7 min de lecture Alexandre Benalla

Affaire Benalla : qui sont les protagonistes de l'affaire ?

DIAPORAMA - L'affaire Alexandre Benalla fait apparaître de nombreux protagonistes, souvent peu connus du grand-public mais tous liés à ce personnage au parcours et aux liens énigmatiques.

Alexandre Benalla, le collaborateur d'Emmanuel Macron, le 17 juin 2017 au Touquet Crédits : CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP | Date : 20/07/2018
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Alexandre Benalla, le collaborateur d'Emmanuel Macron, le 17 juin 2017 au Touquet Crédits : CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP | Date : 20/07/2018
Vincent Crase, à gauche l'image, avec des lunettes de soleil sur la tête, ici le 1er mai place de la Contrescarpe à Paris Crédits : Naguib-Michel SIDHOM / AFP | Date : 24/07/2018
Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l'Élysée, le 10 avril 2018 Crédits : LUDOVIC MARIN / AFP | Date : 24/07/2018
Alexandre Benalla apparaît ici entre Emmanuel Macron et Gérard Collomb, le 20 juin 2017, à Paris Crédits : Benjamin CREMEL / AFP | Date : 24/07/2018
Michel Delpuech, préfet de police de Paris, entendu par la Commission d'enquête parlementaire, lundi 23 juillet Crédits : ZIHNIOGLU KAMIL/SIPA | Date : 23/07/2018
Alain Gibelin, directeur de l'ordre public à la préfecture de police de Paris, le 30 décembre 2016 Crédits : NICOLAS MESSYASZ/SIPA | Date : 24/07/2018
Alexandre Benalla avec Emmanuel Macron le 14 juillet 2018 Crédits : PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP | Date : 23/07/2018
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Ceciledeseze75
Cécile De Sèze
Journaliste RTL

Le premier scandale de la présidence Macron se révèle toujours aussi riche en rebondissements. Depuis la publication d'une vidéo jeudi 19 juillet par Le Monde d'un collaborateur du président de la République qui violente des manifestants le 1er mai dernier à Paris, les révélations se succèdent.

De hauts personnages de l'État sont entendus par la Commission d'enquête parlementaire depuis le 23 juillet, comme le ministre de l'Intérieur ou le préfet de police de Paris, alors que cinq individus, dont Alexandre Benalla, ont été mis en examen. Trois autres sont des policiers, Laurent Simonin, Maxence Creusat et Jean-Yves Hunault, soupçonnés d'avoir transmis les vidéos de surveillance de la scène à Alexandre Benalla. 

Cette affaire fait apparaître de nombreux protagonistes, souvent peu connus du grand-public mais tous liés à ce personnage au parcours et aux liens énigmatiques. Retour sur quelques principales figures de l'affaire Benalla, à commencer par l'intéressé.

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Alexandre Benalla, ancien chargé de mission à l'Élysée

C'est lui qui est au cœur de l'affaire. Le grand public le découvre dans les images du Monde où il est présenté comme collaborateur de l'Élysée, pourtant en tenue de policier lors de la manifestation. À ce moment-là, il est encore chargé de mission à l'Élysée, puis se fait licencier après les révélations du quotidien. Avant, Alexandre Benalla était chargé de la sécurité du candidat Macron pendant la campagne présidentielle.

Tous les jours, on apprend quelque chose de nouveau sur son cas : l'incident à l'aéroport avec la gendarmerie à l'arrivée des Bleus, sa présence dans le bus des champions du monde, le fait que trois policiers lui auraient transmis les images de vidéosurveillance du 1er mai, ses privilèges, comme une voiture de fonction dotée de gyrophares et un salaire mensuel approchant les 10.000 euros. 

