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Un bâtiment de l'Institut d'études politiques de Lyon, en février 2024
Crédit : Thibaut Durand / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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À Lyon, une altercation entre militants identitaires et antifascistes, jeudi 12 février, a laissé un jeune homme de 23 ans, affilié au collectif Némésis, dans un état critique.
Le parquet de Lyon a annoncé l’ouverture d’une enquête pour "violences aggravées". Les investigations ont été confiées à la direction interrégionale de la police. "À ce stade, le contexte et les circonstances de ces faits doivent être déterminés", a précisé le parquet dans un communiqué.
Selon le collectif Némésis, le jeune homme, présent pour assurer la sécurité de militantes protestant contre une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan, a été grièvement blessé par des militants antifascistes. Le maire de Lyon et plusieurs figures politiques, dont le ministre de l’Enseignement supérieur, ont fermement condamné ces violences.
Les faits se sont déroulés aux abords de l’IEP de Lyon, alors qu’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan était organisée. Selon le collectif identitaire Némésis, proche de l’extrême droite, ses militantes manifestaient devant l’établissement et la victime, Quentin, faisait partie du service d’ordre chargé d’assurer leur sécurité.
Le collectif affirme que ses membres auraient été pris à partie par des militants d’extrême gauche et évoque un "lynchage" d’"une extrême violence".
D’après une source proche de l’enquête, des échauffourées et une rixe ont effectivement opposé des militants d’extrême droite et d’extrême gauche sur le campus de l’Université Lyon 2 et à proximité de l’IEP, des affrontements qui, selon cette source, surviennent "très régulièrement" dans ce secteur. Les forces de l’ordre seraient intervenues une première fois, conduisant à la dispersion des protagonistes.
Plus tard, à plus d’un kilomètre des premiers heurts, les secours ont été appelés pour deux blessés. Quentin, âgé de 23 ans, a été retrouvé "très grièvement blessé" et hospitalisé avec un pronostic vital engagé. Selon d’autres sources proches de l’enquête, il souffrirait de graves traumatismes crâniens.
Une première source avait évoqué des coups de couteau, information qui n’a pas été confirmée à ce stade. Son avocat, Me Fabien Rajon, affirme que son client aurait été "passé à tabac par une dizaine d’individus" et conteste la thèse d’une simple rixe entre groupes rivaux, évoquant plutôt un "lynchage gratuit" perpétré par des individus "en surnombre et armés".
Le jeune militant affilié au collectif identitaire Némésis est dans "un état désespéré" a indiqué l'avocat représentant le jeune homme et sa famille dans un communiqué.
Selon des sources proches de l’enquête, les affrontements entre militants d’extrême droite et antifascistes sont fréquents dans le secteur du campus de Lyon 2. Alice Cordier, présidente de Némésis, a accusé des membres de la Jeune Garde, collectif antifasciste dissous par le gouvernement en juin 2025 pour "agissements violents" répétés, d’être impliqués dans l’agression. Le même jour, un groupuscule d’extrême droite lyonnais avait également été dissous pour des motifs similaires.
À ce stade, aucune mise en cause officielle n’a été annoncée et les enquêteurs cherchent à établir précisément le déroulement des faits, les responsabilités éventuelles et les circonstances exactes de l’agression.
L’affaire a suscité de nombreuses réactions, notamment à l’extrême droite. Marine Le Pen a appelé à considérer comme "terroristes" les "milices d’extrême gauche", tandis que Jordan Bardella a demandé une "mobilisation de l’ensemble de la classe politique".
De son côté, le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste a dénoncé sur la plateforme X une "violence insupportable" et une "folie furieuse", appelant les dirigeants des établissements d’enseignement supérieur à une vigilance accrue. "Un jeune homme est entre la vie et la mort, c’est terrible !", a-t-il ajouté.
L’eurodéputée Rima Hassan a "fermement" condamné l’agression, se disant "effarée" par les faits et rappelant qu’"aucune personne ne doit perdre la vie pour ses idées". Le député Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, a également condamné "avec la plus grande fermeté toute violence physique", assurant qu’aucun membre de l’équipe de la conférence n’avait eu de contact avec les groupes impliqués.
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