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Confinement : un patron d'auto-école en grève de la faim en Gironde

Accumulant les pertes depuis le début de la crise sanitaire, l'entrepreneur veut alerter le gouvernement concernant des décisions qu'il juge "coupées du terrain".

Une auto-école (illustration).
Une auto-école (illustration). Crédit : JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
Ryad Ouslimani
Ryad Ouslimani
et AFP

Patrice Reynaud a 60 ans, et depuis 10 jours il a planté une tante devant son auto-école afin de mener une grève de la faim. À Sainte-Foy-la-Grande, où le confinement est de rigueur comme partout en France, son activité professionnelle est au point mort. Devant les 100.000 euros de perte depuis le début de la crise sanitaire, il a décidé d'attirer l'attention du gouvernement. 

"Tant que je ne rouvrirai pas, je ne mangerai pas", assure-t-il, précisant s'être "organisé pour tenir six à huit semaines" dans ce bourg de 2.500 habitants situé entre Bordeaux et Bergerac. Il entend "attirer l'attention des pouvoirs publics sur leurs décisions inadaptées, coupées du terrain", a-t-il expliqué à l'AFP, "je fais ça pour tous ceux dont le seul moyen de vivre est leur petite entreprise, les restaurateurs, les coiffeurs...".

Depuis le début de son action, il dit avoir perdu 5 kg, ne se nourrissant que d'eau, de jus d'orange et de café. Ce qui représente un risque pour ce diabétique, patron d'entreprise qui s'est attelé à payer ses cinq employés depuis le mois de mars, avant de résoudre à les mettre en chômage partiel début novembre. Le chef d'entreprise explique que son compte en banque est en débit de 55.000 euros. 

Des griefs contre l'État

"J'ai subi le premier confinement, je ne voulais pas subir le deuxième! Si je ne faisais rien, je ne pourrais pas me regarder dans la glace...", justifie-t-il. Ce Girondin, qui déplore n'avoir reçu aucune marque de soutien de sa profession, ne veut pas d'aides de l'État. "Je préfère que l'entreprise rouvre plutôt que d'aller mendier, je veux travailler !", martèle Patrice Reynaud.

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À l'annonce du reconfinement, il avait tenté de continuer les leçons de conduite, mais les gendarmes sont venus selon lui le rappeler à l'ordre au bout d'une semaine. Le sexagénaire a donc installé sur le trottoir une tente bleue dans laquelle il dort, avec des messages "pas d'argent", "pas de dons", "pas de cagnotte internet merci" épinglés. "Je rentre chez moi tous les deux jours pour me laver, me changer", dit-il. Une infirmière passe prendre sa tension régulièrement.

La mention "En grève de la faim" s'étale en gros sur la devanture de l'auto-école, avec un courrier adressé aux autorités, et un cahier de doléances a été ouvert à la signature des passants. "On est trois générations à avoir passé notre permis ici, c'est la famille", assure Nelson, 23 ans, qui dit passer presque tous les jours.

"Dans la grande majorité, les réactions sont positives mais certains qui ont été touchés par le Covid, m'ont insulté", raconte le sexagénaire aux cheveux grisonnants et à la barbe fournie. "On m'a dit d'aller faire un tour aux urgences et qu'après je fermerai ma gueule... Mais je ne mets personne en danger, c'est l'État qui met des gens en danger (financièrement, ndlr)".

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