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Espionnage russe : Francis Temperville, l'insouçonnable ingénieur au service du KGB

Pendant des années, Francis Temperville a livré de nombreux secrets français aux Russes. Arrêté en 1992, il reste l'un des espions les plus insoupçonnables et les plus indétectables à avoir sévi sur le territoire national.

Croquis d'audience de Francis Temperville s'exprimant, le 23 octobre 1997 à Paris, lors de son procès
Croquis d'audience de Francis Temperville s'exprimant, le 23 octobre 1997 à Paris, lors de son procès
Crédit : JEAN CHESNOT / AFP
Jean-Alphonse Richard & Thibaud Chaboche & Alexis Kergus

Lundi 14 septembre 1992, au matin, trois policiers de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST), sonnent à la porte d'un appartement de Saclay, dans l'Essonne. Les hommes du contre-espionnage français ont repéré les lieux la veille. Le locataire ouvre sans la moindre hésitation. C'est le dénommé Francis Temperville, un ingénieur de 35 ans.

Il ne pose aucune question quand la police lui demande de la suivre pour un interrogatoire, au siège de la DST dans le 15eme arrondissement de Paris. Francis Temperville est rapidement informé des faits qui lui sont reprochés : il est accusé d'avoir divulgué, depuis au moins cinq ans, des informations de première importance à la Russie. Des documents protégés issus du Centre de l'Energie Atomique à Saclay, où a officié Temperville. Des secrets atomiques notamment sur le nucléaire militaire.

La source en question n'est autre que le colonel Viktor Otchenko, ancien haut responsable du SVR (Service des renseignements extérieurs de la Fédération de Russie), pendant sept ans chargé du renseignement scientifique et technique du service... Un transfusé réfugié à Londres depuis le mois de juillet.

Soulagé d'être démasqué

Face aux policiers, Francis Temperville ne cherche pas à jouer au plus malin, même s'il ne va cesser de vouloir minimiser son rôle et d'apparaître comme un homme naïf. Il parait même plutôt soulagé d'avoir été démasqué après toutes ces années de mise sous tension. 

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Il va raconter qu'au mois d'août 1992, il a reçu un coup de téléphone de l'un de ses contacts étrangers. La personne lui a délivré ce curieux message : "Francis, je suis malade, j'ai reçu un virus. Tu as dû l'attraper, il faudrait que tu partes". Temperville jure qu'il n'a rien compris à ce charabia, le virus en question étant les déclarations du transfuge Otchenko, semant la panique au sein des diplomates russes en poste à Paris. Mais les enquêteurs doutent de la sincérité de Temperville même s'ils ont face à eux un personnage courtois et lisse dont, le curriculum vitae ne semble recéler aucune zone d'ombre… 

Finalement condamné à 9 ans de prison, Francis Temperville va vivre un procès à l'ambiance exceptionnelle. Invité de L'Heure du Crime vendredi 28 janvier, Maître Jean-Didier Belot, avocat de l'accusé, se souvient : "En vous en parlant 25 ans après, j'ai une montée d'adrénaline tellement le souvenir redevient vif. Je sentais des regards un peu insistants sur ma personne en tant qu'avocat de Francis Temperville. L'ambiance était assez pénible et lourde", explique-t-il à Jean-Alphonse Richard.

Les invités de "L'heure du crime"

Jérôme Poirot, spécialiste du renseignement et auteur du livre « Renseignement et espionnage : au-delà des légendes » aux éditions Plon
Maitre Jean-Didier Belot avocat de Francis Temperville

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