2 min de lecture Procès

Attentats de 2015 : le récit de Laurent, l'agent de propreté qui a affronté Coulibaly

Au procès des attentats de janvier 2015, Laurent, un agent de propreté, raconte comment il a attrapé la Kalachnikov du terroriste, avant de se faire assommer.

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Attentats de 2015 : Laurent, l'agent de propreté qui a affronté Coulibaly Crédit Image : Benoit PEYRUCQ / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Anne Le Henaff
Anne Le Henaff édité par Coline Daclin

Il était 8h04 le 8 janvier 2015 quand elle s'est effondrée. L'assassinat de Clarissa Jean-Philippe, la policière municipale de Montrouge tuée par Amedy Coulibaly, était au cœur des débats ce vendredi 17 septembre à la cour d'assises spéciales de Paris. 

Ses proches et les témoins de la scène ont défilé à la barre. Parmi eux, Laurent, chef d'équipe du service propreté de la ville. Il s'est retrouvé face au terroriste alors qu'il était en train de nettoyer la rue après un accident banal. 

"Je sens comme si quelqu'un fouillait dans ma poche", dit-il à la barre. En vérité, c'était Amedy Coulibaly. Il sort alors une arme de guerre et tire. 

"Je regardais le canon, ça avait l'air factice. J'ai tapé sur l'arme en disant 'T'es con ou quoi ? Avec ce qu'il s'est passé hier tu fais des blagues comme ça ?'", poursuit Laurent. Puis il voit son collègue, qui a pris une balle dans la mâchoire. Il attrape la Kalachnikov. "Je me dis 'Si je lâche, je suis mort'", raconte-t-il à la barre.

"La véritable cible, c'était l'école juive juste à côté"

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Coulibaly ne lui dit qu'une seule phrase : "Tu veux jouer, tu vas crever." Le corps à corps dure quelques secondes, puis Amedy Coulibaly sort un revolver, assomme Laurent et s'enfuit.

"J'ai eu de la chance", dit le chef d'équipe propreté. Il est sûr d’une chose : "la véritable cible, c'était l'école juive juste à côté". "Un terroriste ne va pas braquer une boulangerie ou un pneu chez Midas", assure-t-il. Pour lui, l'accident de la route a fait que le terroriste n'a pas pu atteindre sa cible.

Laurent raconte d'une voix claire, calme, sans larme ni tremblement. Ses blessures se voient moins que d'autres à la barre. Pourtant elles sont là, profondes. "J'ai quitté ma compagne, elle m'aimait toujours mais bon, on devient un caillou. Je n'ai plus de vie, plus de passion. Je regarde des vidéos sur le terrorisme, il n'y a plus rien d'autre qui m'intéresse", témoigne-t-il.

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