2 min de lecture Incendie à Notre-Dame

Incendie à Notre-Dame : pourquoi les dons pourraient coûter cher à l'État

ÉCLAIRAGE - Les dons faits par les entreprises pour financer la reconstruction de la cathédrale bénéficient d'une réduction d'impôts. Un trou dans le budget de l'État.

La cathédrale Notre-Dame de Paris au lendemain de l'incendie du 15 avril 2019
La cathédrale Notre-Dame de Paris au lendemain de l'incendie du 15 avril 2019 Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Camille Schmitt
Camille Schmitt
Journaliste

Les dons se sont multipliés pour aider à la reconstruction de Notre-Dame de Paris, après l'incendie qui a détruit en partie la cathédrale, lundi 15 avril. Mais pour plusieurs membres de l'opposition, c'est l'État qui va payer la facture.

D'après Gilles Carrez, député Les Républicains du Val-de-Marne dans Le Monde, "sur près de 700 millions d’euros [de dons annoncés mardi 16 avril ndlr], environ 420 millions seront financés par l’État, au titre du budget 2020". Pourquoi ? 

La fiscalité française encourage largement le mécénat avec des avantages fiscaux. Les dons faits par les entreprises pour le financement de la reconstruction de Notre-Dame de Paris s'apparentent bien à du mécénat, ils vont ainsi pouvoir bénéficier d'une déduction d'impôt de 60%. C'est-à-dire qu'en réalité, les entreprises ne contribuent qu'à hauteur de 40% de leur geste. Le reste est assuré par l'État. 

Impact sur les finances publiques

Les "420 millions d'euros" avancés par Gilles Carrez correspondent à la part que l'État va devoir payer sur les dons annoncés entre autres par les familles Pinault (100 millions d'euros), Arnault (200 millions d'euros), Bettencourt-Meyers (200 millions d'euros), ou encore le groupe Total (100 millions d'euros). 

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Les dons ont donc un impact direct sur les finances publiques, puisque les montants payés par l'État dans le cadre de ces dons vont devoir être pris en compte sur le prochain budget du gouvernement. C'est pourquoi à l'automne dernier, la Cour des compte avait appelé à "mieux encadrer" le mécénat. Mais pour certains, il vaut mieux avoir des dons que de ne rien avoir du tout : autrement, l'État devrait financer à 100% la reconstruction. 

Pinault renonce à la réduction d'impôts

Quoiqu'il en soit, la famille Pinault a dores et déjà annoncé dans un communiqué qu'elle ne ferait "pas valoir l'avantage fiscal" auquel elle pouvait prétendre. "La famille Pinault considère en effet qu'il n'est pas question d'en faire porter la charge aux contribuables français", indique François-Henri Pinault. 

De son côté, l'ancien ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon a appelé à ce que Notre-Dame de Paris devienne un "trésor national", afin d'encourager l'afflux de dons. Car avec ce statut, la réduction fiscale sur les dons monte jusqu'à 90%. Au risque de créer un trou encore plus grand dans les finances de l'État.

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