2 min de lecture Justice

Affaire Epstein : le prince Andrew dément refuser de coopérer avec la justice américaine

Le duc d'York déclare avoir proposé plusieurs fois d'apporter son témoignage aux enquêteurs américains.

Le prince Andrew, duc d'York, le 11 novembre 2017
Le prince Andrew, duc d'York, le 11 novembre 2017 Crédit : Stefan Rousseau / POOL / AFP
Jérémy Billault et AFP

Le prince Andrew a démenti refuser de coopérer avec la justice américaine dans l'enquête sur le défunt financier Jeffrey Epstein, ses avocats affirmant lundi 8 juin qu'il avait proposé "au moins trois fois" de témoigner dans cette affaire qui plombe la monarchie britannique. 

Le deuxième fils de la reine Elisabeth II, 60 ans, est sommé depuis des mois de s'expliquer sur ce qu'il savait des activités de son ami américain, retrouvé pendu dans sa pendule en août 2019, après avoir été accusé d'avoir exploité sexuellement des jeunes filles mineures. 

Sa défense a diffusé une longue mise au point après la publication d'informations par le tabloïd The Sun et des médias américains, selon lesquelles la justice américaine a saisi les autorités britanniques pour le contraindre à témoigner.

"Le duc d'York a proposé au moins trois fois son assistance en tant que témoin au département de la Justice" (DoJ), ont indiqué ses avocats. 

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"Malheureusement, le DoJ a réagi à nos deux premières propositions en violant leurs propres règles de confidentialité" en affirmant qu'il n'avait pas coopéré, ont-ils déploré, accusant le département de "vouloir peut-être rechercher la publicité plutôt que d'accepter l'assistance proposée".

Descente aux enfers

La descente aux enfers du prince avait commencé en août avec la publication aux États-Unis de documents de justice. Une femme, Virginia Roberts, y affirme avoir eu à trois occasions des relations sexuelles avec le prince, auxquelles Epstein l'aurait contrainte, lorsqu'elle avait 17 ans. Le duc d'York a toujours démenti ces allégations. 

La publication d'une photo la montrant à cette époque, enlacée par le prince, a fait le reste, ainsi qu'un autre cliché montrant le prince en train de se promener à New York avec le financier alors même qu'il avait été condamné et emprisonné pour pédophilie en 2008

Pour se défendre, Andrew a accordé en novembre une longue interview à la BBC, qui a tourné à la catastrophe, le prince ne montrant aucun regret et semblant manquer d'empathie pour les victimes.

Lâché petit à petit par les entreprises et les associations avec lesquelles il travaillait, il a fini par annoncer en novembre 2019 son retrait de la vie publique et se fait désormais discret. Début mars, le procureur fédéral de Manhattan (New York) avait affirmé que le duc d'York avait "fermé la porte à toute coopération" avec la justice américaine dans l'enquête. 

Selon The Sun, la demande envoyée par le DoJ au ministère britannique de l'Intérieur, en vertu d'un traité bilatéral datant de 1994, permettrait aux enquêteurs américains soit de demander un témoignage volontaire, soit de le convoquer devant un tribunal à Londres pour s'expliquer sous serment. 

Une telle demande, si elle était appliquée, "serait décevante dans la mesure où le duc d'York n'est pas la cible de l'enquête du DoJ et a répété récemment son intention de produire un témoignage", indiquent ses avocats. Celui qui passe pour être le fils préféré de la reine a déjà fait des gros titres peu flatteurs par le passé, pour son style de vie l'assimilant à un playboy et ses amours tumultueuses.

Mais cette fois, l'affaire est plus grave et plombe la monarchie britannique dans une période déjà difficile avec le retrait de la famille royale du prince Harry et de son épouse Meghan, partis en Californie. 

Le palais de Buckingham ne s'est pas exprimé sur les derniers développements de l'affaire impliquant Andrew. La reine, 94 ans, est actuellement confinée au palais de Windsor, en périphérie de Londres, avec son époux le prince Philip, qui fête mercredi ses 99 ans.

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