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"Trompeur invétéré", désavoué par Billie Eilish et Chappell Roan... Qui est Casey Wasserman, le patron des JO de Los Angeles 2028 rattrapé par l’affaire Epstein ?

Le président du comité d'organisation est dans la tourmente depuis la publication fin janvier d'e-mails où il flirte avec Ghislaine Maxwell, l'ex-compagne de Jeffrey Epstein, emprisonnée pour avoir aidé le financier décédé à recruter des prostituées mineures. À tel point qu'il s'apprête à vendre son agence, qui représente Pharrell Williams ou encore Coldplay.

Le patron des JO 2028 de Los Angeles, Casey Wasserman, à Milan le 3 février 2026 avant les Jeux d'hiver.

Crédit : ANDREAS RENTZ / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP

AFP & Gabriel Joly

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Cédera-t-il à la pression ? Le président du comité d'organisation des Jeux olympiques de Los Angeles 2028, Casey Wasserman, est dans la tourmente depuis fin janvier et la publication des millions de documents par le ministère américain de la Justice sur l'affaire Epstein, où son nom figure. Dedans, on y découvre des échanges d'emails salaces en 2003 avec Ghislaine Maxwell, l'ex-compagne de Jeffrey Epstein qui purge actuellement une peine de 20 ans de prison pour avoir aidé le criminel sexuel à recruter des prostituées mineures.

"Je regrette profondément ma correspondance, qui a eu lieu il y a plus de 20 ans, bien avant que ses crimes horribles ne soient révélés au grand jour", a-t-il déclaré le 1er février dans un communiqué obtenu par l'AFP, sachant que ces échanges avaient lieu trois ans avant la première arrestation du criminel sexuel. S'il ne fait l'objet d'aucune poursuite, ces courriels où il rêvait de voir Ghislaine Maxwell dans une "tenue moulante en cuir", alors qu'il était marié, le fragilisent.

La presse américaine a récemment repêché un article de tabloïd de 2024, l'accusant d'être un "trompeur invétéré" ayant couché avec plusieurs employées. Pas le genre d'images auxquelles il est bon d'être associé quand on est une figure des JO et que l'on dirige en parallèle une agence, qui compte plusieurs stars de la musique (Pharrell Williams, Coldplay, Imagine Dragons) et du sport (Russell Westbrook, Giannis Antetokounmpo, Mikel Arteta, Katie Ledecky, Megan Rapinoe) dans ses rangs.

Visés par des appels à la démission mais soutenu par son camp

Ce mardi 17 février, la maire de Los Angeles, Karen Bass, a réclamé sa démission de la tête du Cojop américain. Il est "regrettable" que le comité exécutif des Jeux le soutienne, a-t-elle estimé sur CNN lundi soir. Avant cette déclaration, au moins 10 élus californien, dont un tiers des 15 membres du conseil municipal de "LA", ont demandé à Casey Wasserman de démissionner de son poste.

"Vu les faits avancés et le leadership démontré ces dix dernières années, il doit continuer à diriger LA28 afin d'organiser des Jeux réussis", a néanmoins soutenu le comité exécutif, tout en disant "prendre au sérieux les allégations de mauvaise conduite." Les Jeux sont dirigés par un conseil d'administration de 35 personnes, dont une petite portion se retrouve dans le comité exécutif, aux manettes de l'organisation.

L'instance affirme qu'une étude, réalisée à sa demande par un cabinet d'avocat, a conclu que les relations entre Casey Wasserman et le duo Jeffrey Epstein-Ghislaine Maxwell ne "sont pas allées plus loin que ce qui est déjà connu" avec les fichiers Epstein. Cela inclut notamment un voyage du couple Wasserman dans l'avion privé du financier pour "une mission humanitaire en Afrique" au début des années 2000.

