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Affaire Helga Wauters : l'anesthésiste arrivée ivre au bloc condamnée à 3 ans de prison

Trois ans de prison, la peine maximale, avait été requis contre l'anesthésiste belge. Une femme est morte lors d'un accouchement au cour duquel la médecin s'était présentée au bloc sous l'emprise de l'alcool. C'est ce pour quoi elle a été condamnée.

Thomas Sotto RTL Soir Thomas Sotto iTunes RSS
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Affaire Helga Wauters : l'anesthésiste arrivée ivre au bloc condamnée à 3 ans de prison Crédit Image : GAIZKA IROZ / AFP | Crédit Média : Denis Granjou | Durée : | Date : La page de l'émission
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Paul Turban et AFP

Cela faisait six ans qu'une longue enquête judiciaire contre l'anesthésiste belge Helga Wauters avait été entreprise. Ce jeudi 12 novembre, celle qui avait pratiqué un accouchement ivre en septembre 2014, au terme duquel sa patiente était décédée a été condamnée à trois ans de prison ferme et à l'interdiction définitive d'exercer la médecine, conformément aux réquisitions du parquet. 

Helga Wauters a aussi été condamnée à verser près de 1,4 million d'euros de dommages et d'intérêts au titre de différents préjudices, aux proches de la victime : son fils, son compagnon de l'époque, sa soeur et les parents de Xynthia Hawke, Helen et Fraser Hawke.
 
"La justice a donné un exemple pour ce type de médecin, qui n'est pas à mes yeux un médecin, (la justice) a été jusqu'au bout en prononçant ces 3 ans ferme et surtout l'interdiction d'exercer, ce qui montre aussi que c'est une personne incompétente", a réagi jeudi Yannick Balthazar, compagnon de l'époque de la victime et père de leur fils. 

La peine maximum requise

Âgée de 51 ans, Helga Wauters est alcoolique chronique. Elle risquait un maximum de 3 ans de prison pour homicide involontaire et une interdiction à vie d'exercer, pour avoir "piétiné le serment d'Hippocrate, le serment de soigner", selon les mots de la procureure au procès le 9 octobre.  

Son addiction ne lui a pas été reprochée, mais le ministère public avait estimé qu'elle ne pouvait, en tant que médecin, ignorer la menace qu'elle représentait un danger lorsqu'elle entrait ivre au bloc. Cela l'avait conduit, selon le parquet, à une série de "négligences et imprudences". 

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"Sa responsabilité est pleinement assumée et intégrée", n'avait pas caché devant le tribunal correctionnel son avocat Antoine Vey. Il avait toutefois jugé inefficace la prison. La veille, sa cliente avait reconnu une addiction "incompatible" avec son métier. Mais elle disait aussi être "incapable de s'exprimer" et avait annoncé vouloir garder le silence. Son mutisme avait provoqué la colère des proches de la victime britannique

"C'était Bagdad"

Le 26 septembre 2014, Xynthia Hawke est décédée à 28 ans à la maternité des suites d'un défaut d'oxygène, quatre jours après une césarienne chaotique. Son fils a survécu. Le soir de son accouchement, bien que censée être sous anesthésie générale, la patiente s'était réveillée, avait vomi et avait hurlé : "Ça fait mal ! Ça fait mal !" Elle avait fini par s'extuber. Au bloc, "c'était Bagdad", a décrit ensuite une infirmière.  

L'enquête avait révélé de réels incidents puisque c'étaient les voies digestives de Xynthia Hawke qui avait été intubées et non ses voies respiratoires. De plus, la médecin n'avait pas utilisé un respirateur pour ventiler sa patiente en détresse, mais un ballon d'oxygène manuel. 

Ce jour-là, Helga Wauters avait, "comme tous les jours", bu de la vodka mélangée à de l'eau pour arrêter de trembler, a-t-elle reconnu devant les enquêteurs. Toutefois, elle se défaussait tantôt sur le matériel défectueux, à tort, tantôt sur l'équipe du bloc, pour minimiser sa responsabilité. Six ans plus tard, elle s'est dite "sincèrement désolée", mais a refusé de porter "seule le poids de ce drame". L'enquête avait également recherché d'autres responsabilités. 

Sans vérification de son parcours professionnel, Helga Wauters avait été recrutée dix jours avant ce dramatique accouchement par une agence de placement à Orthez. Or, l'anesthésiste venait d'être licenciée pour faute grave en lien avec son alcoolisme, en 2013 et 2014. La clinique Labat qui mettait ses soignants et locaux à disposition du centre hospitalier d'Orthez, tout comme cet établissement, avaient été mis hors de cause par la cour d'appel. 

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