3 min de lecture Justice

Gabin, mort de faim à 22 mois : ses parents de retour devant le tribunal

Comparaissant pour "privation de soins et d'aliments suivie de mort d'un mineur de 15 ans", les parents de Gabin, mort de dénutrition à 22 mois, avaient été condamnés en 2019 à 17 ans de réclusion criminelle.

La Justice (illustration)
La Justice (illustration) Crédit : LOIC VENANCE / AFP
signature paul turban
Paul Turban Journaliste

De ce mardi 15 septembre au vendredi 18, Édouard Ruaud et Céline Vialette sont de retour devant les tribunaux. Tous deux sont les parents du petit Gabin, 22 mois, mort de dénutrition et de déshydratation en 2013. Ils sont accusés de "privation de soins et d'aliments suivie de mort d'un mineur de 15 ans". 

En novembre 2019, les parents de Gabin ont été condamnés à 17 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de la Creuse, à Guéret. "Une peine significative au regard de la gravité des faits et des conséquences qu'ils ont entraînées", avait commenté la présidente de la cour d'assises, Colette Lajoie. La cour d'assises d'appel de Limoges (Haute-Vienne) va désormais devoir se prononcer. 

En première instance, l'avocat général Bruno Sauvage avait résumé la triste affaire en trois mots : "oubli, calvaire, souffrance". Le 25 avril 2013, "Gabin pesait 8,550 kg. Six semaines plus tard, quand il est mort" aux urgences, "il ne pesait plus que 5,825 kg. Il a perdu 32% de son poids. C'est le poids qu'il faisait à trois mois", a-t-il détaillé dans son réquisitoire. 

On pouvait lui compter les côtes.

L'avocat général Bruno Sauvage, lors du procès des parents de Gabin à la cour d'assises de Guéret (Creuse).
Partager la citation

Bruno Sauvage avait rappelé à l'époque les conclusions de l'autopsie. Gabin "est mort de dénutrition et de déshydratation aboutissant à une cachexie, c'est-à-dire qu'il n'avait que la peau sur les os, sans masse graisseuse", avait-il expliqué. 

"Sur le constat de sa mort, on peut lire que Gabin était d'une saleté extrême, avait-il ajouté. Il sentait l'urine. Il avait le bout de la verge nécrosée. Il était d'une maigreur extrême, on pouvait lui compter les côtes." Lors de ce procès en premier instance, les experts avaient décrit à la barre une "situation de négligences et de carences extrêmement sévères" comme causes de la mort. 

Ils n'avaient pas conscience de leur dysfonctionnement.

Émilie Bonnin-Bérard, avocate des parents de Gabin, lors de leur procès à la cour d'assises de Guéret (Creuse).
Partager la citation
À lire aussi
Covid-19 à Paris : les motards n'auront plus à porter le masque Coronavirus France
Covid-19 à Paris : les motards n'auront plus à porter le masque

Au terme du procès en première instance, les parents avaient reconnu des manquements, mais contestaient toute responsabilité dans la mort de Gabin. Dans le box des accusés, le père, 40 ans, s'était montré apathique alors que la mère, 34 ans, s'était parfois montrée émue aux larmes. 

Revenant sur leur parcours, leur avocate avait évoqué "des enfances et des adolescences difficiles" menant à des vies plus "ordinaires". En 2012-2013, le couple avait connu de graves problèmes de couple et d'argent. La mère était sans emploi, le père, ouvrier, en arrêt maladie, dépendant à l'alcool et au cannabis

"Tout s'accumule, tout se dégrade. On a affaire à des gens dépassés", avait raconté Maître Émilie Bonnin-Bérard. Dans ce contexte, la maison avait été complètement délaissée. À leur domicile, les enquêteurs étaient tombés sur des literies sales, des denrées périmées dans le réfrigérateur, le carnet de santé de Gabin "sous les détritus". C'est de "l'incompétence" parentale, avait expliqué l'avocate, mais "l'incompétence est-elle pénalement répréhensible ?", s'était-elle interrogée en demandant la relaxe.

Le médecin condamné à neuf mois de prison avec sursis

Dans cette affaire, les parents ne sont pas les seuls mis en cause. En juillet dernier, le médecin traitant de la famille a été condamné à neuf mois de prison avec sursis. Il a été reconnu coupable de "non-assistance à personne en danger". Le médecin avait plaidé l'erreur d'appréciation, martelant n'avoir "rien vu" avant le décès de ce bébé. 

Le médecin a en plus été condamné au paiement de 7.000 euros de dommages et intérêts au titre du préjudice moral au frère aîné de Gabin et d'un euro symbolique à l'association L'Enfant bleu. Il devra en outre leur verser 900 euros de frais de justice et la même somme à chacun des parents, qui s'étaient constitués parties civiles.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Justice Parents Creuse
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants