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Attentat "Charlie Hebdo" : les journalistes "l'avaient cherché", estime un témoin

Mardi, un ancien codétenu d’Amédy Coulibaly a estimé, devant la cour d’assises spéciale de Paris, que les journalistes et dessinateurs de "Charlie Hebdo" "l’avaient cherché", provoquant la consternation dans la salle.

Une fresque en hommage aux victimes de attentats de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2019, à Paris
Une fresque en hommage aux victimes de attentats de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2019, à Paris
Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Florise Vaubien & AFP

Consternation au procès des attentats contre le journal Charlie Hebdo. Ce mardi 13 octobre, un témoin, ancien codétenu d’Amédy Coulibaly, a confirmé sa "position" lorsque la cour l’a interrogé sur des propos tenus lors de son audition devant les enquêteurs. Taoufik K., qui s'était présenté comme musulman opposé à l'islam radical, maintient son point de vue : d’après lui, les journalistes "l’avaient cherché"

S’il prétend ne pas cautionner les attentats commis par les frères Kouachi et Amédy Coulibaly, Taoufik K. a estimé devant la cour d’assises spéciale de Paris que les journalistes et dessinateurs se savaient "menacés". "Ils en ont rajouté une couche, ils ont tiré sur la branche", poursuit froidement le témoin, alors que dix personnes avaient été abattues dans les locaux du journal satirique, le 7 janvier 2015. 

Le témoin a ajouté qu’il ne portait pas "dans son cœur" l’équipe décimée par les terroristes. "Ce qu'ils ont fait c'était grave. J'aurais préféré qu'ils soient condamnés par la justice", a-t-il déclaré. De quoi provoquer la consternation dans la salle, où familles et rescapés de la tuerie assistaient au témoignage de cet employé de restaurant, incarcéré à la prison de Villepinte entre 2011 et 2015.

L'insulte, c'est de caricaturer le prophète

Taoufik K. devant la cour d'assises spéciale de Paris, le 13 octobre 2020.

Taoufik K. s’est montré plus hésitant lorsque la cour lui demande ensuite de préciser ses propos : il a jugé que l'attentat n'était pas "la faute" de Charlie Hebdo, mais "un petit peu" malgré tout. "C'est une insulte envers toute une communauté. Ça m'a blessé moi aussi", a poursuivi le témoin, ancien codétenu de l'un des accusés, Nezar Mickaël Pastor Alwatik. 

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"Quelle est l'insulte ?", s'est étonné l'avocat général Jean-Michel Bourlès. "L'insulte, c'est de caricaturer le prophète", a répondu le témoin. "Vous savez que caricaturer le prophète c'est un droit en France ?", a rétorqué l'avocat général. "C'est un droit, et si on n'accepte pas ça on n'a rien à faire dans le système de la République", a-t-il conclu. 

Moi je n'ai jamais pensé comme ça

Nezar Mickaël Pastor Alwatik devant la cour d'assises spéciale de Paris, le 13 octobre 2020.

De son côté, Nezar Mickaël Pastor Alwatik a exprimé sa désapprobation quant à la position de son ex-codétenu. Celui qui est accusé d’avoir apporté un soutien logistique à Amedy Coulibaly a eu du mal à justifier son lien avec le terroriste mais a répété qu’il ne partageait pas ses valeurs. 

"Vous voulez que je vous dise quoi, que je suis d'accord avec lui pour vous faire plaisir ? Et bien non, je ne suis pas d'accord", a-t-il lâché. "Ses opinions et ses avis, ça n'engage que lui. Moi je n'ai jamais pensé comme ça", a insisté Nezar Mickaël Pastor Alwatik.

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