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L'hémicycle de l'Assemblée nationale (image d'illustration)
Crédit : Serge Tenani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Jeudi 12 février au soir, en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon, un jeune militant identitaire de 23 ans, Quentin Deranque, a été violemment agressé. Il est décédé samedi 14 février en raison "des coups portés par au moins six individus masqués et cagoulés", a indiqué le procureur de Lyon lors d'une conférence de presse lundi 16 février.
L’enquête a été requalifiée en "homicide volontaire" et la police a entendu "plus d’une quinzaine de témoins" et exploité des vidéos. "L’enquête cherche à identifier l’ensemble des auteurs directs des faits criminels", a insisté le magistrat, refusant de se prononcer sur l’appartenance des agresseurs tant que des interpellations n’avaient pas eu lieu.
Le récit du procureur fait état d’une première altercation vers 17h30 impliquant des militantes du collectif identitaire Némésis, puis d’une seconde, vers 18h00, au cours de laquelle Quentin Deranque aurait été "jeté au sol, puis frappé à de très nombreuses reprises".
Ce mardi 17 février, au moins neufs personnes ont été interpellés dans le cadre de l'enquête, dont Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, a indiqué à l’AFP le procureur, confirmant une information de BFMTV.
Son nom avait déjà été mentionné par le collectif d'extrême droite identitaire se réclamant du féminisme Némésis et relayé dans certains témoignages notamment des militants du collectif (connu pour leur discours xénophobe, raciste, anti-islam, anti-immigration et anti-trans). La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, avait dans ce sens annoncé lundi 16 février suspendre "à titre conservatoire" ses droits d’accès au Palais Bourbon. "À la suite du décès de Quentin à Lyon et au regard de témoignages mentionnant M. Jacques-Elie Favrot (…) j’ai décidé (…) de suspendre ses droits d’accès à l’enceinte de l’Assemblée nationale", avait-t-elle écrit sur X.
La veille, le dimanche 15 février, par la voix de son avocat, Me Bertrand Sayn, Jacques-Elie Favrot avait "démenti formellement être responsable de ce drame" et indiqué se "tenir à la disposition de la justice", toujours selon l’AFP. Il s’était retiré de ses fonctions "le temps de l’enquête".
Ce mardi 17 février, vers 21 heures, après l'annonce des interpellations, Raphaël Arnault a annoncé sur X avoir engagé la procédure pour "mettre fin" à son contrat. "Mon collaborateur Jacques-Elie Favrot a cessé toutes ses activités parlementaires (…) À l’enquête désormais de déterminer les responsabilités", a-t-il écrit, cité par l’AFP.
Selon Le Figaro, il se trouvait devant Sciences Po Lyon le soir des faits et ferait partie de la vingtaine de militants d’ultragauche ayant pris à partie les jeunes hommes venus soutenir Némésis.
Avant que son nom n’apparaisse dans cette affaire, Jacques-Elie Favrot était peu connu du grand public. D’après 20 Minutes, il est issu d’une famille d’agriculteurs d’une commune de 6.000 habitants au nord de Lyon et a joué jusqu’en 2019 dans l’équipe de football locale, au poste de défenseur.
Selon Sud Radio et 20 Minutes, Jacques-Elie Favrot est titulaire d’un Master 2 de sciences politiques à Saint-Étienne. Il a été désigné assistant parlementaire en 2024, alors qu'il était encore étudiant en dernière année de master. Selon Sud Radio, il a milité dans l'organisation la "Jeune Garde Lyon antifasciste", fondée à Lyon en 2018 par Raphaël Arnault, mouvement dissous en Conseil des ministres le 12 juin 2025. Le député du Vaucluse a, de son côté, été condamné définitivement en décembre dernier pour des violences volontaires en réunion commises en 2022.
Il faisait également partie de l'OSE CGT, syndicat étudiant affilié à la CGT. Des personnes l’ayant côtoyé le décrivent comme "méthodique" et "travailleur", "plus à l’aise dans la préparation de dossiers que dans la prise de parole publique", a rapporté Sud Radio. Surnommé "Jef", il posséderait plusieurs comptes sur les réseaux sociaux sans y être actif, a observé 20 Minutes.
Des médias d’extrême droite comme Frontières ou l’Observatoire des violences politiques ont évoqué des faits de violences auxquels il aurait été mêlé, plaintes caviardées à l’appui. À ce stade, et selon les éléments disponibles, il n’a pas été condamné pour de tels faits.
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