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Chine : une femme internée de force pour avoir jeté de l’encre sur un portrait de Xi Jinping

Dong Yaoqiong aurait été internée de force après s’être filmée en train de jeter de l'encre sur un portrait de Xi Jinping. Une stratégie courante, d’après des ONG, pour réprimer les dissidents au régime chinois.

Un portrait géant du président chinois Xi Jinping installé lors du défilé de la fête nationale sur la place Tiananmen à Pékin le 1er octobre 2019, à l'occasion du 70e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine.
Un portrait géant du président chinois Xi Jinping installé lors du défilé de la fête nationale sur la place Tiananmen à Pékin le 1er octobre 2019, à l'occasion du 70e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine. Crédit : Greg BAKER / AFP
Florise Vaubien
Florise Vaubien et AFP

Depuis son arrivée à la tête du pays le 14 mars 2013, Xi Jinping a considérablement consolidé son pouvoir, notamment en jouissant désormais de la fin de la limite de deux mandats présidentiels. De quoi susciter les critiques, comme chez cette femme de 31 qui s'était filmée en train de jeter de l'encre sur un portrait à l'effigie du président chinois. D’après son témoignage, le gouvernement l'aurait forcée à être internée dans une unité psychiatrique.

En 2018, Dong Yaoqiong s'était mise en scène dans une vidéo rapidement devenue virale sur la toile. On la voit jeter de l'encre sur une affiche du président et déclarer "Xi Jinping, j'attends ici que tu viennes m'arrêter". De quoi provoquer la colère des autorités.

"Oncle Xi", comme le surnomment certains, a renforcé son emprise par l’inscription dans la constitution chinoise de "la Pensée Xi Jinping" : il fait l'objet d’un quasi-culte de la personnalité dans les médias dans un climat désormais empreint de peur de représailles qui rend impossible toute contestation

"Ai-je commis un crime?"

Mais pour la première fois depuis cette affaire, la jeune femme a pu s’exprimer dans une courte vidéo diffusée sur Twitter, un réseau social bloqué en Chine. Elle détaille entre autres que le gouvernement a drastiquement limité ses mouvements et les personnes qu’elle est autorisée à voir. Par ailleurs, les autorités lui auraient attribué un emploi à sa sortie de soins psychiatriques en début d'année.

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"Ai-je commis un crime?", s'interroge Mme Dong. "Je veux me battre pour ma liberté. Pour ma liberté de choisir un travail et mes propres amis. Je n'ai plus aucune liberté", lance la jeune femme. "Je préfère mourir, je ne supporte plus cette surveillance étouffante - je suis au bord de l'effondrement", déclare-t-elle en sanglots. Dong Yaoqiong n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP, mais des amis ont indiqué qu'elle a subi à deux reprises un internement forcé dans une unité psychiatrique depuis 2018.

Une stratégie régulièrement utilisée par le régime chinois, selon l'association Chinese Human Rights Defenders (CHRD). Avec l’objectif politique de réprimer les dissidents, dit-elle. La militante des droits de l'homme Hua Yong, qui suit l'affaire depuis 2018, rapporte que Dong Yaoqiong est depuis confinée dans sa province natale du Hunan, dans le centre du pays. 

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