À 26 ans, Alexandre Benalla a réussi à se faire une place de choix dans l'entourage du président. Pourtant, l'homme s'était déjà fait remarquer dans le passé par ses frasques. Il a par exemple, raconte Le Monde, été renvoyé par Arnaud Montebourg en 2012 pour "une faute professionnelle de première gravité" : "Il avait provoqué un accident de voiture en ma présence et voulait prendre la fuite", a raconté l'ancien ministre du Redressement productif au quotidien du soir.

Dimanche 22 juillet, Alexandre Benalla a été mis en examen pour violences en réunion, immixtion dans l'exercice d'une fonction publique, port public et sans droit d'insignes réglementés, recel de détournement d'images issues d'un système de vidéo-protection et recel de violation du secret professionnel. 

Vincent Crase, acolyte de Benalla sur la scène de l'agression

Sur les fameuses images du 1er mai, cet ancien gendarme réserviste, reconverti dans la sécurité privée, est lui aussi en train d'immobiliser avec force les manifestants - qui se portent par ailleurs partie civile.

Vincent Crase apparaît souvent aux côtés d'Alexandre Benalla, notamment pendant la campagne présidentielle. Nos confrères du HuffPost ont également compilé les images où on le retrouve aux côtés du candidat Macron. Pendant cette période, il était en effet prestataire du service de sécurité de la campagne. Avec Alexandre Benalla, il avait fondé une Fédération française de la sécurité privée en 2016.

Lui aussi a été mis en examen dimanche 22 juillet, pour immixtion dans l'exercice d'une fonction publique et port prohibé d'une arme de catégorie B.

Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l'Élysée

Alexandre Benalla était son collaborateur direct. Si quelqu'un connait bien Benalla, c'est Patrick Strzoda, le directeur de cabinet de l'Élysée. C'est lui qui l'aurait autorisé à participer avec les policiers à l'opération du 1er mai. C'est aussi lui qui a été alerté après le dérapage place de la Contrescarpe et c'est lui qui est censé avoir pris les sanctions - sanctions dont on a compris depuis qu'elles étaient relativement faibles. Il a donc a priori toutes les réponses. Il doit d'ailleurs être auditionné mardi 24 juillet devant la Commission d'enquête parlementaire.  

Depuis lundi 23 juillet, tout le monde paraît le pointer du doigt. D'abord Gérard Collomb, puis Michel Delpuech, le préfet de police de Paris. Tous les deux renvoient la responsabilité de toute cette affaire sur le directeur de cabinet. 

Patrick Strzoda, véritable responsable ou bien coupable idéal ? Peut-il servir de "fusible" à l'Élysée ? Ceux qui le connaissent bien s’étonnent. C'est un homme droit, qui a le sens de l'État. Plusieurs fois préfet, directeur de cabinet de Bernard Cazeneuve, à Beauvau puis à Matignon, c'est un spécialiste des dossiers difficiles. 

Il devait prendre sa retraite dans 3 mois et il aura sans doute à cœur de défendre sa carrière et son honneur devant les députés.

Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur

Impliquant des forces de l'ordre, cette affaire concerne nécessairement le "premier flic de France". Gérard Collomb a donc dû répondre aux questions des parlementaires lundi 23 juillet sur ce qu'il savait ou non de l'affaire. 

De plus, Alexandre Benalla n'a pas été empêché par le policier en charge de les encadrer, lui et Vincent Crase, Philippe Mizerski, au moment où ils s'en prennent à des manifestants. Gérard Collomb a affirmé avoir été informé le lendemain des faits par son cabinet de l'existence de la vidéo. Mais il a estimé que ce n'était pas à lui de saisir la justice de ces actes, qu'il a condamnés "avec la plus grande fermeté". 

Le ministre de l'Intérieur a ajouté n'avoir "jamais été informé" en amont de la présence des deux observateurs avec les forces de l'ordre. "C'est après que j'ai pris connaissance de l'information donnée par Le Monde que j'ai demandé à mon directeur de cabinet de saisir l'IGPN, celle-ci a été effective dès le lendemain".

