3 min de lecture Attentat

Enseignant assassiné dans les Yvelines : où en est l'enquête ?

Jean-François Ricard, procureur de la République antiterroriste, a tenu une conférence de presse samedi pour préciser les circonstances de l'attaque survenue la veille à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Il a notamment dévoilé l'identité de l'auteur du crime.

Jean-François Ricard, le procureur de la République antiterroriste
Jean-François Ricard, le procureur de la République antiterroriste Crédit : Abdulmonam EASSA / AFP
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Valentin Deleforterie Journaliste

Au lendemain de l'attaque terroriste survenue vendredi 16 octobre à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), le procureur de la République antiterroriste Jean-François Ricard a donné plus d'informations sur l'identité de l'auteur du crime. 

L'intéressé, âgé de 18 ans, était de nationalité russe et d'origine tchétchène. Il était porteur d'un titre de séjour délivré en mars dernier. L'homme était jusqu'alors inconnu des services de renseignement. Il bénéficiait du statut de réfugié et résidait à Evreux, dans l'Eure. Connu par la police pour des faits de droit commun, il n'avait jamais été condamné. D'après plusieurs témoignages, ses voisins le présentait comme un jeune homme "discret", "plongé dans la religion" depuis trois ans.

"Sur le plan judiciaire, il n'a jamais été condamné tout en étant connu pour des affaires de dégradations de biens publics et de violences en réunion alors qu'il était encore mineur", a expliqué Jean-François Ricard. Le procureur a ensuite dévoilé que les enquêteurs avaient retrouvé dans le téléphone portable du coupable le texte de revendication envoyé sur Twitter. Ce texte avait été écrit à 12H17. Ils ont aussi découvert la photo de la tête de la victime envoyée à 16H57 sur Twitter. Cette photo était accompagnée d'un message adressé à Emmanuel Macron, "le dirigeant des infidèles", dans lequel il expliquait vouloir se venger de celui "qui a osé rabaisser Muhammad".

Posté devant le collège où exerçait la victime de 47 ans, le terroriste avait demandé à plusieurs élèves, dans l'après-midi, de lui désigner Samuel Paty. Il l'a ensuite suivi sur le chemin du retour à son domicile, et l'a attaqué avec une arme blanche. L'enseignant "présentait de multiples plaies à la tête, aux membres supérieurs et à l'abdomen. Il a été décapité", a confirmé le procureur.

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Immédiatement après le meurtre de l'enseignant, le terroriste a publié sur Twitter un message de revendication, accompagné d'une photo macabre de la victime

Le terroriste abattu de neuf balles

Jean-François Ricard a également indiqué le déroulé de l'intervention policière qui a conduit à la mort du terroristeL’individu a tiré à cinq reprises avec une arme de poing en direction des policiers qui tentaient de l'appréhender. Trois des agents ont riposté, ce qui a entraîné la chute de l'assaillant. 

Alors qu'il tentait de se relever et de donner des coups de couteau aux policiers, l'homme a été neutralisé par les forces de l'ordre. Son corps présente neuf impacts de balles

"Un couteau de type poignard, une arme de poing de type airsoft et cinq cartouches de gaz compatibles avec cette arme ont été saisis", a ajouté Jean-François Ricard. Un second couteau de 35 centimètres, "ensanglanté", à été découvert à une trentaine de mètres du lieu du crime.

"Le parquet national antiterroriste a ouvert une enquête de flagrance des chefs d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, et d’association de malfaiteurs en vue de commettre des crimes d’atteintes aux personnes", a expliqué le procureur.

Le père d'une élève en garde à vue

Dix personnes, dont le grand-père et petit-frère du terroriste, étaient placées en garde à vue ce samedi. Le père d'une élève, qui n'assistait pas au cours en question selon Jean-Michel Blanquer, a été interpellé ce samedi matin et est actuellement entendu. Le procureur est longuement revenu sur les agissements de ce dernier.

Après le cours sur la liberté d'expression, dans lequel des caricatures du prophète Mahomet ont été montrées aux élèves, l'homme avait lancé une publication sur les réseaux sociaux. Il y appelait à la mobilisation contre Samuel Paty, dont il réclamait la démission. Le parent avait également révélé le numéro de téléphone de l'enseignant

Après une rencontre infructueuse avec la directrice, le 8 octobre dernier, il avait ensuite révélé le nom du professeur, donné l'adresse du collège, et incité à dire "stop". L'établissement a reçu de nombreux appels menaçants après ces publications, a affirmé la proviseure.

L'homme avait déposé une plainte contre Samuel Paty pour "diffusion d'images pornographiques". L'enseignant de 47 ans avait en retour porté plainte pour "diffamation publique".

L'homme qui avait accompagné le parent d'élève au collège a également été interpellé. Ce dernier n'est autre que le militant islamiste Abdelhakim Sefrioui, actif en France depuis le milieu des années 2000. Sa compagne a été arrêtée et interpellé en même temps que lui. Par ailleurs trois personnes ayant été en contact avec l'agresseur, et qui s'étaient rendues d'elles-mêmes au commissariat d'Evreux, ont aussi été placées en garde à vue.

Jean-François Ricard a par ailleurs précisé que la demi-soeur du parent d'élève avait rejoint l'Etat islamique en Syrie en 2014. Elle fait à ce titre l'objet d'un mandat de recherche par un juge d'instruction d'antiterroriste. Un ami du père de l'élève, visible dans ses vidéos sur les réseaux sociaux, est également entendu. L'homme est connu des services de renseignement.

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