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Incendie de Crans-Montana : ce que l'on sait sur les 4 nouvelles personnes visées par l'enquête

L’enquête sur l’incendie de Crans-Montana, qui a fait 41 morts lors de la nuit du Nouvel An, s’élargit à deux nouveaux responsables municipaux et deux anciens élus. Au total, 13 personnes sont désormais visées par l’instruction pénale, sur fond de défaillances présumées dans les contrôles de sécurité du bar.

Des bougies et des fleurs déposées à l'entrée du bar "Le Constellation", dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux MDF et scellées par la police, à Crans-Montana, le 8 février 2026.

Crédit : Maxime SCHMID / AFP

Comment sont soignés les grands brûlés de Crans-Montana

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AFP & Athénaïs Cornette de Saint Cyr

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Quatre responsables et ex-responsables municipaux sont visés par l'enquête sur l'incendie d'un bar dans la station suisse de Crans-Montana, qui a fait 41 morts et 115 blessés la nuit du Nouvel An, a appris jeudi 16 avril 2026 l'Agence France Presse. Ces nouvelles mises en cause, révélées par l'agence de presse Keystone-ATS au lendemain d'une troisième série d'auditions, portent à 13 le nombre des personnes visées par l'instruction pénale, a confirmé le ministère public du Valais (ouest de la Suisse).

L'actuel conseiller communal chargé de la sécurité de Crans-Montana, l'adjoint au chef de service de la sécurité publique, ainsi qu'un ex-conseiller municipal chargé de la sécurité (entre 2013-2016) et l'ancien président de la commune voisine de Chermignon (2009-2016) seront auditionnés entre le 11 mai et le 3 juin, selon des sources proches du dossier.

Le maire de la commune visé par l'enquête

Le principal mis en cause dans l'enquête, Jacques Moretti, un Français co-propriétaire avec son épouse Jessica Moretti du bar Le Constellation, doit être de nouveau entendu le 5 juin, selon les mêmes sources. Sa dernière audition, programmée pour le 7 avril, avait été reportée après le dépôt de certificats médicaux par ses avocats.

"Il faut saluer l'avancement de l'enquête et le rythme soutenu des auditions menées. Nous avançons et, pour les familles, c'est plus que précieux", a réagi auprès de l'AFP Me Romain Jordan, un avocat des parties civiles.

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Ces annonces font suite à une série de nouvelles auditions menées ces deux dernières semaines auprès d'actuels ou anciens dirigeants de Crans-Montana, parmi lesquels figure le maire actuel Nicolas Féraud, la commune ayant admis un manque de vérifications de sécurité et d'incendie dans le bar depuis 2019. Ces vérifications sont censées être effectuées tous les ans. Lundi 13 avril, M. Féraud avait écarté toute responsabilité de sa part en affirmant devant les magistrats ne pas avoir été alerté de ces manquements. Il affirme également avoir donné les moyens nécessaires à ses services pour assurer ces contrôles. 

38 patients sont toujours hospitalisés

Le drame a fait 41 morts et 115 blessés, principalement des adolescents et de jeunes adultes, dont de nombreux étrangers, en particulier des Italiens et des Français. Selon les derniers chiffres fournis par l'Office fédéral de la protection civile, 38 patients sont toujours hospitalisés ou en centre de réadaptation, dont la moitié à l'étranger. Les premiers éléments de l'enquête font apparaître que l'incendie a été déclenché par les étincelles de bougies fontaines qui ont enflammé une mousse acoustique au plafond du sous-sol du bar.

Dans un communiqué diffusé jeudi, le ministère public a par ailleurs annoncé le rejet par son bureau d'une requête de Me Garen Ucari, l'avocat de la famille d'une victime, réclamant la nomination d'un ou plusieurs procureurs extraordinaires hors du canton pour instruire le dossier. Reconnaissant la dimension "extraordinaire", "internationale", "médiatique" de ce drame "pour lequel la responsabilité pénale d'élus et d'employés de l'administration cantonale ou communale peut être mise en cause", le bureau a toutefois considéré que les magistrates du canton s'étaient "donné les moyens de garantir le traitement efficace de la procédure".

Le 8 avril, la chambre pénale du tribunal cantonal avait déjà rejeté une requête du même avocat réclamant la récusation du pool de procureurs chargés de l'enquête, à qui il reprochait "un nombre inédit de graves manquements" tels que l'absence de mesure anticollusion contre les mis en cause et la lenteur des saisies et perquisitions.

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