En outre, le ministre a contesté connaître Alexandre Benalla, dont il ignorait les fonctions à l'Élysée, même s'il l'a forcément "croisé" lors de la campagne électorale d'Emmanuel Macron où il était chargé de la sécurité du candidat. Ce qui lui a valu des critiques de l'opposition, notamment de la part d'Olivier Faure qui sur RTL a déclaré : "L'homme le mieux informé de France, nous explique qu'il ne sait rien, qu'il ne connaît même pas M. Benalla". Des photos valident le fait que les deux hommes se sont en effet déjà croisés

Le ministre de l'Intérieur est entendu mardi 24 juillet par la commission d'enquête sénatoriale, qui pourrait également entendre mercredi, selon des sources parlementaires, le directeur de cabinet du président de la République, Patrick Strzoda.

Michel Delpuech, préfet de police de Paris

Michel Delpuech est d'ordinaire entendu sur des faits beaucoup moins politiques, mais le préfet de police de Paris a lui aussi dû répondre aux questions des parlementaires, dans la foulée de l'interrogatoire de Gérard Collomb. 

À son tour, il a remis la faute sur son ministre de tutelle et sur l'Elysée. Après avoir appris l'existence de la vidéo le 2 mai, il dit avoir contacté le ministère de l'Intérieur, qui lui a répondu être "déjà en liaison" avec la présidence de la République, a-t-il rapporté. Dès lors, "il était établi pour moi que le sujet Benalla était traité par l'autorité hiérarchique dont il dépendait". Le préfet a aussi assuré que ce chargé de mission à l'Elysée "était un interlocuteur connu".

Le préfet de police a en revanche "assumé" avoir autorisé Alexandre Benalla à porter une arme, sur demande de l'Élysée, qui n'a pas fait pression en ce sens, a-t-il précisé, mais sans que le cabinet du ministre de l'Intérieur n'en soit avisé.

Alain Gibelin, directeur de l’ordre public à la préfecture de Paris

Il est l'homme qui a vite retourné sa veste. Interrogé lundi dans la soirée par la Commission d'enquête, Alain Gibelin a d'abord contredit l'Élysée, mettant à mal la défense du Palais qui avait dit avoir suspendu Alexandre Benalla pendant 15 jours, dès le lendemain des faits du 1er mai. 

Le directeur de l’ordre public à la préfecture de Paris a d'abord affirmé avoir croisé Alexandre Benalla dans des réunions de service pendant sa période de suspension, entre le 2 et le 18 mai, avant de se rétracter. Entre temps, l'Élysée a démenti les déclarations sous serment d'Alain Gibelin

Alain Gibelin a aussi déclaré que Benalla "ne bénéficiait d'aucune autorisation de la préfecture de police pour être sur cette manifestation" en tant qu'"observateur". Il s'agit alors d'une "invitation", selon le principal accusé

Alain Gibelin a expliqué que cette invitation avait été accordée, sans en référer à sa hiérarchie, par l'un des trois cadres de la police soupçonnés d'avoir transmis à Alexandre Benalla des images de vidéosurveillance, et depuis mis en examen. 

Emmanuel Macron, président de la République

Il est l'homme silencieux. Hormis une brève réaction dimanche dernier auprès de ses ministres les plus proches, Emmanuel Macron ne s'est pas exprimé depuis le début de l'affaire. Pourtant, les critiques pleuvent de tous les bords politiques, et même au sein de son parti. Beaucoup dénoncent un "scandale d'État" mais Emmanuel Macron laisse son Premier ministre et le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, répondre.

Plusieurs figures politiques à gauche réclament l'audition d'Emmanuel Macron dans l'affaire Benalla, une requête jugée irrecevable par le président de l'Assemblée. En attendant, le silence du chef de l'État devient assourdissant. 

Le président de la République a posté un message sur Twitter mardi 24 juillet, mais rien à voir avec l'affaire. Ce que n'ont pas manqué de faire remarquer les internautes.

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