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Yves Dandonneau se fait retirer les menottes par un policier, le 30 juin 1992, lors de l'ouverture de son procès devant les assises de l'Hérault
Crédit : ANDRE DURAND / AFP
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Dimanche 7 juin 1987, autour de 2h30 du matin, un homme frappe à la porte d'une maison isolée, sur la commune de Ceilhes-et-Rocozels, dans L'Hérault. L'individu a besoin d’aide. Il vient d'avoir un accident à quelques kilomètres de là, au lieu-dit du Col de l'Homme Mort. Sa voiture a heurté un rocher. Son ami, assis sur le siège passager, ne bouge plus. Il est resté dans l’auto. Les pompiers arrivent trop tard. L'Austin Métro rouge, immatriculée dans le Val d'Oise, s'est entièrement consumée. Le passager est carbonisé, il ne reste presque rien de lui.
Aux gendarmes, le conducteur, Daniel Blouard, infirmier anesthésiste, raconte qu'il a perdu le contrôle en pleine ligne droite. Son passager et ami, Yves Dandonneau, gérant de société, a été assommé dans le choc. Et a péri dans l’incendie. Deux jours plus tard, Yves Dandonneau, 41 ans, est incinéré à Montpellier. Sa compagne, Marie-Thérèse, l’a formellement identifié grâce à un lambeau de son slip. Les cendres sont dispersées près du rocher maudit, au Col de l'Homme Mort.
Un mois après l'accident qui a coûté la vie à Yves Dandonneau, la compagnie d’assurance Général Accident se penche sur le dossier du client décédé. L’inspecteur Bernard Gay est le premier à émettre des doutes. Il découvre que la victime dispose d'une confortable assurance-vie dont le montant triple en cas de mort accidentelle. Alors qu'aucun fichier ne regroupe à l'époque les contrats souscrits dans diverses compagnies, Bernard Gay n’en dénombre pas moins de huit du même genre. La somme globale atteindrait les 10.900.000 francs.
Vendredi 20 novembre 1987, le bureau de poste du 15ème arrondissement de Paris alerte le commissariat pour une vérification. Trois personnes viennent de retirer une énorme somme en espèces, pas moins de 1.8 millions de francs. Parmi elles, Marie-Thérèse, la compagne d'Yves Dandonneau. Selon elle, l'argent va être placé dans des banques de la Côte d'Azur. Elle donne son adresse sur place, parle d’une amie, une certaine "Betsy" qui habite Cannes. Les gendarmes font le lien avec le dossier Dandonneau. La fameuse "Betsy", une coiffeuse, est placée sur écoute.
L'année 1988 débute à peine et les gendarmes sont en planque autour d'une villa de l'arrière-pays cannois. La maison est officiellement occupée par un mystérieux Bernard Depenne. Sur les écoutes, ils ont appris que cet homme est l‘amant de la jeune coiffeuse "Betsy". "Sur les écoutes, ils se racontaient tout. Ils pensaient qu'à partir du moment où il y avait eu cette cérémonie au Col de l’Homme Mort, où la veuve avait pleuré, qu’on allait plus les embêter", rapporte Dominique Rizet, présentateur d'Affaires Suivantes sur BFM.
Les enquêteurs font irruption dans la maison. Un individu émerge de la salle de bains. Il déclare être M. Depenne, puis décline son vrai nom : Yves Dandonneau. En garde à vue, Dandonneau reconnait avoir imaginé l’escroquerie à l'assurance. Il donne deux complices, François Meunier, un cuisinier, et Daniel Blouard, l'infirmier qui conduisait l'Austin Métro lors de l'accident. Ils étaient au départ chargés de trouver une victime qui lui ressemblait. Meunier a fini par dénicher un certain "Joël" dans un bar en face de la Gare du Nord.
Trois ans après le faux accident imaginé par Yves Dandonneau pour escroquer l'assurance, les gendarmes parviennent à identifier l'homme mort dans l'incendie criminel. Il s'agit de Joël Hipeau, 40 ans, fils de gendarme. À l'âge de quinze ans, il était désigné comme le plus jeune bachelier de France. Puis étudiant en médecine, il avait divorcé et aurait sombré dans l'alcool et la misère. "Le pauvre Joël Hipeau est monté dans la voiture alcoolisé. Ils l’ont alcoolisé pour le tuer", déclare Dominique Rizet dans L'Heure du Crime, sur RTL.
Lundi 12 octobre 1992, Yves Dandonneau est devant la cour d'assises de l'Hérault, à Montpellier. Quatre complices, dont deux femmes, sa concubine et sa maîtresse, sont dans le box. Dandonneau raconte son enfance chaotique, les punitions d'un père violent. Bon Samaritain, il avait même envisagé d'ouvrir une école pour enfants maltraités.
Vendredi 16 octobre 1992, la cour d'assises de l'Hérault condamne Yves Dandonneau à vingt ans de prison. L'infirmier Daniel Blouard et le cuisinier François Meunier écopent de quatorze et neuf ans de réclusion. Quatre ans avec sursis pour complicité d'escroquerie pour l'ancienne concubine et la maîtresse.
En direct du Salon Rétromobile à Paris :
- Domninique Rizet, présentateur d'Affaires Suivantes sur BFM et coprésentateur de Faites entrer l'accusé sur RMC.
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