3 min de lecture Musique

Glass Marcano, l'itinéraire d'une cheffe d'orchestre que rien n'arrête

"Paris Match" consacre un portrait à Glass Marcano, 25 ans et cheffe d'orchestre à l'Orchestre National de Lyon, arrivée du Venezuela en 2019.

Isabelle Choquet La Revue de Presse Isabelle Choquet iTunes RSS
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Glass Marcano, l'itinéraire d'une cheffe d'orchestre que rien n'arrête Crédit Image : Capture d'écran Instagram @Glass Marcano | Crédit Média : RTL | Date :
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Isabelle Choquet Journaliste RTL

Ce 5 mars, découvrez l’itinéraire incroyable d’une enfant pas gâtée, d’un village du Venezuela à l’Orchestre National de Lyon. Elle s’appelle Glass Marcano, et elle est à l’honneur cette semaine dans Paris Match.  Sa vie a basculé il y a quelques années, à Caracas, elle a alors 18 ans, elle est violoniste et elle répète la symphonie no 4 de Tchaïkovski.

Pour lancer les cuivres, le chef d’orchestre lève sa baguette d'une main légère, son autre main se serre en un poing rageur, son visage se crispe. Glass est fascinée, elle en perd le fil de sa partition. C'est une révélation : elle sera cheffe d'orchestre. Son violon ne lui suffit plus.

C’est que Glass n’est pas une musicienne très classique, c'est une rock star, un tempérament de feu. À l’école, elle était mi-clown mi-cancre. Quand une école de musique a ouvert dans son petit village de San Felipe, ses parents l’ont inscrite pour canaliser son énergie. "Je me suis passionnée pour les mélodies intenses, dit-elle, je déchargeais mon insolence." Des gamins qui s’essayent à la 5e de Beethoven, on en trouve des centaines dans les villages vénézuéliens. C'est l'effet "el Sistema", un programme unique en Amérique latine, créé en 75 pour aider les enfants défavorisés, dont Gladysmarli Vadel Marcano, enfant de la "clase popular" qui a bien failli vriller à l'adolescence.  

Glass Marcano arrive à Paris

"J'avais décidé de rapper et de me lancer dans le graffiti", poursuit la jeune femme. Sur tous les murs de la ville, elle tague son nouveau pseudo : Glass, qui va devenir son identité. Dans l’univers feutré du classique, ça détonne. Car passé le Bac, le goût du violon lui revient et elle prévient ses amis : "Vous verrez, un jour, je serai cheffe d'orchestre et je vous dirigerai !" Elle part alors peaufiner sa technique au Sistema de Caracas.

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Mais son rêve, c’est l’Europe. Alors, en 2019, sur Google, elle tape "Concurso de direccion orquesta" et elle découvre La Maestra, un concours réservé aux femmes cheffes, à Paris. Elle en est sûre, c’est la chance de sa vie, sauf que la route est semée d'embûches. 

D'abord, les frais de participation : 150 euros. Dans un pays en crise, c'est une fortune, cinq années de salaires. Glass n'a pas un sou, elle vend des fruits pour survivre, elle ne mange pas tous les jours. Elle s'en sortira avec une cagnotte. Mais pour être sélectionnée, elle doit aussi passer une audition en ligne, or au Venezuela, Internet fonctionne les jeudis de pleine lune. Il lui faut 5 jours pour envoyer sa vidéo. Et puis elle ne parle ni français, ni anglais. Et quand elle reçoit la réponse, elle ne comprend que le dernier mot : "Félicitations".

Quand elle débarque à Paris le 15 septembre dernier, sa présence relève du miracle. Elle sait qu’elle porte l'espoir d'une famille, d'un village. "La forza del destino", c'est ce qu'elle se répète. La force du destin, c'est l'opéra de Verdi qu'elle s'apprête à diriger. 

Un triomphe

Glass guide les musiciens du Paris Mozart Orchestra à sa façon, rock'n'roll, fantasque. Elle chante, elle mélange les rares mots d'italien et d'anglais qu'elle connaît, elle s'exprime par onomatopées, elle sourit, elle grimace. Elle gesticule et elle saute sur place et quand l’ultime note résonne c’est un tonnerre d'applaudissements. Le public est soufflé. Glass Marcano n'a pas gagné le concours, mais elle a décroché le prix de l'orchestre et surtout, elle a ému aux larmes certains musiciens. Elle a 25 ans, on la présente  comme l'avenir de la musique classique, une révolution à elle seule. 

Depuis, elle est restée en France. Elle a dirigé à Tours, à Lille, à Cologne, et à Lyon pour les Victoires de la musique classique. Elle sait qu’elle a encore beaucoup à apprendre. Mais maintenant, vous connaissez son nom.

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