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4 min de lecture
Un portrait de Quentin Deranque porté par des manifestants à Lille
Crédit : Armand Gesquière / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Les faits remontent au jeudi 12 février. En fin d’après-midi, une première altercation éclate vers 17h30, impliquant des militantes du collectif identitaire d'extrême droite Némésis. Une seconde survient vers 18 heures. Quentin Deranque aurait alors été "jeté au sol, puis frappé à de très nombreuses reprises", selon le procureur de Lyon.
Le jeune homme de 23 ans décède samedi 14 février des suites "des coups portés par au moins six individus masqués et cagoulés". Initialement ouverte pour violences aggravées, l’enquête a été requalifiée en "homicide volontaire". Mercredi 18 février, au moins onze personnes ont été interpellées.
Invité de RTL ce jeudi 19 février, Maître Fabien Rajon, l’avocat des parents de Quentin Deranque s’est exprimé pour la première fois depuis ces interpellations de cette semaine.
Interrogé sur l’état des parents du jeune homme, il confie : "Je dirais qu’ils vivent une épreuve qui est terrible, mais j’ai des clients qui forcent l’admiration." Il précise qu’ils sont "animés d’une foi profonde (…) une foi catholique" qui leur est "d’un profond recours".
Selon lui, ils font face "avec énormément de dignité, mais aussi avec détermination". Leur priorité est claire : "Que le processus judiciaire arrive à son terme et que les assassins, les meurtriers, de Quentin soient d’une part interpellés, mis en examen et ensuite jugés."
Deuxième exigence : protéger l’image de leur fils. "Ils sont très vigilants (…) pour que la mémoire de leur enfant, la mémoire de Quentin, ne soit pas salie". Et d’ajouter : "J’y veillerai personnellement."
L’avocat évoque déjà d’éventuelles actions judiciaires : "Il existe un délit d’apologie de crime (…) puni de 5 ans d’emprisonnement, de 45.000 euros d’amende et j’ai reçu pour instruction de déposer plainte lorsque cela sera nécessaire."
Il vise notamment "des commentaires" sur les réseaux sociaux mais aussi "des vidéos (…) qui très clairement atteignent à la mémoire, à l’intégrité morale de Quentin et de sa famille." Il insiste : "Nous allons entamer des actions en ce sens."
Face aux accusations selon lesquelles Quentin Deranque aurait été un militant violent, l'avocat réfute fermement : "Ce n’était pas un gros bras d’extrême droite. Très clairement." Il étaye ces faits avec le fait que Quentin n’avait "pas d’antécédent judiciaire, il n’avait pas de casier judiciaire".
Étudiant en mathématiques à l’université Lyon 2, il était selon lui "quelqu’un qui détestait les conflits", "un étudiant studieux", "pas un perturbateur, pas un provocateur". Il précise aussi sa corpulence : "Quentin faisait 1m72, 63 kilos. Ce n’était pas quelqu’un qui était habitué de la violence."
Sur sa présence sur les lieux le soir du drame, l’avocat avance : "On peut même se poser la question de savoir son niveau d’information à ce moment-là." Il affirme par ailleurs que des éléments du dossier "accréditent plutôt la thèse inverse" d’une participation active aux heurts.
Le cœur de l'intervention de l'avocat porte sur la qualification des faits. "Il s’agit d’un guet-apens", martèle-t-il. "Un groupe organisé, préparé, qui est tombé de manière foudroyante avec l’intention de tuer sur Quentin et ses amis."
"Des gens qui étaient préparés, qui étaient par ailleurs préparés au combat" selon l'avocat. Il évoque, parmi eux, la présence de "complices", d’"individus qui effectuaient des repérages", de personnes utilisant "des messageries cryptées" et même de "spotters (…) avec des scooters qui vont tourner un petit peu dans le quartier pour essayer de repérer des personnes qui seraient isolées".
Selon lui, "on ne parle pas d’une rixe qui aurait mal tourné". La famille a d’ailleurs déposé plainte dès lundi 16 février pour "meurtre en bande organisée". Il souligne que le procureur a finalement retenu la qualification de meurtre, rejoignant ainsi "la position de la famille".
"Il s’agit bel et bien d’une affaire de meurtre qui suppose une intention", insiste-t-il.
Parmi les personnes interpellées figure Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault. Interrogé sur une éventuelle responsabilité politique plus large, notamment du parti de gauche, l’avocat se montre prudent.
"Ce n’est pas la priorité de la famille." Il n’exclut pas d’éventuelles suites si des "éléments objectifs" venaient à caractériser une complicité, rappelant que la complicité suppose "l’aide ou l’assistance". Mais il prévient : "On n’en est pas là."
Les parents, eux, "dénoncent toute forme d’appel à la violence, toute forme de violence politique" et "appellent au calme et à la retenue", rapporte leur avocat.
Ils ne participeront pas au rassemblement prévu samedi 21 février à Lyon pour demander justice pour leur fils. "Cette marche n’est pas à leur initiative", précise l’avocat. Et si certains souhaitent s’y rendre, il demande qu’ils le fassent "dans le calme, dans la retenue et sans expression politique".
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