brunel-Dupin, profileuse
"C'était un enjeu et une préparation qui étaient vraiment dantesques, puisqu'il fallait essayer en peu de temps, par un interrogatoire, d'établir un lien de confiance parce que Michel Fourniret estime qu'il faut mériter ses aveux. Il lui fallait quelqu'un, un adversaire à sa taille, et qu'il respecte pour pouvoir confier ça", explique-t-elle au micro d'Anne-Sophie Lapix. C'est pourquoi la juge s'est présentée à lui pendant l'interrogatoire comme le doyen des juges d'instruction. Une présentation inhabituelle mais qui représentait une "marque de reconnaissance et d'adversaire à sa hauteur".
De toutes les affaires sur lesquelles elle a pu travailler, Marie-Laure Brunel-Dupin confie que le couple Fourniret est le dossier qui lui a demandé le plus de préparation. "L'enjeu était très important. Il a fallu travailler sur tous ces interrogatoires du passé pour mettre en place une stratégie qui ne devait pas rater. Et puis Michel Fourniret était âgé, donc quand on a commencé, il fallait aller vite aussi, il y avait ce contre-la-montre", indique-t-elle.
De ces interrogatoires, la profileuse se souvient notamment des mains du tueur en série, condamné en 2008 à la réclusion criminelle à perpétuité pour cinq meurtres et deux assassinats de jeunes filles. "Il a des mains immenses, qui sont choquantes tellement elles sont disproportionnées. Et quand on sait tout ce qu'il a fait avec, ça donne une connotation qui met vraiment mal à l'aise", se remémore-t-elle.
Mais à certains moments, l'image de tueur en série laissait place à celle d'un "vieux papy, comme on pourrait en croiser d'autres". Un constat "assez déroutant", indique la gendarme.
Michel Fourniret est mort en 2021. Au total, il a avoué onze meurtres mais il est suspecté dans 21 autres affaires de disparition de jeunes filles. Il est notamment soupçonné d'avoir tué Lydie Logé, disparue en 1993 et dont le corps n'a jamais été retrouvé. En janvier 2025, selon les informations de RTL, Monique Olivier, l'ex-femme de Michel Fourniret, a reconnu son implication dans l'enlèvement de la jeune femme. L'ADN de Lydie Logé avait été retrouvé dans le véhicule du tueur en série. En 2019, ce dernier avait fait des quasi-aveux à sa manière : "Je ne vois pas qui d'autre que moi a pu lui ôter la vie".
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