Le comité olympique américain (USOPC) a lui aussi réaffirmé sa confiance au dirigeant. "Je vis moi-même à Los Angeles et je comprends bien la politique locale. Je dirais qu'aujourd'hui, j'ai davantage confiance dans les capacités opérationnelles de LA28, son leadership, la qualité de son travail et son efficacité que je ne l'ai jamais été depuis que j'ai commencé à travailler avec LA28 à sa création en 2015", a dit le président de l'USOPC Gene Sykes en marge des JO de Milan-Cortina.

Il va mettre en vente son agence en raison du scandale

Âgé de 51 ans, il est une personnalité influente dans le sport, le cinéma, la musique et la politique, comme son grand-père Lew Wasserman, qui a notamment dirigé les studios Universal. C'est d'ailleurs grâce à lui qu'il s'est retrouvé dans le relais de la flamme olympique de Los Angeles 1984, au milieu d'un parterre de légendes du sport américain comme Mohamed Ali.

Casey Wasserman s'était lancé en 1998 dans le business au sein du monde du sport, en rachetant l'équipe de football américain des Los Angeles Avengers. En 2002, son agence était par ailleurs dédiée en majorité au management sportif. Pour preuve, il représentait de nombreuses stars du football à l'époque, dont les stars de Liverpool Steven Gerrard et Michael Owen, avant de ratisser plus large et notamment dans la musique.

Mais sa réputation dégringole à cause de cette histoire. À tel point qu'il s'apprête à céder son agence artistique, selon les médias américains. Dans une note adressée vendredi soir à ses employés, le dirigeant présente ses excuses de nouveau et déclare qu'il vend l'entreprise mais restera à la tête du comité olympique.

Cela fait suite notamment à la l'annonce de la chanteuse Chappell Roan de rompre son contrat avec l'agence. "Aucun artiste, agent ou employé ne devrait être amené à défendre ou à fermer les yeux sur des actes qui sont profondément en contradiction avec nos valeurs morales", a écrit sur Instagram cette figure de la pop lesbienne, sur son compte Instagram, qui a fait sensation lors de la dernière cérémonie des Grammy Awards. "Je refuse de rester passive. Les artistes méritent une représentation qui correspond à leurs valeurs et qui soutient leur sécurité et leur dignité", a ajouté la jeune femme, défendant sa "conviction que pour obtenir un changement réel dans notre industrie, il faut de la responsabilité et un leadership qui inspire confiance".

D'autres artistes moins connus ont également quitté l'agence Wasserman ces derniers jours et certaines stars pourraient suivre, comme Billie Eilish l’avait fait en 2024 après la première polémique des tromperies de Casey Wasserman avec des jeunes femmes travaillant pour lui.

Un interlocuteur privilégié de l'administration Trump

Au sein de l'organe olympique qu'il dirige, subordonné à un conseil d'administration, un désaveu de Casey Wasserman paraît improbable car beaucoup des membres sont des amis de sa famille. Et ce, d'autant plus que le Tony Estanguet californien s'est imposé comme un interlocuteur privilégié de l'administration Trump, en froid avec le gouverneur de Californie Gavin Newsom et Karen Bass.

Celui qui est cité dans les Epstein Files est impliqué d'ailleurs depuis plus de dix ans dans la préparation de ces JO aux enjeux financiers énormes.  Comme en 1984, Los Angeles a opté pour des Jeux largement financés par le secteur privé. Le budget est estimé à environ 7 milliards de dollars et doit notamment être financé à hauteur de 2,5 milliards par des sponsors. 

Début décembre, il a annoncé avoir déjà sécurisé plus de 2 milliards de dollars venant du privé. En dépit de la polémique l'entourant depuis trois semaines, aucun des grands groupes impliqués - Google, Uber, Starbucks, Honda, entre autres - n'a réagi ou indiqué une quelconque intention de se retirer. De bon augure pour le contribuable américain, sur qui pourrait peser la facture des Jeux si le secteur privé ne remplissait pas sa part.

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