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Isabelle, rescapée d'un féminicide : "J'étais démunie, je ne savais pas quoi faire"

PODCAST - Dans "Les Voix du Crime", Isabelle se confie sur les mois de solitude qui ont précédé la tentative de féminicide de la part de son ex-conjoint.

Isabelle tente de se reconstruire après une tentative de féminicide.
Isabelle tente de se reconstruire après une tentative de féminicide.
Crédit : Collection privée
Thomas Prouteau

Après plusieurs années de vie commune, Isabelle se sépare de son compagnon. Alors qu'elle aspire a passer une vie tranquille aux côtés de ses filles, son existence vire au cauchemar. Son ex-compagnon commence à la harceler et à la menacer.

Isabelle a peur pour sa vie et décide donc de porter plainte. "J’ai été au commissariat faire cette plainte, le premier agent n’a pas aidé à prendre conscience de mon statut de victime. Ça a été mécanique, j’en ai un souvenir pas très bon où j’avais l'impression d’être la fautive et qu’il ne s’était rien passé", explique Isabelle dans cet épisode des Voix du Crime. Son ex-compagnon est mis en garde à vue pendant plusieurs jours. Pourtant, ses plaintes restent classées suite.

Pour trouver de l'aide, Isabelle a prend donc contact avec une association d'aide aux victimes, où elle trouve un peu de soutien. "Le fait de s'exprimer, d'essayer de décrire un petit peu les choses, de montrer un petit peu la façon dont j'étais démunie, que je ne savais pas quoi faire, comment réagir... Cela a beaucoup aidé", détaille Isabelle.

Une ordonnance de protection est mise en place mais Isabelle se sent désespérément seule face à son agresseur. Quand un matin, elle l'aperçoit devant chez elle, Isabelle appelle la police mais aucun policier ne se présente.

C'est impossible d'avoir des réflexes corrects

Isabelle, rescapée de féminicide
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Pourtant le lendemain même, son ex-compagnon l'attend devant son appartement avec une arme. Il lui tire dessus à deux reprises. Isabelle hurle et s'effondre. " J'étais consciente tout le long, jusqu'à ce qu'on me transporte à l'hôpital, jusqu'au scanner, jusqu'à ce qu'ils me donnent des anesthésiants, antidouleurs. Jusqu'au bout. ", raconte cette rescapée.

Isabelle apprendra plus tard que le jour de son agression elle aurait dû recevoir un téléphone grave danger, un téléphone équipé d'une touche qui alerte immédiatement un service d'assistance. "Je ne pense pas que ça l'aurait empêché de tirer. Quand vous êtes face à quelqu'un dont vous avez peur, avec ce sentiment de traque, comme je vous ai décrit, c'est impossible d'avoir des réflexes corrects et même de penser", analyse Isabelle.

Pour cette rescapée, la protection des victimes passe avant tout par les moyens humains qu'il faut déployer. La formation et la coordination des équipes pourraient changer la donne dans la prise en charge des victimes.

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>> Les Voix du crime sont avocats ou avocates, enquêteurs ou enquêtrices, proches de victimes, de suspects ou de coupables. Ces témoins-clefs se confient au micro de Diane DouzilléJérôme Florin et Jean-Alphonse Richard. Des témoignages inédits, qui apportent un éclairage nouveau sur la justice et les grandes affaires criminelles d’aujourd’hui.


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