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Chine : pourquoi une "journaliste citoyenne" écope de 4 ans de prison

Zhang Zhan, une ancienne avocate de 37 ans, a été arrêtée puis jugée pour "provocation aux troubles". Elle écope de 4 ans de prison pour avoir réalisé et diffusé des reportages sur la gestion de l'épidémie à Wuhan.

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Chine : pourquoi une "journaliste citoyenne" écope de 4 ans de prison ? Crédit Image : Handout / YOUTUBE / AFP | Crédit Média : Philippe Dova | Durée : | Date :
Marie Gingault
Marie Gingault et AFP

Quatre ans de prison, c'est la peine dont a écopé une "journaliste citoyenne" qui avait couvert l'épidémie de Covid-19 à Wuhan. Zhang Zhan encourait une sanction de cinq ans de prison pour avoir réalisé et diffusé des reportages sur la situation sanitaire en Chine.

Cette ancienne avocate, âgée de 37 ans, "est parue très abattue quand le jugement a été annoncé", a déclaré l'un de ses avocats. Ce dernier s'est même dit "très inquiet" pour son état psychologique. Les journalistes et les diplomates étrangers n'ont pas été autorisés à entrer dans le tribunal de Shanghai où Zhang Zhan a été jugée en l'espace de quelques heures.

Originaire de Shanghai, l'ancienne avocate s'est rendue en février à Wuhan, l'ex-épicentre
de la pandémie de coronavirus. Sur place, Zhang Zhan réalisait des reportages, notamment sur la situation chaotique des hôpitaux, avant de les diffuser sur les réseaux sociaux. 

Une grève de la faim en signe de protestation

En mai dernier, Zhang Zhan était arrêtée pour "provocation aux troubles", un terme fréquemment utilisé contre les opposants au régime du président Xi Jinping. Concrètement, le tribunal lui a reproché d'avoir diffusé de fausses informations sur internet, a précisé son autre avocat Zhang Keke.

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Ainsi, pour protester contre sa détention, l'accusée a entamé une grève de la faim au mois de juin. Selon ses avocats, elle a depuis été nourrie de force à l'aide d'un tube nasal.  "Quand je l'ai vue la semaine dernière, elle a dit : 'si je suis lourdement condamnée, je refuserai toute nourriture jusqu'au bout'. Elle pense qu'elle mourra en prison", a indiqué Zhang Keke.

Dans ses articles Zhang Zhan dénonçait le confinement imposé à Wuhan, qu'elle qualifiait de "grave violation des droits de l'Homme". Trois autres "journalistes citoyens", Chen Qiushi, Fang Bin et Li Zehua, ont également été placés en détention après avoir couvert ces événements. 

Le procès de Mme Zhang s'est déroulé tandis qu'une équipe de l'OMS doit se rendre en Chine début janvier, afin de faire le point sur les origines de la pandémie. Le pouvoir chinois a pour habitude de condamner des opposants au moment des fêtes de fin d'année, lorsque l'attention du reste du monde est réduite. En outre, le procès d'un groupe de militants hongkongais doit s'ouvrir ce lundi dans le sud de la Chine. Ces derniers sont jugés pour avoir tenté de fuir en bateau à destination de Taïwan.

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